
Arman, Home sweet home, Centre Georges Pompidou
C'est un livre qu'on a du mal à laisser de côté pour retourner bosser. On a envie de voir jusqu'où iront les personnages : cynisme, avarice ou vol, aucun protagoniste ne rachète l'autre. Le sujet est passionnant (et visiblement, inspiré de faits réels) mais c'est le style qui emporte l'adhésion. Le narrateur omniscient ne manque pas d'humour et d'à-propos. Il joue avec son lecteur. Les personnages sont croqués avec justesse. Tout est savoureux : le rythme, la gouaille et les situations. Un roman étonnant, qui fonctionne sur le rebondissement, et qui ne trahit pas l'esprit des années 1920 : on ressent cet abandon de l'Etat envers ses soldats, cette méfiance des gens de l'arrière envers le poilu, leur répugnance pour ces hommes amputés et défigurés, choqués physiquement et moralement. Comme si seuls les morts comptaient. Du même auteur, j'ai moins aimé Robe de marié.
