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Zorro (série: saison 1)

Publié le 08 décembre 2013 par Olivier Walmacq

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Genre : Série Aventure

Année : 1957-1961

Durée : 39 épisodes

L’histoire : Don Diego De la Vega, jeune homme courageux et fine lame incroyable rentre chez lui en Californie. Cependant une fois sur place il découvre que le pays est sous le joug d’un dictateur, le Commandant Monastorio. Le Jour Don Diego passe pour un jeune étudiant pédant et plein d’illusions. Mais la nuit il devient le justicier masqué défenseur des opprimés qui se fait appeler Zorro « le renard ». Il devra faire face à des ennemis plus dangereux les uns que les autres aidé de son fidèle serviteur Bernardo.   

La Critique de Vince12 :

« UN CAVALIER QUI SURGIT LORS DE LA NUIT, COURS VERS L’AVENTURE AU GALOP, SON NOM IL LE SIGNE A LA POINTE DE L’EPEE D’UN Z QUI VEUT DIRE ZORRO ! ZORRO ZORROOOOOO ! »

HA HA ! Zorro ! Zorro ! Aujourd’hui je pense que je vais en replonger plus d’un dans l’enfance. En effet Naveton a parfois abordé des séries télévisées. Pour ma part c’est une première et c’est avec Zorro que je me décide d’attaquer.  

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En réalité plusieurs raisons me poussent à rédiger cette chronique. Tout d’abord pour des raisons personnelles, puisque j’ai passé le plus gros de mon enfance déguisé en Zorro. Ensuite c’est lors d’un repas de famille un dimanche où des gamins de la génération Internet, Ipod, Ipad et 3D, m’ont supplié,  20H20 sonnées, de changer de chaîne pour mettre Zorro « Zorro ? La série que regardaient vos grands parents lors de leur enfance ? » Et pendant une demi heure cinq gamins les yeux rivés sur la télé à regarder Zorro. Je dois dire que je n’en revenais pas de voir cette nouvelle génération s’intéresser à cette série des années 50-60. Pour enfoncer le clou quelques jours plus tard je lis un article dédié à la série ou l’auteur s’extasie devant les chiffres d’audition que réalise Zorro. En effet vous l’aurez sans doute remarqué Zorro continue de passer le samedi et le dimanche soir sur France 3. Prés de 60 ans plus tard Zorro reste l’un des programmes les plus regardés le week-end entre 20h et 21h. Je dois l’avouer, je partage le même étonnement agréable que l’auteur de l’article en question. Comment se fait-il qu’aujourd’hui à l’heure des supers héros, des supers pouvoirs, des effets spéciaux et de la 3D, Zorro continue à signer son nom à la pointe de l’épée ? Honnêtement je n’ai pas la réponse. Peut être parce qu’il est la base des supers héros actuels. Bob Kane a affirmé s’être beaucoup inspiré du personnage de Zorro pour son Batman.

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Mais avant de parler de la série parlons du personnage. Zorro est né dans les années 20 sous la plume de Johnston McCulley un écrivain de récits d’aventure dont ce sera la seule œuvre retenue. Dans le même courant Douglas Fairbanks s’approprie le mythe du justicier masqué pour l’adapter au cinéma ce sera le début de nombreux films sur le sujet. Mais le phénomène explose littéralement avec la série produite par Walt Disney dans les années 50-60.  Elle sera d’abord diffusée en noir et blanc avant d’être colorisée dans les années 70.

Attention SPOILERS !

Don Diego de la Vega, jeune homme fringuant, courageux et escrimeur phénoménal retourne dans sa Californie natale après avoir passé des années d’études en Espagne. C’est une lettre inquiétante de son père Don Alejandro de la Vega, qui l’a poussé à abandonner ses études et à retourner chez lui en compagnie de son fidèle valet muet Bernardo.

Une fois surplace Don Diego apprend que le pays est sous l’emprise d’un dictateur, le commandant Enrique Sanchez Monastorio. Ce dernier est un officier sanguinaire et sans scrupules mais charismatique qui a bien l’intention de devenir l’homme le plus riche et le plus puissant de la Californie par tous les moyens. Monastorio est également appuyé par un avocat véreux qui soutient juridiquement tous ses excès.

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Diego comprend bien vite que le commandant risque d’avoir des soupçons sur son retour anticipé d’Espagne. Sur une idée de Bernardo il choisit de se faire passer pour un étudiant pédant, naïf et passionné avant tout de poésie et d’arts classiques. Quant à Bernardo il décide de faire semblant d’être sourd afin de pouvoir espionner sans éveiller les soupçons.

La ruse fonctionne, Diego joue même son rôle devant son propre père qui se trouve particulièrement déçu de sa fausse attitude. Ayant déjoué tous les soupçons Diego se retrouve libre d’agir. La nuit tombée il devient le justicier masqué de l’ombre Zorro « le Renard » accompagné de son fidèle étalon Tornado.

Sa première mission consiste à délivrer Don Nacho Torres qui est retenu prisonnier par le commandant (ce dernier prévoyant de l’éliminer définitivement). Bien vite la tête de Zorro est mise à prix.

Monastorio use de toutes les ruses pour piéger Zorro. Entre les deux hommes un vrai duel s’engage.  Le justicier masqué doit également affronter l’obèse et maladroit sergent Demetrio Lopez Garcia. Ce dernier étant à la fois l’ennemi de Zorro et l’ami de Don Diego !

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Mais tout au long de la série Zorro ne devra pas se contenter du commandant Monastorio, il aura également affaire au magistrat Galindo, au capitaine Ortega, aux frères Murietta tous à la solde du Seigneur Varga alias « l’Aigle » qui a pour ambition de s’emparer de la Californie.

Voilà donc pour les grandes lignes de la saga. Le début reprend à peu près l’histoire originale puis par la suite la série crée ses propres intrigues. Autant dire que l’histoire est simpliste le justicier défendant les gentils peones que veulent dépouiller de vilains riches officiers. Cependant comme l’a dit Marc Toullec on aurait tort de parler de clichés car en l’occurrence il s’agit de « stéréotypes remarquablement maîtrisés ».

En réalité le projet de la série est né dans les années 50 sous l’aile de Walt Disney. Bien avant Zorro avait fait l’objet de plusieurs adaptations cinématographiques de qualité variantes. Ici nous parlerons de la première saison qui s’étire sur 39 épisodes.

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C’est Lewis et Norman Foster, Robert Stevenson, William Witney, Charles Lamont, Harmon Jones et bien d’autres qui vont se succéder pour réaliser cette première saison. Ces derniers appliquent le cahier des charges et nous servent une réalisation simple mais efficace et rythmée. Tout est codé mais ça fonctionne à merveille chaque personnage à sa musique, chaque aventure suit une logique définie mais là encore ça fonctionne. Chaque épisode doit avoir son lot de gags, de scènes dramatiques et d’action notamment de chevauchées et de combats d’épée.

Zorro peut également s’appuyer sur un bon casting. En réalité pour le rôle principal de Don Diego de la Vega/Zorro les studios ont tout de suite pensé à Britt Lomond. Cet acteur-cascadeur est devenu légendaire dans le milieu pour ses talents hors normes d’escrimeur. Talents qu’il a démontrés lors de sa prestation en tant que doublure de Mel Ferrer pour le Scaramouche de George Sidney. Inespérée Britt Lomond accepte de porter le masque de Zorro.

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Cependant en auditionnant les seconds rôles les studios flashent sur Guy Williams (de son vrai nom Armando Catalano). Cet acteur américain d’origine italienne est un pur athlète de 1m91 au sourire ravageur et au charisme magnétique. Pour couronner le tout il est, à l’instar de Britt Lomond, cascadeur et bretteur phénoménal. Pour les studios il n’y a pas de doute Guy Williams sera finalement Zorro. Un choix judicieux puisqu’aujourd’hui l’acteur est devenu indissociable de son personnage. Il y’a eu des acteurs cultes qui se sont succédés avant (Douglas Fairbanks, Tyrone Power) et après (Alain Delon, Antonio Banderas) lui. Pourtant aucun d’eux n’est parvenu à faire oublier Guy Williams qui est devenu une fois encore le premier visage que l’on voit quand on pense à Zorro. Britt Lomond voit alors le rôle lui passer sous le pif ! Cependant l’acteur est très beau joueur et accepte de jouer le rôle du méchant le commandant Monastorio. Bien vu car l’acteur est remarquable dans ce rôle. Il apporte lui aussi beaucoup à la série jouant un méchant également charismatique et superbement bien dosé. Il est capable d’être le méchant cruel, sans scrupules et prêt à tout mais à certains moments Monastorio a aussi certains bon passages (certes rares) ou il fait preuve de clémence et d’humour. Ainsi c’est sans doute l’un des personnages les moins stéréotypés. Ce très bon dosage permet de rendre le personnage plus crédible (ce qui n’est pas forcément le cas d’un méchant « uniquement méchant »). Le jeu sonne juste et permet au personnage de ne pas être tourné en ridicule (à part dans le dernier épisode où il apparaît) on ne pourra pas en dire autant des méchants suivants.

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Vous l’aurez compris la série tient beaucoup aux deux pointures que sont Britt Lomond et Guy Williams. Ils sont très bons en tant qu’acteurs mais aussi en tant que cascadeurs. Et à ce propos les deux hommes ont affirmés qu’ils ont pris énormément de plaisir à croiser le fer sur toutes les scènes de combat. Guy Williams avouera même avoir beaucoup appris au contact de Britt Lomond.

Cependant outre les deux hommes on retrouve aussi Henry Calvin dans le rôle du sergent Garcia. Personnage inventé par la série par ailleurs. Il apporte le ton comique de l’œuvre. Garcia étant un soldat obèse et maladroit se mettant toujours dans des situations impossibles et burlesques. L’aspect intéressant de ce personnage est qu’il se trouve mêlé « au camp des méchants » sans en être un. Au long de la série le personnage prendra même partie pour Zorro. Dans les saisons suivantes il finit même par lui piquer la vedette !

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On citera aussi volontiers la performance de Gene Sheldon dans le rôle de Bernardo le serviteur muet allié de Zorro qui fait mine d’être sourd. Rusé Bernardo sortira même Zorro de situation délicates. Le jeu de Sheldon est très théâtral. L’acteur et les réalisateurs profitent pleinement du mutisme du personnage pour donner aux scènes un côté de comédie musicale usant toujours de la même mélodie et de bruitages sympas.

Parmi les acteurs j’ai aussi envie d’évoquer George J. Lewis dans le rôle de Don Alejandro de La Vega le père de Zorro. Pour info l’acteur avait déjà eu un rôle dans le film Zorro, le vengeur masqué de Spencer Gordon Bennet et Wallace Grissel en 1944. Pour finir je parlerai de Don Diamond dans le rôle du Caporal Reyes l’acolyte du sergent Garcia. Mais bon n’oublions pas aussi quelques seconds  couteux dont les traits sont ceux de Jack Elam ou Lee Van Cleef.

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Après avoir évoqué le casting on peut parler de la musique. Bien sûr il y’a celle du générique devenue culte. Mais dans la série en elle-même chaque personnage a son thème musical. A l’image de la réalisation la musique a un rôle simple mais efficace.

La série évite donc d’être trop sophistiquée et remplit son pari de distraire. Pour autant force est de constater que passé les 13 premiers épisodes la série perd de son charme et de son inspiration. Tout d’abord les intrigues ont du mal à se renouveler. L’histoire se répète et devient trop prévisible. Ensuite l’absence de Britt Lomond se fait cruellement sentir.  Aucun des méchants suivants ne lui arrivent à la cheville. Et aussi il faut dire qu’on passe bel et bien des stéréotypes aux clichés au bout d’un certain moment. Dommage pour une série qui commençait si bien mais qui, me direz vous, par son intrigue simpliste était voué à une qualité court terme.

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Pourtant la série poursuit la mission du livre à savoir nourrir les rêves aventureux qui nous habite. Zorro c’est le fantasme du justicier. On est quelqu’un puis on enfile un masque et on devient quelqu’un d’autre. «Porter un masque nous incite à agir, à faire effort, à nous dépasser » a justement dit George Buraud. Quelque part Zorro exploite donc les fantasmes profonds de la nature humaine. C’est peut être pour cela que la série fonctionne encore de nos jours.

Oui une fois encore Zorro continue à être diffuser avec succès tous les week-ends.

Clairement cette série vaut surtout pour les premiers épisodes. La saison 1 restant la meilleure. Les saisons suivantes enfonceront malheureusement de plus en plus la série.   

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En réalité objectivement j’ai du mal à qualifier la série de géniale mais une fois encore le résultat est là, on est vraiment entraîné par cette aventure et comme je l’ai dit au début je ne sais pas vraiment dire pourquoi mais qu’importe après tout, n’est ce pas justement ça une marque de qualité ? 

    

Note : 16/20


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