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Publié le 05 mai 2008 par Untel
Bon alors il faut au moins une femme et un homme, peu importe si tu choisis de mettre l’un ou l’autre en avant. Qu’ils se connaissent depuis longtemps ou qu’ils viennent de se rencontrer, mais surtout qu’ils ne soient pas mariés, à moins que tu veuilles en faire des victimes. L’important est qu’ils ne soient pas sympathiques l’un pour l’autre, et qu’ils soient obligés de cohabiter, contraints de mener l’enquête avec elle, ou lui, malgré son sale caractère, alors qu’il travaille toujours en solo. Du mystère, pas de roman sans mystère, le carburant du récit, plus il y en a mieux c’est, à moins qu’il soit préférable qu’il n’y est qu’un seul mystère, une seule ligne à suivre c’est plus simple pour le lecteur. Un de leurs amis communs, amateurs d’ésotérisme ou fricotant avec les cercles politiques, ou soupçonné d’espionnage, vient de mourir dans des circonstances étranges. Est-ce un suicide rituel ? Un meurtre habilement déguisé ? Un grain de sable qui vient signaler l’existence d’une conspiration à l’échelle mondiale, sera-t-il suffisant pour interrompre le mécanisme implacable mis en branle par des individus sans scrupule ? Ce n’était pas son genre de se laisser aller à des pensées morbides, se dit Paul. Ces derniers temps il avait changé, et soit on n’arrivait pas à le joindre au téléphone, soit il trouvait un prétexte pour écourter la discussion, fait valoir Claire. L’enquête nous conduira de surprises en surprises, à un moment on se demandera si le suicidé-assassiné n’est pas tout simplement mort comme il avait vécu, on se demandera si ce n’est pas encore une de ses blagues pour faire tourner en bourrique ses amis. Il était comme ça, Jack, c’est vrai, pense Paul à un moment, et peut-être que finalement tout ceci n’est qu’un rêve et qu’on va finir par se réveiller, ajoute Claire, toujours sceptique que s’en est agaçant. Mais on n’en reviendra pas de découvrir que l’ami était entré en relation avec des cercles particulièrement influents, du genre toujours caché derrière l’oreille de nos dirigeants politiques, ou religieux, ou médiatique, on seulement ils étaient camarades mais avait conclu un pacte au cours d’une cérémonie étrange au rite de sexe et de sang. Quelque chose d’énorme se cache derrière cette mort, de dangereux, et si quelque divinité avait choisi de se manifester de nouveau parmi nous, et entamait par ce crime une série d’assassinats de représentants de la divinité décédée sans qu’on s’en rende compte ? Mais les héros n’entendent que leur courage. Tu supporterais vraiment, toi, de ne pas savoir pourquoi notre ami d’enfance, ce bon vieux Jack, est mort, et surtout vivre avec la pensée que tu n’as rien fait pour le savoir ou le venger alors que tu étais si près du but, si près que ton ennemi invisible s’est senti obligé de se manifester, certes de façon terrifiantes, mais incontestablement tangible ? N’écoutant, donc, que leur courage, ils se trouvent pris dans une intrigue qui les dépasse, et ils voyageront sur tous les continents que compte notre planète, à la recherche de la vérité que nous n’osons regarder en face, ou quelque chose dans ce goût-là. La scène ou ils s’embrassent enfin quand il l’a tirée des griffes d’un groupe terroriste manipulé, après qu’il les a tous tués à son corps défendant, contre ses plus intimes convictions au sujet de la nature du bien, et alors qu’il restera marqué toute sa vie par cette épisode, cette fois où il a dû tuer un homme, pour une femme qu’il a toujours détestée mais qu’en fait il aimait sans le savoir ou plutôt sans se l’avouer, est assurément une des scènes charnières du récit. Bizarre toute cette histoire, heureusement tout se résoudra heureusement à la fin, mais certains fils d’intrigues resteront en suspens pour le second épisode, qui verrait Claire kidnappée par un dangereux malfrat, ou son esprit possédé par un méchant gourou amateur de chair fraiche et violeur d’enfant, éventuellement. A moins qu’ils se rendent compte qu’il est bien plus rentable de s’engager dans le crime organisée ; on la voit, des années plus tard, recruter de jeunes filles et garçons qui auront vocation à répondre aux désirs variés de clients pervers. A moins que lui se rende compte que finalement son ami n’est pas mort mais a dû disparaître parce qu’il avait touché de trop près un secret d’état, ou devait de l’argent à la mafia, et qu’il se décide à utiliser son expérience dans les milieux des malfrats pour monter sa propre organisation, jusqu’au moment où la concurrence entre les deux amis sera trop forte, surtout qu’ils seront tous les deux amoureux de Claire ; ils seront contraints de s’entretuer, business is business, à moins qu’un des deux décide un soir de découper Claire en morceau et de la dévorer pour la garder pour lui, mais ce genre de fin ne laisserait pas beaucoup de latitude pour un nouvel épisode, le crime doit être au début et comme effacé par l’héroïsme, et l’amour qui triomphe à la fin, et pas l’inverse, comme dans la vie quoi. Mais si c’était finalement elle qui menait la danse, avait tué son ami pour montrer au monde qu’elle existe, et qu’elle ne cessait ensuite de vouloir s’exprimer sur ce mode, qu’elle trouve à ce point jouissif qu’elle propose à son ami de se joindre à elle, d’éprouver avec elle la joie du crâne qui éclate sous le coup du marteau. Lui horrifié, d’abord, puis séduit, la scène de leur baise dans le bain de sang est atroce, c’est sans conteste la meilleure du roman ou du film je ne sais plus. Bon, quelque chose me dit qu'il vaut peut-être mieux que je me contente d'écrire sur le blog, finalement.

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