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Lampedusa et Santo Stefano di Camastra : les deux Sicile ! (3/3)

Publié le 05 mai 2008 par Sheumas
Lampedusa et Santo Stefano di Camastra : les deux Sicile ! (3/3)

Ce retour en Sicile par la relecture du Guépard me ramène à tous ces hauts-lieux de la terre sicilienne si riches en connotations. Lampedusa n’est pas seulement le nom de l’auteur du Guépard, c’est aussi celui d’une île au large de Trapani.

   L’un des traits du Ponton avait été de solliciter tous ces noms de lieux siciliens. D’autre part, de restituer l’esprit sicilien, cette marque du commérage et de la surveillance si présents dans les petits villages (« paese ») comme Santo Stefano di Camastra dont les deux Befana sont l’incarnation. Relisons ce passage du chapitre 8 du Guépard :

Tout se répand dans cette île qui, au lieu du trident grec, aurait dû choisir pour emblème la syracusaine oreille de Denys, répercutant le plus léger soupir à cinquante mètres…

Voyons à présent un extrait du Ponton (version théâtre) :

Epilogue

La scène se joue sur le ponton, dans une lumière d’automne. On retrouve le décor désormais familier des deux artistes.

Carolina : on est aujourd’hui le premier octobre. L’été est définitivement terminé et, cette fois, Gigi est bel et bien parti, Francesca !... Bel et bien parti !... Par le train de six heures. Direction Palerme et puis l’aéroport de Punta Raisi… Que veux-tu, nous n’avons rien pu faire…

Francesca : laisse-le donc aller vivre sa vie, Carolina ! Pourquoi se lamenter maintenant ? 

Carolina : je l’ai déjà assez dit, pourquoi ! Je l’ai clamé haut et fort... Les garçons du pays doivent rester au pays ! Le pays a besoin d’eux !... Tu étais pourtant d’accord avec moi ! On dirait que ça te fait plaisir, à toi, qu’il se soit en allé ! 

Francesca : vois-tu, Carolina, j’ai bien réfléchi suite à la discussion avec Gigi, Salvatore et Ornella… L’Americana n’est pas qu’une petite sotte, et elle a vu juste dans ce qu’elle nous a dit… Nos histoires sont le miroir de la vie… L’imagination ne joue pas toujours le beau rôle… Elle n’est pas la seule aventurière à bord… Quand le temps est venu, on s’installe sur les planches, comme sur ce ponton, et la mémoire nous ballotte… On raconte et on a l’impression de ne pas avoir à bouger… On se tourne vers le passé, on se tourne vers le présent… On regarde ceux qui s’en vont, on croit qu’ils ne reviendront plus et pourtant, un jour, ils reviennent… Au fil de l’eau, ils ont suivi les mêmes courants !...

Mais écoutons-les, via You tube :

  par Eric Bertrand 

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