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Cartel de ridley scott│syndrome papy, stade très avancé

Publié le 14 novembre 2013 par Acrossthedays @AcrossTheDays

Un avocat à court d’argent accepte de convoyer un chargement de cocaïne depuis la frontière mexicaine.Cartel 1024x577 CARTEL DE RIDLEY SCOTT│SYNDROME PAPY, STADE TRÈS AVANCÉRidley Scott est probablement l’un des réalisateurs britanniques les plus talentueux de son époque. On lui doit notamment Alien, le huitième passager, Blade Runner, Thelma et Louise ou encore Gladiator, avec qui il ressort en 2000 de dix ans d’errance. Depuis, Sir Ridley Scott se perd un peu. Il s’essaie à tout : le film de guerre (La Chute du Faucon Noir, plutôt réussi), la comédie (Les Associés), la romance (Une Grande Année), le film épique (Kingdom of Heaven), le film de gangster (American Gangster) ou encore le thriller politique (Mensonges d’Etat). Le frère de feu Tony Scott sort l’année dernière Prometheus, film que je n’ai pas encore osé voir, tellement on m’en a dit du mal. Enfin bon.

Pour celui qui a remporté le prix de la première oeuvre au Festival de Cannes en 1977 pour Les Duellistes (oui il y a 36 ans), Cartel est une surprise. Surprise certes, mais une très mauvaise. Loin de la dimension épique (Gladiator, 1492) ou assez intimiste (Thelma et Louise), Cartel s’inscrit dans la lignée de Savages d’Oliver Stone, sorti en 2012. Mais sans l’originalité qu’a pu y apporter le réalisateur de JFK. Le film de Ridley Scott souffre du syndrome Papy. Au bout d’un moment, il va falloir dire stop Ridley !

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Cormac McCarthy, bon écrivain, mauvais scénariste

C’est peut-être difficile à dire, mais Ridley Scott n’a plus vraiment d’idées. En 2007 sortait No Country For Old Men des frères Coen, un thriller très novateur, qui mettait déjà en scène Javier Bardem avec une coupe de cheveux déjà surprenante. Puis venait en 2012 Sur La Route de Walter Salles. Qu’ont ces deux films en commun vous me direz ? Son scénario. Tous les deux adaptés d’un roman de Cormac McCarthy, les deux films étaient plutôt bien réussis. Mais Cartel fait tâche. C’est pourtant le premier scénario original écrit par cet auteur américain que tout le monde s’arrache (même James Franco avec Child of God qui devrait sortir prochainement). À croire que Cormac McCarthy est finalement meilleur en tant qu’écrivain que scénariste. L’histoire est assez plate et pas convaincante.

Objectivement, le film « fonctionne », mais disons que la force du film ne réside que dans certaines scènes « choc », qui marquent le spectateur : certains dialogues, la scène de décapitation, la poursuite en 4X4, etc. Comme si Ridley Scott avait pensé le film à court terme (séquence par séquence, en amenant des éléments visuels qui fonctionnaient), au lieu de penser à l’intégralité du film.  Pas vraiment de surprises, malgré des scènes – comme je le disais plus haut - plutôt bien réussies. Malheureusement, entre une scène empruntée qui fait penser à No Country For Old Men et d’autres qui nous rappellent Traffic de Soderbergh, Ridley Scott ne semble plus savoir où donner de la tête (d’ailleurs la scène de décapitation à moto est très réussie).

Cameron Diaz 1024x639 CARTEL DE RIDLEY SCOTT│SYNDROME PAPY, STADE TRÈS AVANCÉ

« Alors tu seras assise sur la Ferrari, déguisée en cow-boy, des jumelles dans les mains, et y aura un cheval à l’arrière plan. Ça va être cool ! »

Une tripotée d’acteurs gâchés

Ce qui est encore plus dur, c’est qu’en disposant de Michael Fassbender (considéré comme l’acteur le plus en vogue de sa génération par certains journaux), Javier Bardem (brillant dans No Country For Old Men, terrifiant dans Skyfall), Brad Pitt, Penelope Cruz et Cameron Diaz (ah non elle, ce n’est pas un atout), Scott réussit tout de même à gâcher un film, qui aurait pu être sauvé par la prestation de ses comédiens. Mais les personnages sont assez mauvais : entre l’avocat trop stupide et cupide pour ne pas comprendre dans quelle machine il est embarqué (Fassbender), la naïve petite amie (Penelope Cruz) et la nymphomane manipulatrice (Cameron Diaz), on ne peut que constater de déplorables idées. Restent Javier Bardem, qui gère assez bien son rôle, et Brad Pitt, plutôt convaincant même si son personnage n’est pas des plus intéressants. Rappelons tout de même que les deux femmes du film sont soit une très très méchante madame attirée par l’argent, soit une femme pleine d’étoiles dans les yeux, trop naïve pour voir ce qui lui arrive. Dommage.

Bien à vous Ridley Scott, et à dans deux ans pour un autre navet.


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