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Les Disparus: Une quête des origines

Par Shalinee
Les Disparus: Une quête des origines.

Voici un livre dont on parle beaucoup en ce moment dans la presse, et pour cause, l'auteur sera présent fin Mai aux Assises Internationales du Roman à Lyon pour une table ronde ayant pour thème "La quête des origines." Le livre, écrit en 2006 par Daniel Mendelsohn s’intègre dans la Littérature de la Shoah déjà fort riche avec des écrivains comme Elie Wiesel, Joseph Joffo ou encore Primo Levi pour ne citer que ceux-là. Toutefois, loin de rédiger les expériences en tant que victime réelle de la Shoah sur un mode autobiographique ou encore d’écrire une fiction comme ont pu le faire plusieurs écrivains de la Shoah, Daniel Mendelsohn aborde cette question de façon assez singulière et originale: Il s'agit d'une enquête documentaire sur six personnes de sa famille qui ont disparu entre 1941 et 1943 : son oncle Shmiel Jager, sa femme Ester et leurs quatre filles, tous tués par des Nazis. Aussi, c’est un livre qu’on ne peut pas classer dans un genre littéraire propre, car on y trouve des éléments du roman, d’un journal intime, d’un essai, d’un reportage, d’un récit de voyage ou encore d’une épopée. Quant à moi, je pencherai plutôt pour la notion de « biographie collective » car la narration se focalise essentiellement sur la vie qu’ont menée ces six disparus.

 

Le livre raconte la pérégrination de l’auteur en Pologne, Australie, Israel, Danemark entre autres pour comprendre les circonstances exactes de la mort de ces six personnes et d’éclairer l’existence qu’ils ont menée afin de pouvoir « sauver [ses] parents des généralités, des symboles, des abréviations, pour leur rendre leur particularité et leur caractère distinctif. » Toutefois, partir à la découverte de ces fantômes du passé s’avère beaucoup plus riche que n’aurait pu l’imaginer l’auteur car en rencontrant des survivants de l'Holocauste, ce sont d’autres boites chinoises qui s’ouvrent et qui dévoilent une multitude d’histoires sur la Shoah, des micro-histoires  à même de refléter la « grande » Histoire, une dizaine d’autres « disparus » que l’auteur parvient à sauver de l’oubli.

 

Même si celui-ci ne penche pas volontairement du côté du pathos, il n’empêche que le récit est très émouvant et que certains passages sont très difficiles à lire. Mais il ne faut surtout pas oublier que tout est vrai dans ce que raconte l’auteur. Celui-ci défend d’ailleurs avec fermeté l’authenticité de ses écrits qu’il appuie avec des photographies, des lettres et des documents officiels, de même que l’insertion des témoignages qu’il reçoit. Ainsi, les Disparus reste un livre historique très riche, livrée sous forme romancée dans une écriture multiple et qui vient s’ajouter à ces nombreux autres piliers de la littérature de la Shoah qui nous éclairent un peu plus sur cette période bien sombre de l’Histoire.


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