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Pollini - Mozart : haute densité (2)

Publié le 04 mai 2008 par Philippe Delaide

Comme pour les 17ème et 21ème concertos pour piano de Mozart (cf. note du 7 octobre 2006), Maurizio Pollini continue de nous éblouir avec son dernier enregistrement, toujours avec l'Orchestre Philharmonique de Vienne, cette fois du 12ème et du 24ème (label Deutsche Grammophon).

Là encore, le maître nous délivre une leçon magistrale de génie du phrasé, de l'intonation. Seul un immense pianiste comme Maurizio Pollini peut se payer le luxe de revisiter des concertos pour piano et orchestre de Mozart en nous surprenant encore. Rien de démonstratif ou de rhétorique. Le maître s'est affranchi de ce type de travers. Il présente à nouveau ces concertos avec un jeu d'une densité inouïe, des motifs dessinés avec un trait énergique et d'une précision impeccable mais aussi, et surtout, de l'épaisseur, du grain, une véritable narration. Son Mozart est bien de chair et de sang, tantôt d'une douceur innocente, presque enfantine, tantôt d'une dureté et d'un dramatique bouleversant mais sans excès, tout en nuances.

Pollini_maurizio
Le 12ème concerto en la majeur nous dévoile comme une fausse sérénité que Maurizio Pollini transcrit avec finesse et pertinence sur les trois mouvements. Dans l'Andante, il transcrit à merveille le caractère bouleversant que peut avoir chez Mozart la simplicité, la spontanéité presque juvénile de bon nombre de ses mouvements lents.

Le 24ème en ut mineur, l'un des concertos les plus graves et les plus "romantiques" de Mozart, nous est quant à lui révélé dans ses tourments les plus profonds. Sur l'Allegro d'introduction, Maurizio Pollini monte progressivement en puissance avec une intensité dramatique qui est maximale lors de la reprise du motif principal. C'est proprement éblouissant.

Le piano restitue des couleurs d'une densité rare, l'Orchestre Philharmonique de Vienne, qui répond au doigt et à l'oeil, est souverain, impérial. Il déploie ses sonorités chatoyantes pour constituer un écrin magnifique mettant en valeur la limpidité du jeu du pianiste. Cette version des concertos de Mozart a bien quelque chose de transcendant. Maurizio Pollini dépasse largement le débat futile de la véracité ou de l'authenticité instrumentale (derrière laquelle se réfugie volontiers un Andreas Staier pour nous asséner des concertos sans âme et où finalement aucune véritable histoire ne nous est racontée) pour aborder la musique pure, un toucher d'une subtilité extrême, des nuances qu'on ne pouvait même pas imaginer sur ces concertos.

Lien direct vers le site Deutsche Grammophon pour obtenir plus de détails, écouter des extraits et télécharger l'album.

Vivement le prochain enregistrement.

WA Mozart - Concertos pour piano et orchestre N°12 et N°24 - Maurizio Pollini (piano et direction d'orchestre) - Orchestre Philharmonique de Vienne - Label Deutsche Grammophon.

NB : désolé de ne pas avoir pu mettre en vignette la pochette du disque. J'ai tenté trois JPEG différents que Typepad ne veut visiblement pas faire apparaître dans le cadre.


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