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Quand les écrivains européens nous gatent avec de beaux romans!!

Par Filou49 @blog_bazart
22 novembre 2013

Et si en cette mi novembre, j'allais sonder chez nos voisins auteurs européens, voir ce que leurs littératures contemporaines  nous proposent en cette fin d'année 2013?

C'est vrai quoi, j'ai déjà énormément parlé littérature française en cette rentrée, et après vous avoir parlé la semaine passée d'une auteur de polar et d'une romancière (Gilian Flynn, Laura Kaschicke), j'élargis un peu mes horizons, afin de vous parler de 4 romans de cette rentrée tous écrits par des auteurs venus de 5 pays d'Europe, bien différents les uns des autres, que sont l'Irlande, L'Autriche, L'islande,et enfin l'Espagne:

 1. Une illusion passagère, Dermot Bolger (ed Joëlle Losfeld)

illusion

 Dermot Bolger est un écrivain irlandais dont j'avais beaucoup aimé le précédent roman publié en France , "une seconde vie", roman  ambitieux  et ample, sur la société irlandaise, ses secrets tout cela sous fond d'accident de voiture et de recherche de maternité (voir ma chronique ici même)

Pour son nouveau roman, publié en cette rentrée littéraire, toujours chez Joelle Losfeld,  Bolger est plus modeste et dans le fond et dans la forme,  puisqu'il opte pour du récit  très court ,entre la nouvelle et le roman, et qui va déroule dans un espace temps très limité (une soirée et une nuit d’hôtel), dans dans le huis clos d'une chambre d'hôtel de Luxe en Chine.,

Un haut fonctionnaire, Martin, diplomate un peu usé,   revit les bons et mauvais moments de sa vie conjugale et familiale. Une remise en cause,  voire une auto-critique profonde se produit loin de ses repères, dans cet hôtel  où sa rencontre avec une masseuse va  être le catalyseur de cette auto analyse.  Un roman qui peut se voir comme un long monologue intérieur profond et au fond de l'air assez dépressif, mais dont le charme est évident, grâce au talent incontestable de l'écrivain qui réussit parfaitement à nous faire ressentir les déchirements intérieurs de cet être  touchant malgré lui.

La rencontre sentimentale, entre Martin et cette masseuse chinoise, à des années lumières de son monde à lui,  pourrait frustrer  le lecteur par son  manque de passion, et sa vraie brieveté, mais en même, ce refus du sensationalisme et de l'attendu,  est également un des atouts  indéniables de cette belle Illusion Passagère qui laisse un plaisir durable à la fin de la lecture.

2.« Le poil de la bête » de Heinrich Steinfest (ed Carnets Nord)

poil

Créée  en 1709, l’eau de Cologne était à l’origine un médicament utilisé contre les attaques d’apoplexie, les migraines, les rages de dents et même les accouchements difficiles. C’était une eau miraculeuse, la formule de l’eau 4711, la plus fameuse, est depuis toujours gardée secrète. Mais heureusement  il y aura toujours des personnes malveillantes pour tenter de s’approprier le secret d’une eau miraculeuse, comme il y aura toujours un détective privé  et quelques femmes fatales dans tous romans noirs qui se respectent.

Oubliez toutes les conventions du polar, si il y a bien un détective, il est autrichien d’origine Chinoise, manchot, romantique et  poète en diable ,précédé d’ une solide réputation :  « chaque fois qu’il est chargé d’une affaire, il y a une foule de gens passablement dingues qui meurent »disent de lui les flics Viennois complètement dépassés , et les femmes sont fatales, bien sur, mais aussi  et en même temps terriblement maternelles et parfois létales .

Dans « Le poil de la bête » nous rencontrerons également un archiviste Viennois agent double, un banquier gérontophile, un célèbre compositeur de musique  à la recherche de trou spatio-temporels , un jeune écrivain arrogant espérant l’immortalité ou le Nobel, une mère célibataire et sa gamine à la langue bien pendue, un adolescent handicapé et son skate- board, une jeune punk dresseuse de merle , des vieillards indignes et des chats chartreux gardiens des  clés du paradis .

 Heinrich Steinfest  nous entraine dans  les rues de Vienne sans temps mort .Cinéphile il convoque Hitchcock, Godard, Tarantino et, sacrilège, ose imaginer que l’on puisse faire un remake de  « Citizen Kane. Cultivé il oppose Wittgenstein à Descartes tout en visitant une expo de Dürer .L’écriture est brillante bourrée de métaphores poétiques et décalées . Sacré roman, érudit et drôle « le poil de la bête » à l’intelligence de ne se prendre jamais au sérieux.  Un livre pétri d'humour qui met bien à mal la fameuse blague du siècle dernier sur le prétendu humour autricihien (  connaissez- vous  la différence entre l'humour juif et l'humour autrichien? c'est l'humour!! ).... chronique et blague gentiment dressé par Michel, mon désormais fameux chroniqueur du blog!!

3.« Le livre du roi »  d' Arnaldur Indridason (ed Metaillie)

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Arnaldur Indridason réécrit « l’Ile au trésor » mais ici, pas de pirates mais de cruels nazis  et un recueil de poèmes islandais mythologiques et héroïques datant du XIII siècle est le trésor à rechercher et à ramener en Islande. Nous sommes en  1955, Valdemar jeune étudiant naïf et timoré va être entrainé dans l’aventure de sa vie par un vieux professeur de l’université de Copenhague. L’Europe du Nord d’après guerre pour décor, d’Amsterdam à Berlin en ruine, les aventuriers amateurs vont affronter milles dangers pour rendre, à  l’Islande, son histoire.

Hélas pour Arnaldur Indridason, l’Islande ne supporte pas l’eau tiède et « le livre du roi » donne une grande impression de déjà lu, le récit avance plan plan et souvent, faute impardonnable pour un roman d’aventure, le lecteur comprend et anticipe l’action avant les héros.

Il faudra attendre les trente dernières pages pour retrouver la douce musique mélancolique d’Arnaldur et entrevoir-enfin- le joli roman d’apprentissage que nous aurions pu lire. Reste  une formidable déclaration d’amour de l’auteur aux livres et aux écrivains de son ile.

( re merci pour Michel qui a accepté de vaincre ses états d'âme pour dire- un peu- du mal de son cher et tant aimé Arnaldur!!

4. Désir d'être punk , Belen Gopegui (ed Seuil)

désir

  Partons maintenant en Espagne avec un roman paru là bas en 2009 et qui a plutot bien marché au pays de Cervantès, ce "Désir d'être punk" est en effet un roman (inter) générationnel, qui nous montre parfaitement la jeunesse espagnole contemporaine. On suit une ado de 16 ans, Marina, dont la meilleure amie vient de perdre brutalement son père. Cet évenement va changer la perspection des choses de Martina. 

Dans une longue lettre, plutôt même un carnet destiné au garçon qu'elle aime en secret, la jeune fille relate sa vie, scandée par la musique, une vie qui est en train de se réagencer à cause de la crise économique mais aussi d'autres crises plus intimes .

Ce roman pourrait se voir comme un roman jeunesse, sauf qu'en fait l'auteur dépasse largement cette cible pour en livrer un récit iniatique qui séduira forcément les adultes. Le style de l'auteur Belen Gopegui (que je ne connaissais pas du tout), toute en subtilité et en justesse des portraits, y est pour grand chose. La quatrième de couverture fait mention au mythique "Attrape Coeur" de Salinger, mais  il ne faut pas que cette référence soit trop écrasante, et pour ma part, j'ai pensé plutot - et c'est une référence très positive à mes yeux, car j'aime beaucoup l'auteur- aux romans rocks de Nick Hormby.

Le rock occupe une place prépondérante dans ce livre ,le mur qui permet de construire tout l'édifice de la vie de l'héroine, et du roman dans son entier.   Une lecture très agréable et incontestablement percutante!!

Le dernier étant sorti en juin dernier, seul les 3 premiers  de ces romans (c'est déjà pas mal, non?) conccourent au fameux challenge 1 % de la rentrée littéraire d'Herisson 8!

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