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[Critique] TRUE GRIT

Par Onrembobine @OnRembobinefr
[Critique] TRUE GRIT

Titre original : True Grit

Note:

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Origine : États-Unis
Réalisateurs : Joel Coen, Ethan Coen
Distribution : Jeff Bridges, Hailee Steinfeld, Matt Damon, Josh Brolin, Barry Pepper, Mike Watson, Elizabeth Marvel, Domhnall Gleeson, Paul Rae, Bruce Green…
Genre : Western/Aventure/Adaptation/Remake
Date de sortie : 23 février 2011

Le Pitch :
Mattie Ross vient de perdre son père, lâchement assassiné par l’un de ses employés. Bien décidée à réclamer vengeance, la jeune fille, de seulement 14 ans, décide de faire appel au Marshall Cogburn, gloire locale imbibée à la réputation de gâchette facile. Ils seront accompagnés dans leur périple par le Texas Ranger LeBoeuf, lui aussi à la poursuite du criminel…

La Critique :
True Grit est un western, un pur, un dur. True Grit fait partie de ces films au souffle épique indéniable, remplit à la ras la gueule de figures d’Épinal d’une Amérique légendaire. Les méchants ont les dents aussi pourries que les gentils les ont dures. True Grit est un grand film. Une partition poétique crépusculaire et hors du temps. Une épopée passionnante aux héros burinés et complexes. Un film comme celui-là, inutile de le préciser, on en voit pas tous les quatre matins. Mais True Grit est-il pour autant un chef-d’œuvre ? Bien évidemment.

Jeff Bridges revient sous la direction des frères Coen et décroche du coup l’un des rôles les plus marquants de sa carrière (après The Big Lebowski notamment, déjà réalisé par les frangins Coen) ainsi qu’une nouvelle nomination aux Oscars (après sa victoire pour le touchant Crazy Heart). Jeff Bridges est enfin reconnu à sa juste valeur et ce n’est pas trop tôt. Cet acteur est un grand, pas de doutes là-dessus. Un homme au charisme incroyable, qui incarne ici la quintessence du héros américain dans toute sa splendeur, tout en travers, fatigué, usé et blasé. Sa performance renvoie en cela à celle de Clint Eastwood dans Impitoyable, autre pièce maitresse d’un genre tombé en désuétude à Hollywood depuis des lustres et régulièrement ressuscité par les plus honnêtes artisans de l’usine à rêves (au hasard, Kevin Costner avec Wyatt Earp et Open Range , Andrew Dominik avec L’assassinat de Jesse James par le lâche Robert Ford, ou encore à travers le jeu vidéo et les succès de Gun ou de Red Dead Redemption. Sans parler des séries TV comme Deadwood).
Pilier du film, Bridges redonne vie au Marshall Cogburn, après la performance de John Wayne dans 100 Dollars pour un shérif (True Grit et ce dernier se posent en effet comme deux lectures du livre éponyme de Charles Portis) et imprègne la pellicule d’une aura qui donne au long-métrage un parfum délicieusement désuet, pour une illustration parfaite du mythique porte-flingue de l’ouest sauvage. À ses cotés, impossible de ne pas remarquer le magnétisme troublant de la jeune Hailee Steinfeld, pour la première fois à l’écran, qui tient la dragée à des acteurs confirmés et qui, n’hésitons pas à le dire haut et fort, se hisse sans problème à leur niveau. La relation que son personnage tisse avec celui de Jeff Bridges, figure paternelle par défaut est aussi émouvante que complexe et contribue grandement à la réussite du film. Matt Damon mérite lui aussi bien des éloges tant son personnage se pose comme le principal garant de l’humour si particulier des frères Coen (même si Bridges ne démérite pas non plus dans le genre). L’acteur prouve une nouvelle fois un talent indéniable tandis que Josh Brolin se pose comme l’une des vraies gueules du cinéma moderne. A noter aussi la performance furtive mais remarquable, du trop rare Barry Pepper.

Alors que leur filmographie laissait présager un amour du genre (notamment avec No Country for Old Men, western moderne crépusculaire), les frères prodiges prouvent avec True Grit à quel point leur talent est exportable d’un style à l’autre. Sous leurs mains expertes, le western prend ici un nouveau visage et se permet des virages inédits. Leur histoire se déroule tranquillement et dénote d’une maitrise exemplaire. Pas une longueur ne vient entraver le déroulement du récit, tandis que les scènes d’action se révèlent d’une efficacité redoutable, tout comme les retournements de situation. Résultat : il est facile et agréable de se laisser aller à suivre les aventures du trio et tout aussi aisé de se laisser submerger par la somme d’émotions que nous propose le film. Car c’est aussi en cela que le cinéma des Coen est redoutable. Il vous prend par surprise, à l’image de la scène de The Big Lebowski où Walter et Le Duc dispersent les cendres de Donnie sur la falaise. Un ilot d’émotion pure en forme d’ode à l’amitié, au milieu d’un océan de rire. Ici, il en est de même : les Coen, loin de prendre le spectateur en otage, laissent ce dernier choisir les moments clés qui sauront lui parler et donc le toucher davantage. En cela, les réalisateurs ont relevé un défi de taille, à savoir, réaliser un film abordable, sans y sacrifier un style racé et décalé, ni faire de concessions sur le cahier des charges initial. Une qualité rare pour un film aussi puissant que touchant.

@ Gilles Rolland

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Crédits photos : Paramount Pictures France


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