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Comment faites-vous pour trouver le nom de vos personnages ?

Par Bureaudestyle
roman de Flaubert madame Bovary

L’histoire se passe en Basse Normandie où beaucoup de patronymes sont formés autour du mot « bœuf », il y beaucoup de pâturages en Normandie ! Emma Bovary, épouse de Charles, médecin de campagne porte si bien son nom d’épouse qu’elle en a donné le titre du roman.

 Le patronyme apporte beaucoup au personnage, c’est son étiquette, le parfait résumé de ce qu’il est, comme au livre, son titre. Dans un autre post nous aborderons également le prénom.

Un scénariste de ma connaissance, disait que souvent, dans les films américains, le noir s’appelait « Black » : pas très original, mais efficace. Le lecteur sait où il met les pieds, son cerveau n’aura plus qu’à s’occuper de votre incroyable style. Ainsi, tous les noms de personnage dérivés de « gros » (Grospierre, Grospaul)  pourraient bien nommer un héros enveloppé. De même que les petits ou les grands « quelque chose » vous taillent en deux coups de stylo la charpente de votre héros. Portrait physique comme psychologique d’ailleurs : on peut être petit par le corps et grand par l’âme, c’est vous, le romancier, qui décidez.  Jouez de l’art subtil des contrastes et des oppositions…

Tel autre écrivain disait qu’il ne se séparait de son dictionnaire des noms de lieux pour ne pas tomber en panne d’inspiration. Pas mal mais tout le monde ne peut pas s’appeler Paris, Marseille ou Meaux…

Déguiser la réalité

Alors quoi faire ?  On peut prendre le nom d’une personne qui nous a inspiré le personnage et légèrement modifier son patronyme : exemple votre bouchère vous inspire la criminelle de votre polar : elle s’appelle Versigny. Donner son nom vous démange mais la trancheuse de bœuf n’aimerait pas qu’on jette le soupçon sur son grand couteau même chez Pocket. Alors soit ! Vous l’appellerez Fanny Vergnet ou bien encore Vériset et comme votre meurtrière est médecin légiste dans le récit, Françoise Versigny, patronne du « Porcelet agile », n’y verra que du feu. Vous surferez ainsi, sur 200 pages au moins, sur un personnage réel sans que personne n’en sache rien.

Jouer les sociologues

Dans la « vraie vie », le nom est bien souvent le symbole d’une appartenance sociale. Comme vous avez bien suivi les préceptes de l’atelier d’écriture ou bien vous avez déjà fait le stage « Bâtir des personnages inoubliables », vous avez donc complété votre fiche de personnage et celle de ses collatéraux, dans le moindre détail et là il vous apparaît clairement que votre jeune premier n’a pas un passé ordinaire : son arrière grand père paternel était un enfant trouvé. Comme souvent, il a été baptisé par le clergé du nom du mois où l’enfant est né ainsi en est-il de Nicole Avril ou du Maréchal Juin. Trop facile non ?

Sachez que certaines classes de population – les aristos pour ne pas les citer – occupent des postes dans le luxe ou dans les médias. Là, vous pouvez alors reprendre le dictionnaire des noms de lieux précédemment cité car les noms des nobles s’enracinent dans leur terre. Delphine de Guermonpré journaliste de mode, pourra convoler en juste noce avec Louis de Vaucelles son éditeur, sous le regard jaloux et envieux d’Alix Grégoire de Sens, sa rivale. A la valetaille qui sert à boire au buffet et gare les voitures, vous donnerez du Martin (le nom le plus porté en France), du Dupuis mais attention, au Dutrou quand même…

À ne pas faire

  1. Omettre de creuser votre personnage et le nommer « au hasard » sans égard pour son parcours, son histoire, son physique. Même si « ça colle » vous loupez une occasion de le rendre plus caractéristique.
  2. Omettre de vous renseigner sur les origines et la classe sociale du personnage. Surtout si celles-ci sont éloignées de vous, documentez vous pour ne pas commettre d’invraisemblance.
  3. Fabriquer un nom de toutes pièces en jetant les syllabes en l’air et en les laissant retomber…même en science-fiction on ne fait pas ça. Tous les noms ont une raison d’être et une logique.
  4. Donner un nom qui jure avec l’ambiance générale de votre récit : un nom qui fait rire même s’il est bien trouvé ne peut pas s’insérer dans un style poétique ou très littéraire, plutôt mélancolique et inversement ; Tristan Beauprés n’est pas le genre à se prendre les pieds dans le tapis. Jimmy Slowman, davantage.
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