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Vatican - Cameroun: L?accord va promouvoir la dignité humaine et la justice

Publié le 13 novembre 2013 par 237online @237online

Après celui signé mercredi par le Tchad, l’accord-cadre annoncé sur le statut juridique de l’Eglise catholique du Cameroun sera bientôt paraphé. La Cameroun s’apprête à signer avec le Saint-Siège un accord-cadre sur le statut juridique de l’Eglise catholique qui est au Cameroun.

Au terme du tête-à-tête du vendredi18 octobre dernier entre le président Paul Biya et le pape François, il était entendu que « la signature de l’accord-cadre a propos du statut juridique de l’Eglise catholique au Cameroun est prévue dans les plus brefs délais ». Après notamment les conclusions des négociations. Cet accord-cadre ne sera pas très différent de l’accord que le Saint-Siège et le Tchad ont signé mercredi. En effet, le Saint-Siège et le Tchad ont signé un accord sur le statut juridique de l’Église catholique au Tchad le mercredi 6 novembre 2013. Au Ministère des Affaires étrangères du Tchad, à N’djaména. Cet accord établit « la reconnaissance de la personnalité juridique de l’Église catholique et des institutions ecclésiastiques » et fixe «le cadre juridique des rapports entre l’Église et l’État».

Clarifier les assassinats des prêtres et religieux

Cet accord «affirme la valeur sociale de la collaboration entre l’Eglise et le Tchad pour la promotion de la dignité de la personne humaine et pour l’édification d’une société plus juste et pacifique». Le nonce apostolique au Tchad Mgr Jude Thaddeus Okolo représentait le Saint-Siège et le ministre tchadien des Affaires étrangères et de l’intégration africaine Moussa Faki Mahamat représentait son pays. L’accord que le Cameroun va signer avec le Saint-Siège visera également la promotion de la dignité de la personne humaine. Ce sera l’occasion pour le Saint- Siège de revisiter les déclarations des Evêques du Cameroun et d’interpeler le gouvernement sur les cas de violations des droits l’homme condamnés par les évêques du Cameroun. Ces derniers ont toujours exprimé leur préoccupation sur l’insécurité et la violence qui s’abat sur les Camerounais en général et en particulier sur des personnes qui ont consacré leur vie au service des autres.
Une commission d’enquête a été annoncée chaque fois qu’une religieuse ou un prêtre avait été assassiné au Cameroun. Mais, les différentes commissions n’ont jamais abouti à un résultat connu. Ils ont tous trouvé la mort dans des circonstances non élucidées. Le Prélat de Sa Sainteté Mgr Jean Kounou fut assassiné en 1982, en même temps que Le Père Materne Bikoa. Le Père Joseph Yamb le 5 avril 1983. Le 26 octobre 1988, l’abbé Joseph Mbassi alors Rédacteur en chef de L’Effort camerounais avait été retrouvé mutilé et couvert de sang dans sa chambre. Aucun objet n’avait été emporté. Il menait une enquête approfondie depuis plusieurs mois sur le trafic illégal d’armes. Le 24 mars 1989 fut assassiné l’abbé Bernabé Zambo, curé d’une paroisse de Bertoua. Le Père Anthony Fonteh du Saint Augustine College Nso fut assassiné le 24 mai 1990. Les sœurs Marie Germaine et Marie Léonie furent assassinées le 12 juin1991.

Réduire la violence

L'Archevêque émérite de Garoua Mgr Yves Plumey assassiné à Ngaoundéré dans la nuit du 3 septembre 1991. Prêtre jésuite et historien, le révérend Père Engelbert Mveng avait été assassiné dans la nuit du 22 au 23 avril 1995 à Nkolafeme, à quelques kilomètres de Yaoundé. Il avait été retrouvé le matin du 23 avril 1995 étranglé et couché dans son lit face au plafond, une profonde blessure à la tête. Rien n'avait été emporté de sa chambre. Aucune lumière sur ce meurtre à ce jour. L‘abbé Apollinaire Ndi assassiné le 20 avril 2001. Le Frère Yves-Marie Lescanne fut assassiné 30 juillet 2002 et Anton Probst le 25 décembre 2003. Le Père François X. Mekong le 24 décembre 2008. De peur d’etre assassiné comme le révérend Père Engelbert Mveng, le père Jean-Marc Ela fut contraint à l’exil au Canada où il a trouva la mort le 25 décembre 2008. La liste n’est pas exhaustive. Lors de ses deux visites au Cameroun dans en 1985 et en 1995, Jean Paul II avait demandé que ce soit fait la lumière sur les missionnaires camerounais et des étrangers assassinés.
Le 14 septembre 1995, le Pape Jean Paul II, à son arrivée à l’Aéroport International de Yaoundé- Nsimalen, avait évoqué le sujet dans son discours de bienvenue : « Je désire vous dire que je partage votre préoccupation face à l’insécurité et à la violence subies par plusieurs d’entre vous. A ce sujet, je rappelle avec émotion Mgr Yves Plumey, qui fut Archevêque de Garoua, ce Pasteur vénéré qui a tant fait pour l’Eglise dans le Nord du Cameroun, assassiné il y a quatre ans dans des circonstances encore inconnues. Que le don de ces vies généreuses soit fécond, comme le grain tombé en terre ». Dans « Tertio Millenio Adveniente » (Tma, 37), Jean Paul II écrit qu’« En notre siècle, les martyrs sont revenus; souvent inconnus, ils sont comme des soldats inconnus de la grande cause de Dieu ». Le bienheureux Saint-Père avait souligné que : «des hommes et des femmes de si nombreuses langues et races qui ont suivi le Christ dans les diverses formes de la vocation chrétienne » sont ainsi des « martyrs de la charité».

Exigences de sécurité et de paix

Des martyrs qui ont semé le Verbe par leur propre sang. A l’occasion de la Présentation des Lettres de créance de l’ambassadeur du Cameroun près le Saint-Siège, Antoine Zanga le lundi 16 juin 2008, à Rome , le Pape Benoît XVI s’était exprimé sur la sécurité : « Je ne peux qu’inviter les nations de la région à répondre toujours plus aux exigences de sécurité et de paix, pour faire face aux différents foyers de violence, dont l’ensemble de la population innocente, et l’Église elle-même, sont malheureusement souvent les victimes. Comment ne pas rappeler le décès tragique de Monseigneur Yves Plumey, du Père jésuite Engelbert Mveng, et plus récemment du Frère clarétain allemand Anton Probst(…) », avait souligné Benoit XVI.


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