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Beltaine : feu et lumière

Par Amaury Piedfer
Le début du mois de mai est traditionnellement, dans le monde celte, un moment capital de l'année : c'est le moment où l'on célèbre Beltaine, le "feu de lumière", le passage dans la période lumineuse de l'année, l'équivalent du Samain de début novembre, qui marque l'entrée dans la saison froide et obscure. Car pour les anciens Celtes comme pour les anciens Germains, l'année se subdivisait fondamentalement en deux périodes opposées et complémentaires, celle de la chaleur et de la lumière, celle du froid et de la nuit.
Dans la France d'aujourd'hui, on cueille et on offre encore du muguet le 1er mai et hier encore, partout en Europe occidentale, on se livrait au rite de l'Arbre de Mai : on édifiait un arbre symbolique matérialisant le renouveau de la frondaison, autour duquel la communauté se retrouvait dans la joie [1] ; en Allemagne, la légende médiévale de la Nuit de Walpurgis s'est greffée sur cette antique pratique. Cependant, au XVIème siècle, l'Église catholique fait interdire ce cérémonial jugé trop peu conforme à la foi ; conformément à son habitude, l'Église substitue une fête à une autre et le moi de mai devient le Mois de Marie.
Chez les Celtes antiques, Beltaine est l'une des deux plus importantes fêtes, avec son symétrique Samain ; elle se déroulait au début du mois de giamonios (calendrier de Coligny), vers le début de notre mois de mai. Associée au dieu Belenos et à son équivalent féminin Belisama, la fête correspond au retour des troupeaux aux pâturages qui accompagne le réchauffement effectif de l'Europe tempérée, tant attendu par l'agriculteur qui languit de voir ses cultures mûrir. Le coeur du cérémonial consistait en l'édification de grands feux, dont on pensait qu'ils encourageaient le soleil à réchauffer la Terre. D'après la tradition conservée par les Celtes insulaires du Moyen-âge, il s'agissait précisément d'allumer deux grands feux, entre lesquels on faisait passer le bétail, ainsi purifié et dont la fécondité était de ce fait confortée.

Il est donc de notre devoir de Gaulois de perpétuer cette belle et antique tradition, qui consiste tout simplement à se souvenir de tout ce que nous devons aux grandes forces solaires et telluriques. Et si peu parmi nous ont encore du bétail à purifier, essayons au moins de prendre le temps de cueillir le muguet, d'observer les multiples signes de renouveau de la vie, et d'encourager les enfants à se sentir comme un élément de ce tout unitaire qu'est le monde et notre terre.
Amaury Piedfer.
[1] Qu'on me pardonne d'avoir utilisé ce mot : la "joie", tant il est vrai que dans la France d'aujourd'hui, c'est presque un gros mot.

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