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Le "devoir de mémoire" à l'Assemblée nationale : une injonction économique et sociale

Par Mbertrand @MIKL_Bertrand

Des maisons de retrait pour consacrer le "devoir de mémoire"

Plus récemment, c'est le député Thierry Solère (UMP - Hauts-de-Seine) qui a invoqué à nouveau le devoir de mémoire à propos des des établissements publics ou privés de retraite distingués sous le label « Bleuet de France ». Il existe en effet en France un réseau de 76 établissements adhérant à la charte du Bleuet de France et accueillant des anciens combattants et victimes de guerre. Dans sa question au gouvernement, le député indique que ce label a été créé "afin de consacrer le devoir de mémoire".

Encore une fois, l'expression est utilisée sous la forme d'une injonction envers l’État dans le cadre d'un débat relevant de droits sociaux envers les anciens combattants et victimes de guerre.

Concrètement, il apparaît évident que le "devoir de mémoire" est invoqué par les députés français pour relayer des revendications strictement économiques et sociales de la part d'associations d'anciens combattants et victimes de guerre. Cette liaison ne se vérifie pas cependant dans le discours officiel de la plupart des associations qui préfèrent généralement ne pas mélanger les deux domaines, distinguant clairement leurs actions "de solidarité" d'une part, et "de mémoire" d'autre part, comme nous pouvons le vérifier sur le site du Bleuet de France mais aussi dans les statuts de l'association nationale des pupilles de la nation, orphelins de guerre ou du devoir

A défaut d'une définition précise de cette expression, le "devoir de mémoire" fait donc bien l'objet d'usages différenciés en fonction de son auteur et de son contexte d'énonciation, y compris lorsqu'il est censé être invoqué dans un même objectif final.


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