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L'instant culte : Mad Max, de George Miller (1979)

Par Mrwak @payetonwak

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L'affiche française frappée du sceau de l'infamie !


Quand le ciné local organise une projection du film culte qui a lancé la carrière de Mel Gibson au cinéma, on se rend compte comme le premier Max Mad a des kilomètres au compteur : premier jalon déviant d'un certain ciné australien alors en pleine ébullition dont Peter Weir s'est souvent fait le fer de lance à l'époque (The Cars That Ate Paris, Picnic at Hanging Rock dans les années 70), Mad Max a aussi inauguré un nouvel âge du héros solitaire, torturé, véritable personnage de bande-dessinées à la quête éperdue, ralliant les symboles et les idées en navigant entre les genres et les styles. Il y a des rendez-vous à ne pas manquer et cette projo en fait indéniablement partie - le film fait partie du folklore ici-bas (Canberra, Australie).
D'ailleurs, la salle est pleine d'aficionados ou de curieux, et il n'est pas sûr que le film draine toujours un tel public dans d'autres pays.

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Max et son pote Goose, en des temps meilleurs


Réalisé en 1979 par George Miller, le film est un très petit budget monté en indépendant (350 000$ !) et tourné en 12 semaines autour de Melbourne. Dès ses premiers plans, George Miller travaille la carrure de son potentiel futur mythe. C'est  une silhouette au loin, une paire de bottes, des gants en cuir et des lunettes de soleil qui forment l'attirail du personnage - et ce n'est qu'après la puissante scène d'ouverture que l'on découvre enfin un jeune Mel Gibson dans le rôle de Max Rockatansky, dernier rempart contre les pourritures de la route.
Toujours classé R (interdit aux moins de 18 ans) en Australie, et classé X en France à sa sortie en 1980 (une classification depuis revue à la baisse, dieu merci), Mad Max survit au choc des années par son économie de moyens et son envie de toujours filer droit. C'est d'abord une histoire de violence et de vengeance dans un futur pas très distant (voire, passé), et une histoire d'amour au centre du film, montrant les relations de Max avec sa femme et son fils, à l'abri du monde dans lequel ils vivent. Si le pays reste volontairement indéterminé dans un souci d'universalité et de toucher à l'essence d'un genre - ici, le western dont Miller s'inspire (terrains arides, montures mécaniques, soif de justice, oiseaux de mauvais augure), on identifie malgré tout bien vite l'influence évidente du pays australien sur la pellicule.

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Nature invasive, carcasses de voitures et perfecto : l'Australie.


En l'état, le film a certes vieilli mais il est symptomatique du contexte dans lequel il est produit : particulièrement remonté et avec une identité lui étant propre, avec cette envie de de rentrer dans le lard de Hollywood, filmé avec l'envie de créer un personnage hardcore, poussé à bout par les contraintes de son environnement. Le film devient subitement intéressant vu de l'étranger où chacun découvre un miroir de l'Australie, cette terre au-delà des mers : y est représenté avec force détails une certaine culture de l'engin mécanique, et déjà, un aperçu de son environnement aride et infini, qui prédestine la saga à quasiment un statut de road-movie si l'on développe le cheminement du personnage, de père de famille tranquille à guerrier des routes anonyme. L'homme contre son environnement est aussi une très forte thématique du film de George Miller où lassé de la violence qu'implique son travail, Max jette l'éponge avant d'y revenir plus violent que jamais.
Le héros est un solitaire à l'opposé de la figure du héros américain qui triomphe à la fin du film. Il y a quelque chose de brisé chez Max qui entreprend dans le développement du film, une errance sans but interrompue brutalement par le générique de fin. Le film est certes violent (et particulièrement efficace dans son utilisation du hors-champ, dérangeant), mais il est surtout extrêmement pessimiste. La spirale dans laquelle se jette Max n'a pas d'issue, sauf peut-être sa propre folie, chastement passée sous silence par le mutisme du héros.
Le film sera présenté en 1980 au Festival international du film fantastique d'Avoriaz où il remporte le Prix Spécial du Jury, et provoque un tel choc chez les spectateurs, que quand George Miller y revient en 1982 avec Mad Max 2 sous le bras, il y remporte à l'unanimité le Grand Prix. La remise du prix au film australien fait l'effet d'une bombe dans la presse et Mad Max 2 remporte un succès critique et public mérité en France à sa sortie durant l'été 82.

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Une affiche épique qui survend du rêve (notez l'aigle au fond)


Le problème de la campagne marketing entourant le film, c'est d'annoncer dans son synopsis tout le dernier acte du film, lorsque la transformation de simple policier à vigilante est complète. En soi, Mad Max (le film) est une introduction au personnage qui ne prend pleinement sa forme et son statut que dans Mad Max 2, où un budget cette fois-ci plus important permettra de réellement mettre en scène l'Australie post-apocalyptique que George Miller avait en tête. Le scénario de cette suite use aussi d'un subterfuge efficace : en basant l'essentiel de sa narration sur les souvenirs d'un enfant (le feral kid) qui rencontre Max pendant les évènements du film, l'emphase sur le caractère mythologique du personnage est davantage renforcé.
Ce premier volet reste foncièrement intéressant pour ce qu'il est, soit un authentique morceau sauvage de folie australienne. Financé par George Miller lui-même qui travaillait alors comme médecin aux urgences, le film dispose d'une impressionnante collection de voitures qui forment l'essentiel du spectacle. La plupart d'entre elles ont été, à un moment ou à un autre, des modèles en production dans les années 70 : le film tâche de faire illusion (on est bien dans un futur sans foi ni loi), mais plus de 35 ans après, il semble surtout témoigner d'un temps perdu, quelque part dans l'outback australien où l'on peut croiser des gangs de motards complètement fondus du bulbe, des grands dadais errants dans les forêts, une musique au saxo illustrant les balades champêtres et des flics badass en perfecto, conduisant des voitures jaunes. 

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Le véhicule jaune de Max : une authentique voiture de police de l'époque (1979)


Le film généra deux suites : l'authentique et splendide Mad Max 2 (sous-titré "The Road Warrior" à l'étranger) mentionné plus haut, qui arrivait à représenter toute l'horreur de son univers post-apocalyptique, et Mad Max 3: Au-delà du Dôme du Tonnerre, qui malgré son hollywoodisation éhontée (deux mots: "Tina Turner") reprend les scènes matricielles de son deuxième opus pour les rejouer avec plus de rage et un épilogue mythique.
26 ans après avoir laissé Max errer au loin dans le rétroviseur, un quatrième film est actuellement en post-production après avoir traîné dans les limbes du development hell pendant plus de 10 ans, reporté puis annulé après le début de la guerre en Irak et l'instabilité politique générée par ces évènements. Mad Max 4: Fury Road est annoncé pour 2015 (avec des reshoots récemment annoncés, on ne sait pas si c'est une bonne ou une mauvaise nouvelle) et devrait offrir son lot de carcasses froissées aux amateurs. Tom Hardy remplace Mel Gibson dans le rôle-titre et sera confrontée à Charlize Theron, qu'on annonce avoir le crâne rasé (mais pitié, pas le même registre de jeu que son rôle de sorcière dans Blanche-Neige et le Chasseur, sinon c'est poubelle direct).
Le Road Warrior est-il un vestige du passé ? On espère sincèrement que non.

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Tom Hardy, nouvelle recrue solitaire pour un nouveau cycle


+
- Un court-texte revenant sur le classement X de Mad Max en France, et les répercussions en découlant.
- Retour sur toute la genèse de Mad Max 4, toujours pas sorti de l'auberge (via Aaarg)

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