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Pusha T « My Name is My Name » @@@½

Publié le 08 octobre 2013 par Sagittariushh @SagittariusHH

Pusha T « My Name is My Name » @@@½

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Après Malice cet été, au tour du cadet des Thornton, Terence alias Pusha T de dégainer avec le My Name is My Name (G.O.O.D. Music/ Def Jam), un des disques les plus anticipés de l’année 2013. Après avoir livré plusieurs paquets de coke dans la street (les mixtapes Fear Of God, Wrath of Cocaine…), un EP qui a mis le feu aux poudres (surtout les blanches) et de multiples apparitions ça et là en featuring, la vrai rencontre avec le dealer a enfin lieu, avec cette légère crainte qu’inspire les hommes imposant le respect. Yurk!

my name is my name

Premier son, premier coup de pression: « King Push« . Pusha T s’est hissé en « pole position » par la force des convictions. Dernier son, « S.N.I.T.C.H. », il décrit une situation des plus délicates : balancer ou finir en taule? Pharrell Williams est parfait sur le refrain, au bord des larmes quand il chante « Sorry N**** I Tryna Come Home », la signification de l’acronyme. Entre l’alpha et l’oméga, un rappeur qui est passé maître ès lyricisme, dope comme jamais et à juste titre. Mais il y a un « mais »…

Cet album manque de cohésion. Mais ce n’est pas Pusha qu’il faut prendre en défaut : une fois de plus Kanye West a été trop boulimique à la production en faisant appel à de très (trop) nombreux collègues, comme Swizz Beatz, 88-Keys, Hudson Mohawke, DJ Mano, The-Dream, Don Cannon, No I.D., Nottz… Et pas l’acteur Joaquin Pheonix, fausse info. Avec seulement douze morceaux, peu évident de consolider. Le paradoxe, c’est que les prods manquent également de substance, de lourdeur (« 40 Acres » feat The-Dream en est carrément l’opposé), particulièrement à mi-parcours avec des titres plus radio (« No Regrets » feat Jeezy & Kevin Cossom), r&b, notamment « Let Me Love You » (feat Kelly Rowland) sur lequel Pusha chippe le flow de Ma$e sur le second couplet, une forme d’hommage sympathique.

Et curieusement, les instrus de MNIMN s’écartent sensiblement de la veine trap/drill music et reggae de ces précédentes livraisons. Pharrell n’a de cesse de faire preuve de créativité, même sans Chad Hugo, avec « S.N.I.T.C.H. » et la tuerie « Suicide » avec le homie Ab-Liva. Pusha T n’a nul besoin de featuring, bien qu’on retrouve des noms qui font l’actu comme Kendrick Lamar, 2 Chainz et Big Sean (« Who I Am« ), Jeezy sans le ‘young, l’ex-maton Rick Ross (sur « Hold On » avec aussi Kanye qui geint sans arrêt sous autotune), ou encore Chris Brown dont la voix transformée sur « Sweet Serenade » ne dérange pas du tout. On apprécie fortement les beats aux ambiances polar, comme « Nosetalgia » (avec Kendrick), le single « Number on Boards » et « Pain » avec Future (bang bang!).

My Name is my Name est le premier album d’un rappeur qui a de la bouteille comme on dit, qui a pavé son chemin par la force de ses convictions, qui acquis de la notoriété en restant fidèle à son style et son passé. Quand on regarde en arrière, le plus loin que l’on puisse remonter avec Exclusive Audio Footage, on se rend compte que Terence Thornton (qui se surnommait Terrar autrefois), n’a pas tant changé dans le fond. Aujourd’hui Pusha T est son propre roi, son album est son album, et il est bon. Ce n’est pas de la blue meth, mais comme on dit, c’est de la bonne.


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