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Un verger au Pakistan - Peter HOBBS

Par Wakinasimba

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Christian Bourgois Editeur, 7 mai 2013, 137 pages

Résumé de l'éditeur :

Dans les contreforts montagneux du nord du Pakistan, un adolescent mène une vie simple et heureuse, entouré de ses parents et de ses soeurs. Il aide son père au verger, descend à la ville vendre les fruits récoltés, se baigne à la cascade en été.

Un jour, au marché, il est subjugué par la beauté lumineuse d’une jeune fille à qui il offre timidement une grenade. Mais cette brève idylle enfantine sera durement sanctionnée, car Saba est la fille d’un puissant politicien pour qui l’ordre du monde n’a que faire des passions amoureuses et doit obéir à une stricte hiérarchie sociale.

Pour prix de son impudence, le jeune garçon sera jeté dans une prison sordide où il croupira pendant quinze années, oublié de tous, malade, affamé, torturé. Seul le souvenir de sa bien-aimée lui permet de tenir et d’échapper à la folie. Il s’y accroche comme à une bouée de sauvetage ; elle est la dernière lueur d’humanité dans un univers de brutalité et de barbarie, en plus des hirondelles qu’il aperçoit furtivement par la lucarne de sa cellule, symboles de liberté et de la vie qui continue dehors.

A sa libération, c’est un homme brisé, physiquement et mentalement. Recueilli par Abbas, un poète érudit qui le découvre à moitié mort dans un fossé, il va passer chez lui de longs mois de convalescence durant lesquels il va réapprendre à vivre, à travers des plaisirs aussi anodins que l’odeur des roses dans le jardin, la lumière dorée de l’aube sur la cime des montagnes, la caresse du soleil dans son dos, le goût d’une grenade mûre cueillie à même la branche.

Mais il va aussi devoir se familiariser avec un monde qu’il ne reconnaît plus. Car si ses années de détention l’ont profondément transformé, en quinze ans le pays aussi a changé. La guerre est passée par-là, les mentalités se sont endurcies, la peur des étrangers a désormais remplacé les valeurs traditionnelles d’hospitalité.

Au village, les habitants préfèrent éviter son regard. Sa famille a disparu, la maison de son enfance a été vendue et le verger est à l’abandon. La seule chose qui soit restée intacte est son amour pour Saba, à la fois cause de son malheur et lumière de sa vie, dont il espère à tout prix retrouver la trace.

C’est à elle que s’adresse le narrateur du livre, sous la forme d’une lettre à la première personne rédigée dans une prose d’une pureté fulgurante. Récit poignant d’un retour à la vie, ce roman est avant tout une grande histoire d’amour intemporelle imprégnée de la sagesse et de la poésie des contes orientaux.

Mon avis :

Ne vous y trompez pas, le résumé raconte l'histoire dans l'ordre, qui n'est pas celui de la narration.

Nous découvrons d'abord l'homme brisé, au sortir de sa prison, qui ne peut ni manger ni se tenir debout, mais qui va réapprendre à vivre et nous raconter, bribes par bribes, son histoire.

Une histoire d'amour, à l'ombre du verger de son père. Une histoire de temps de la récolte et du mûrissement du fruit.

Mais aussi une histoire de tortures et de sévices, d'hommes qui ne pardonnent pas, de pouvoir.

Une belle histoire d'hospitalité gratuite.

Et une nature grandiose, des roses, un verger qui donne des grenades dans lesquelles on aimerait mordre. Un verger dans lequel le narrateur n'a de cesse de revenir, seul dernier point de repère de sa vie.

Des hirondelles qui veillent sur les personnages, oiseau emblématique de ce pays.

J'ai passé un agréable moment de lecture, comme hors du temps.

L'image que je retiendrai :

Celle du parfum des roses dans le jardin fermé, parfum qui va aider l'homme à s'ouvrir de nouveau au monde.

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