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Mimie Mathy "Je (re)papote avec vous"

Publié le 30 octobre 2013 par Gjouin @GilbertJouin
Théâtre de la Porte Saint-Martin18, boulevard Saint-Martin75010 ParisTel : 01 42 08 00 32Métro : Strasbourg Saint-Denis
Spectacle écrit par Mimie MathyAvec la collaboration de Muriel Robin et Philippe LemonnierMis en scène par Roger Louret
Le propos : Mimie Mathy était célibataire et grosso modo épanouie dans son célibat. Elle revient sur scène mariée et belle-mère de famille nombreuse. Un mari, ses casseroles, le bonheur, les petits soucis, les grands soucis, la vie à deux, quatre beaux enfants, les crises d’ados, les tournages de Joséphine, une maison à la campagne avec un compost, son enterrement… Rien de grave, elle vous expliquera… Les voyages, un aller-retour au paradis, la chirurgie esthétique… Elle a hâte de re-papoter avec son public pour faire le point sur ces dix dernière années.
Mon avis : Tout est dans le titre : après dix ans d’absence sur scène, Mimie Mathy est de retour pour (re)papoter » avec nous. Pendant précisément une heure trente-deux (clin d’œil subliminal à sa taille ?), elle nous narre par le menu tout ce qui s’est passé dans son existence de plus ou moins important au cours de cette longue parenthèse. Tout de suite, on voit bien que cette mise à jour correspondait à un besoin très fort de partager, ses yeux dans nos yeux. Cette décennie a été jalonnée d’événements qui comptent dans une vie de femme.
Avec son art consommé de la comédie, cette conteuse hors pair se livre sans concession et sans pudeur à une sorte de chronique existentielle. En un raccourci troublant, elle commence sur la musique de la Marche Nuptiale en robe de mariée (avec une traîne de sept mètres !) pour terminer, vêtue de noir, avec son enterrement. Il y a là une sacrée symbolique. Mais même lorsqu’elle imagine son décès, elle déforme tout avec le prisme de l’humour et, surtout, une belle dose d’autodérision. Les ironistes de tout poil n’ont plus qu’à se taire, Dupe de rien, Mimie se moque d’elle toute seule. Ainsi se met-elle à l’abri.

Avec une belle énergie, entretenant sans cesse sa complicité avec un public qui lui est acquis dès le début, elle nous dit tout sur sa vie sans éluder grand-chose. Ses confidences autobiographiques sont régulièrement émaillées d’apartés et de réflexions absolument savoureuses. Elle s’autorise même une scène de ménage en live plus vraie que nature. Dans ce cocktail gentiment alcoolisé, elle glisse ça et là un zeste d’émotion ou de tendresse. Mimie n’a pas à se forcer, elle déclenche très naturellement chez nous de l’empathie. On voit bien qu’elle fonctionne à l’affect, qu’elle est hypersensible à la reconnaissance.
Après avoir décrit avec force détails et images quelques pans très intimes de sa vie de famille, au risque de paraître parfois impudique, elle glisse habilement de la réalité à la fiction en laissant Mimie de côté pour endosser le personnage de Joséphine avec ses fabuleux pouvoirs. « Joséphine au paradis » est un des grands moments du spectacle. Or, là aussi, elle ne triche pas. Elle nous démontre qu’elle n’est pas si angélique ça. Elle s’apparenterait même plus volontiers à un bon petit diable. Et puis quel filon que de retrouver au ciel quelques chers disparus !
Et puis Mimie ne saurait construire un spectacle sans y mêler son amour viscéral pour la chanson. D’ailleurs, elle chante de mieux en mieux. Son show aurait pu être sous-titré « La Chanson du bonheur ». Heureuse dans sa vie heureuse sur scène, Mimie irradie littéralement. Elle l’apprécie d’autant plus ce bonheur, qu’il s’est ingénié à attendre qu’elle arrive à la cinquantaine pour condescendre à la prendre enfin dans ses bras. Mais c’est peut-être aussi pour cela qu’il est si fort… et si mérité.Je ne lui adresserai qu’un seul reproche : pendant mon retour en métro et en RER, je n’ai cessé de fredonner « C’est si bon ». Et je me suis même endormi avec… En même temps, il faut bien reconnaître que c’est vraiment « bon » de papoter avec une ami-mie Mathy que l’on pas vue depuis dix ans, même s’il n’y a qu’elle qui parle. Elle le fait si bien…
Gilbert « Critikator » Jouin

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