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Le Hallab (suite des caractères)

Publié le 05 mai 2008 par Funuraba
Le Hallab (suite des caractères)

  Suite du remake contempourien des "caractères" de La Bruyère.
  J'avais dit que je parlerai des "oui tu sais ou tetla3 takou la3dess", mais avant, un caractère encore plus d'actualité: Le hallab.
  Depuis la première apparition de ce terme jusqu'à nos jours, le concept de hallab a évolué, jusqu'à devenir de plus en plus complexe, et indéfinissable. Donc, avant de définir le hallab, voyons d'abord ce dernier dans les faits.
  Dans "Les bestiaires", le maître (Montherlant, note pour les ignares) décrit comment les taureaux de la capea (adaptation française de la course espagnole), ayant déjà servi, sont mortellement dangereux, car expérimentés et difficiles à berner. De même, dans certaines arènes en Espagne, de mauvais péons, qui ne sont pas destinés à tuer (privilège du matador), toréent excessivement la bête, pour briller, rendant le travail difficile pour le matador. Le taureau, prenant l'habitude de percer la ruse de l'homme, devient plus dangereux, se fait  circonpect et savant, ne donne plus dans le leurre, et cherche l'homme. Le hallab, tel un  mauvais péon, complique la tâche du chasseur, destiné à conclure: après le passage du hallab, l'homme doit composer avec une femme rétive, difficile à manier, et qui contrairement au taureau (brave bête!!), ne cherche pas du tout l'homme.
  Mais s'il y a de bons péons, il n'y a jamais de bons hallabs. Le tahlab est le chancre de la gente masculine (si on compte le kéké, le tektonik-tmen**k, le fashion victime, et la tafiole, il ne me reste plus qu'à faire un remake de Patrick Juvet "Où sont les hooooooooooooommes? qui ont de la testostétooooonne...."^^)
  Le hallab est un mec (si l'on puit dire) qui fait en sorte qu'une nana se gargarise de ses atouts physiques, spirituels, artistiques, etc, qu'ils soient faux ou avérés. Une nana est jolie, mais n'en est pas coquette pour autant. Le hallab se pointe, et l'inonde de compliments; car le hallab a lu le manuel du parfait séducteur (à l'usage des geeks et des loosers), qui dit qu'il faut aborder une nana avec un compliment. Le hallab applique à la lettre, et se fend d'éloges grotesques, pompeuses, exagérées, mais qui font leur chemin, qui n'est pas de séduire, mais d'enorgueillir la jeune fille, qui tout d'un coup, se voyant l'objet de tant d'emphase, s'obnubile d'elle même, le hallab n'etant qu'un faire-valoir.
  Une jeune fille écrit un poème, un texte, dessine un croquis, une toile, ou tripatouille quelques accords. Même si elle se sait douée, elle n'en fait pas tout un plat. Le hallab se pointe, et s'extasie, sans pertinence, sans subtilité, avec démesure: "Waouuuuuuuwwww!!! (ça passe son temps à hurler à la mort mais ça crève jamais, ces tafioles là - ki sdjaw wled eddib,...- ) t'es trooooooooooooop talentueuse" car le hallab adore les superlatifs : "t'es trop beeeeeelle" "trop mignoooooooooooonne", etc. Et les nanas qui boient ça comme du petit lait. Pas une pour rétorquer "ah merde, tu trouves que c'est trop?" Mais non, la meilleure en redemande. J'avais pensé, pour illustrer tout ça, mettre des liens vers des photos de jolies nanas (et encore, ça se discute) sur leurs hi5, mais je vous laisse l'initiative. Repérez une jolie nana sur hi5, et lisez les coms, si le coeur vous en dit.
  Le hallab se croit séducteur. Il use pour cela de diverses approches. Il y a le hallab lyrique, qui compose des sonnets pour sa dulcinée (alors qu'elle ne devrait inspirer que des satyres pour le rigolard, et des pamphlets pour l'humaniste : "qui aime l'humanité ne peut pas aimer les femmes" Montherlant, dans la bouche de Pierre Costals), ou bien qui les pique sur internet (on peut voir ça aussi sur hi5). Le hallab "Bling Bling", avec la Mégane (ou autre, selon les moyens), l'approche de la mort qui tue avec l'iPhone dans une main et les clés de bagnole dans l'autre, et les sorties branchées qui ne finissent jamais par la bagatelle. Le hallab "ami" (à ne pas confondre avec le pauvre gars moche mais sympa, qui s'entend toujours rétorquer "je veux pas gâcher notre amitié" et qui pense "mais gâchons, gâchons!"), qui fait copine-copine avec la nana, fait son shopping avec elle, la conseille sur son mec en lui montrant les écueuils à éviter (n3addin babak!!), etc.
  En définitive, le hallab est un gars qui drague, en faisant des tonnes de simagrées, de l'esbrouffe, mais qui, comme le péon qui n'est pas destiné à tuer, ne conclut jamais. Mais contrairement au péon, le hallab n'est même pas fichu de poser une banderille. Et lorsque le matador, le vrai, vient pour l'estocade, il doit s'estimer heureux, après un tel sabotage, s'il s'en sort avec un descabello . Ah! le jargon tauromachique sied à merveille à la parthénomachie (de parthénos, jeune fille, et machê, combat, "lutte (ou chasse) en vue des jeunes filles - Montherlant -). Que le lecteur fasse les analogies qui lui plairont.

   To be suivre 


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