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La venus à la Fourrure : un Polanski pervers et intelligent !!

Par Filou49 @blog_bazart
09 décembre 2013

 venus

L'année dernière, j'avais été particulièrement assassin contre ce qui était à l'époque le dernier film en date de l'immense Roman Polanski, ce "Carnage" que j'avais trouvé ennuyeux à mourir, le considérant comme du très mauvais théatre film qui manquaità mes yeux,clairement de vie, d'interaction entre les comédiens, et surtout qui baignait dans l'exageration et le caricatural.  

Dois je être maso? Car cette mauvaise expérience ne m'a pourtant pas vacciné d'aller revoir un nouveau Polanski en salles, cette "Vénus à la Fourrure", présenté en sélection officielle à Cannes, qui est une nouvelle adaptation d'une pièce de théâtre qui pouvait tout à fait retomber dans les mêmes travers que je reprochais à "Carnage". Et je me pose d'autant plus la question de mon masochisme que le thème principal  du film n'est autre que les relations de sado masochisme existant entre un homme et une femme.

En effet, cette "Vénus à la Fourrure", qui se déroule exclusivement dans le huis clos d'une salle de théâtre, nous montre comment, à travers une audition a priori banale (d'une pièce, la "Venus à la Fourrure" de Leopold von Sacher-Masoch dont on dit qu'elle a posé les premières bases du sado masochisme et dont je vous reparle d'ici quelques heures) les relations de domination et de soumission entre un metteur en scène et son interprète et plus généralement entre les hommes et les femmes peuvent se mettre en place. Un rapport sado-maso, donc, mais surtout un jeu, aussi pervers soit-il, dont on ne sait jamais vraiment qui mène la danse.  En effet, alors qu'on pense que l'un a pris le dessus sur l'autre et devient le dominant, la situation se renverse fréquemment et les renvoie sans cesse à une part d'eux-même qu'ils aimeraient dissimuler préalablement. 

On sent Polanski se délècter énormemement de cette ambivalence dans cette relation et de ce trouble, qui peut également renvoyer à une partie de nous même (non non je ne parle pas que pour moi), puisque tout être normalement constitué a des moments dans sa vie où il préfère prendre les devants, et d'autres où il fait acte d'allégeance, et un des grands mérites du film de Polanski, terriblement intelligent, est de nous interroger sur cette partie là de nos penchants SM, aussi cachés soient ils ( pour ceux qui comme moi ne nous promenons pas tous les matins avec fouets et colliers à clous).

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Et si ce face à face entre un (e) maitr(esse) et son esclave s'avère être extrêmement jouissif et riche de multiples niveaux de lectures, cette venus à la Fourrure est également passionnante par ce qu'elle dit sur le milieu du théâtre, un milieu qui n'a eu cesse de me fasciner, et ce, même si j'y vais moins qu'il y a quelques années. Le film aborde effectivement pas mal de thématiques inhérentes au théatre (les rôles  qu'on s'échange  l'appropriation d'un texte, l'occupation de la scène, et bien sur la conviction que l'on met dans un rôle) et les traitent sous un angle parfois inédit, et très souvent pertinent.

Et, afin rendre parfaitement crédible cette partie là du film (et celle sur les relations de soumission aussi d'ailleurs), il fallait deux acteurs au sommet de leur art, et c'est ce que nous proposent aussi bien ce duo inédit dont le mariage produit des étincelles.

Emmanuelle Seigner, magnifiée par son pygmalion et qu'on n'a rarement vue aussi épatante (même si j'ai eu un peu de mal au début avec son accent et ses expressions banlieue, me la faisant penser à une sous Sara Forestier)parvient totalement à exploiter toute l'ambiguité de son personnage qui gardera une partie de son msytère jusqu'au bout (pouvant frustrer le spectateur qui n'aime pas les zones d'ombres finales).

Et si, contrairement à pas mal de monde, je ne me suis jamais prosterné devant le talent soi disant immense de Mathieu Amalric, force est de reconnaitre qu'il est ici magnifique de trouble (sa ressemblance physique avec Polanski est assez troublante), à la fois manipulateur sans scrupules puis petite chose fragile et soumise, et il joue tout cela avec la même parfaite  force de persuasion.

On pourrait parfois tomber dans le fabriqué, et même le grotesque, voire le ridicule, notamment dans les scènes finales (que je ne raconterais pas) mais à chaque fois que j'ai eu cette impression Polanski et ses acteurs arrivent à chaque fois, par une pirouette géniale ou un dialogue percutant, à verser du bon coté, celui de la perversité et du savoureux.

 Bref, cette "Vénus à la fourrure"version Polanski fut une excellente surprise qui m'a donné envie de lire le texte original de Leopold von Sacher-Masoch... et ca tombe bien car je l'ai lu dans la foulée, et ...je vous en parle dans les heures qui viennent!!

LA VENUS A LA FOURRURE - Bande-annonce VF


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