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Attila Marcel - Critique

Par Nopopcorn @TeamNoPopCorn

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La magie de l'animation dans un film en prises de vues réelles !

Après Les Triplettes de Belleville et L'illusionniste, Sylvain Chomet passe de l'animation à la réalisation en prises de vues réelles pour nous conter la vie de Paul qui va trouver la clé pour vivre enfin sa vie... 
Attila-Marcel-Photo-Guillaume-Gouix-Bernadette-Lafont-Helene-Vincent-01Le(s) plus

L'introduction d'Attila Marcel est assez étrange et l'on se pose un peu la question de la direction que va prendre le film. Pourtant, quand arrive le premier souvenir on est complément envoûté, entre les chansons et l'émotion qui s'en dégage, il est dur de retenir ses larmes et une vraie magie fait surface. Les passages de souvenirs sont émouvants.
Dans le film Attila Marcel il y a beaucoup d'humour, que ce soit à travers les personnages, dans les seconds plans ou dans les dialogues. On retiendra d'ailleurs un échange simple, mais qui marche, avec un homme qui demande à une personne âgée "tu me dis quand" alors qu'il zappe les chaînes avec une télécommande, elle lui répond tout simplement "quand".

Vient s'ajouter un superbe casting, pour compléter ce scénario touchant.
Le duo Bernadette Lafont et Hélène Vincent, les deux tantes aristocratiques de Paul, sont excellentes dans leur rôle. De plus on ne peut pas s'empêcher de faire référence au film d'animation Les Triplettes de Belleville (de Sylvain Chomet)Bernadette Lafont et Hélène Vincent sont parfois les moteurs de passages très décalés qui font beaucoup rire, comme lorsqu'elles recrachent sans cesse leurs noyaux de cerises à l'eau vie.
Madame Proust, la voisine interprétée par Anne Le Ny, apporte cette atmosphère "conte" au film Attila Marcel. En aidant Paul à retrouver ses souvenirs d'enfance, Anne Le Ny est touchante dans son rôle de bonne fée.
On peut également compter sur les très bons passages de Jean-Claude Dreyfus et son crédo de "la lumière", ainsi que de la très bonne présence de Luis Rego.
Mais le film porte surtout sur les épaules de Guillaume Gouix qui nous fait sourire et nous émeut, juste en jouant avec les yeux son personnage ne parlant pas. D'autant plus, ayant un double rôle, on peut juger son investissement sur le film, en se basant sur les deux personnages très distinct. Une belle découverte d'un acteur à suivre, qui n'en est pourtant pas à son premier rôle.
A noter, qu'un des meilleurs passages de Guillaume Gouix est la scène de bad trip avec les asperges.

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Sylvain Chomet nous livre une très belle réalisation, qui n'a pourtant pas bénéficié de storyboard comme nous l'a confirmé le réalisateur en masterclass. C'est donc du direct, à l'instinct, cependant la réalisation d'Attila Marcel est souple et fluide, avec quelques superbes plans et mises en scène comme pour les passages de "souvenirs".
Il faut également bien regarder l'écran, beaucoup de second degré vient s'incruster dans les seconds plans.

Sylvain Chomet arrive à retranscrire l'ambiance de ses films d'animation dans ce film en prises de vues réelles. On retrouve même par moments l'esprit qui fait la force des Triplettes de Belleville, principalement avec les deux tantes et une scène que l'on penserait animée qui est pourtant une scène bien réelle et qui joue avec les ombres lors d'une lutte.

Attila Marcel est une petite merveille. C'est drôle, tendre et émouvant, une vraie magie se passe à l'écran.

Le(s) moins

La sobriété scénaristique pourrait porter préjudice au film Attila Marcel avec un public qui en attendrait un peu plus.
Il manque juste une petite étincelle supplémentaire pour être un vrai bijou. Mais sachant que c'est le premier long métrage de Sylvain Chomet en prises de vues réelles, nous pouvons espérer que c'est juste le démarrage d'une longue filmographie dans ce genre et donc que de défaut disparaitra.

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Conclusion

Sylvain Chomet a réussi à créer la même magie avec des acteurs, que dans ses films d'animation.
Attila Marcel est une petite merveille! Drôle, beau et émouvant, il n'est pas facile de retenir l'émotion dans ce film aux allures de conte.
Une vraie réussite pour un premier long métrage en prises de vues réelles.

Ma note: 9/10


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Attila Marcel

Réalisé par: Sylvain Chomet.
Avec: Guillaume Gouix, Anne Le Ny, Bernadette Lafont.
Genre: Comédie.
Nationalité: Français.
Distributeur: Pathé Distribution.
Durée: 1h46min.
Date de sortie: 30 octobre 2013
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Synopsis : "Paul a la trentaine, il vit dans un appartement parisien avec ses tantes, deux vieilles aristocrates qui l'ont élevé depuis ses deux ans et rêvent de le voir devenir pianiste virtuose. Sa vie se résume à une routine quotidienne, entre le grand piano du salon et le cours de danse de ses tantes où il travaille en tant qu'accompagnateur. Isolé du monde extérieur, Paul a vieilli sans jamais avoir vécu... Jusqu'au jour où il rencontre Madame Proust, sa voisine du quatrième étage. Cette femme excentrique possède la recette d'une tisane aux herbes capable, grâce à la musique, de faire ressurgir les souvenirs les plus profondément enfouis. Avec elle, Paul va découvrir son histoire et trouver la clé pour vivre enfin sa vie..."

  • Bande annonce

  • Les Anecdotes !


    Habitué aux films d'animation avec Les Triplettes de Belleville (2003) et L'Illusionniste (2010), Sylvain Chomet signe son premier long-métrage filmé en prises de vues réelles avec Attila Marcel. C'est grâce à sa première expérience en la matière sur le film collectif Paris je t'aime (2006) que le cinéaste a pris goût à la mise en scène (hors films d'animation).

    Yolande Moreau a été pressentie pour incarner le rôle de Madame Proust. Sylvain Chomet aurait alors retrouvé l'actrice césarisée qu'il avait dirigée en 2005, le temps d'un sketch, sur le film collectif Paris je t'aime (2006). Après la défection de l'actrice, le rôle a dû être remanié par le réalisateur au moment où Anne Le Ny l'a repris : "Le personnage de Madame Proust s'est développé différemment, en fonction de la sensibilité et la vision très forte qu'Anne [Le Ny] s'était faite de Madame Proust. Elle en a fait un personnage très attachant et qui me touche beaucoup. Quant à Paul, il s'est étoffé jusqu'à devenir prépondérant."

    Attila Marcel est d'abord une chanson qu'on retrouve dans la bande originale des Triplettes de Belleville : "Nous étions en 2000, je travaillais sur LES TRIPLETTES et m'est venue cette chanson - «Moi mon homme c'est un vrai / C'est un dur, un balaise / Je vois la mort de près / Dans ses yeux de braise / Il me fait ce que personne n'ose / Il couvre mon corps d'ecchymoses / Il m'assomme, Il m'poche les yeux / Il m'fait la vie en bleu» - ce pastiche d'Edith Piaf qui est effectivement sorti dans la BO des TRIPLETTES."

    Sylvain Chomet ne travaille jamais sur des scénarios préconçus et pour Attila Marcel, il n'a pas dérogé à son habitude. En effet, seulement quelques idées ont été écrites en amont. Le réalisateur revient sur sa méthode de fonctionnement : "Disons que je procède comme un archéologue : je trouve un petit bout d'os et me dis qu'il y a sûrement quelque chose en dessous. Chaque petit détail m'amène ensuite à découvrir le reste."

    Le nom du personnage féminin principal n'est pas sans rappeler celui de l'auteur d'"A la recherche du temps perdu". Un clin d'œil introduit par le cinéaste : "C'est un petit hommage à l'écrivain et à ses madeleines dont on détourne un peu le sens puisqu'il ne s'agit pas ici de la mémoire olfactive mais de la mémoire auditive."

    Pour faire remonter les souvenirs d'enfance de Paul à la surface, Madame Proust lui fait goûter des tasses au contenu particulier : "On sait ce qu'elle met dans ses tisanes – on ne cache pas qu'il y ait dedans des traces de LSD. En accroche du film, j'aurais volontiers écrit : Attila Marcel, une apologie de la drogue, du bouddhisme et du ukulélé !", s'amuse Sylvain Chomet.

    Les vieilles dames occupent une très grande place dans la filmographie de Sylvain Chomet. Il le montre une fois de plus avec Attila Marcel : "Les personnes âgées ont une force et une sagesse qui me rassurent. Et elles ont une énergie que bien des gens de 20 ans n'ont pas. En écrivant La vieille dame et les pigeons et Les Triplettes de Belleville, je pensais à ma grand-mère que j'ai peu connue et sur laquelle j'ai beaucoup fantasmé. Pour les tantes, je me suis inspiré d'un dîner auquel un ami m'avait convié alors que j'étais encore jeune homme. Sa famille venait d'un milieu très aristocratique et j'avais été très frappé par la façon dont ces gens et leurs amis parlaient. À l'origine, je voulais que les personnages des tantes soient interprétés par des jumelles. Puis, quand Hélène Vincent et Bernadette Lafont sont arrivées, j'ai décidé que ce serait simplement deux sœurs. On a tous croisé un jour ce genre de sœurs qui ont passé toute leur vie ensemble, auxquelles on ne connaît pas d'amoureux, qui s'habillent exactement pareil et dont chaque geste semble synchrone avec celui de l'autre."

    Attila Marcel a été en grande partie tourné dans les studios de Bry-sur-Marne (Val-de-Marne). Seules quelques scènes ont été filmées en extérieurs, notamment le cours de danse et les scènes du parc.

    Contre l'avis général de ses conseillers, Sylvain Chomet a décidé de confier le rôle principal de Paul à Guillaume Gouix, récemment reconnu pour son rôle de criminel barbare dans la série Les Revenants. L'entourage du cinéaste trouvait l'acteur "trop voyou pour incarner un petit-fils d'aristocrate". Le metteur en scène explique son choix : "Guillaume Gouix, que j'avais remarqué sur Internet, s'imposait dans mon esprit : il a quelque chose d'incroyablement touchant dans le regard, je suis tombé amoureux de ses yeux. Guillaume me fait penser à Lino Ventura ; Ventura était extraordinaire dans les emplois comiques et Guillaume a cette même force en lui : ce n'est pas facile de faire rire quand on n'a pas de dialogues !"

    Pour son premier film en prises de vues réelles, Sylvain Chomet a eu le plaisir de découvrir les joies du montage : "Lorsqu'on réalise un film d'animation, le montage réserve peu de surprises : c'est presqu'un bout à bout. En vues réelles, c'est un moment infiniment créatif : on peut vraiment faire quarante films à partir du matériel qu'on a tourné. Entre les mains de Simon Jacquet, Attila Marcel est ainsi devenu un film très tendre. Les tantes, par exemple, sont devenues des victimes alors que, sur le papier, j'en avais fait des monstres."

    Attilla Marcel est le dernier film dans lequel apparait la comédienne Bernadette Lafont, décédée le 25 juillet 2013, à l'âge de 74 ans. Elle est considérée comme l'une des égéries de la Nouvelle Vague, grâce à ses rôles dans Les Mistons (1957) de François Truffaut, Les Bonnes Femmes (1960) de Claude Chabrol et La Maman et la putain (1973) de Jean Eustache.

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