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"Viens jouer à la maison" de....Camille Huyghues Despointes

Publié le 09 décembre 2013 par Montaigu

Camille portrait 1

Camille, fondatrice de "Viens jouer à la maison" ,  boutiques ateliers pour enfants, nous conte ses aventures : un hymne à la vie.

Quelle mouche t’a piquée ? 

Je ne me suis jamais dit : « Camille, un jour tu monteras ta boîte ». L’entreprenariat est venu à moi. J’ai une licence d’art du spectacle. Mon père est un artiste, metteur en scène pour le cinéma et la télévision. J’ai été élevée dans un milieu où l’imagination, le jeu avaient un rôle prépondérant. Je me suis mariée jeune. J’ai eu 3 enfants assez vite. Je travaillais à TV5 Monde et ça ne me convenait plus. Entre le 2ème et le 3ème enfant, j’avais pensé à un concept tourné vers les enfants autour du théâtre. C' était compliqué.

Après le 3ème enfant, j’ai commencé à gamberger. Mes idées tournaient autour de deux axes.

1. Les enfants. J’emmenais régulièrement les miens et ceux de mes copains dans des ateliers, des associations, voir des expos, à la piscine, plus ils étaient nombreux, mieux je me portais.

2. Les mamans. L’accompagnement de la grossesse, en particulier, pour lequel j’envisageais de reprendre des études pour devenir sage-femme.

 Et puis un jour, lors d’un déjeuner avec une copine, précisément en novembre 2007, celle-ci m’a dit " pourquoi tu ne montes pas une boîte qui fait des couillonnades pour les enfants ? ". Je suis allée avec mon mari faire un tour au salon des services à la personne et je lui ai annoncé : "j’y vais !"

Donc, action! " Viens jouer à la maison" est né en mai 2008. Le but : occuper les enfants avec des ateliers et d’une manière aussi chaleureuse qu’à la maison. A ce jour il y a 7 boutiques en Ile de France dont 4 en franchise.

Qu’est-ce qui a changé dans ta vie ? 

Avant j’étais frustrée et je m’ennuyais vraiment beaucoup. Maintenant je suis plus à l’aise, heureuse même si c’est très difficile et que je rencontre de vraies angoisses. Je travaille énormément mais je n’ai pas de culpabilité. J’assume assez bien  car je sais que au travers de mon bien être, je contribue à celui de ma famille. 

Ensuite j’ai découvert qui j’étais. 

Enfant j’ai beaucoup fait de compétition en équitation. Et gagner est une joie. Pour ce résultat, il faut de la persévérance, du dépassement de soi et savoir se remettre en cause. Il n’est pas question de juste " participer ". Seule la victoire est belle. Je suis guidée par ce principe. Et c’est ce qui me fait dire que je ne suis pas fière de moi, je ne suis pas pleinement satisfaite parce que ce n’est pas encore ce que j’ai imaginé.

Mon moteur est d’être toujours en avance de deux projets. Je m’appuie sur ma compréhension du monde, je regarde autour de moi. Pour lancer les franchises, j’ai passé six mois chez le coiffeur, secteur champion dans ce domaine.

J’ai une idée, j’agis. Je réfléchis à la mise en œuvre et aux moyens nécessaires et je bataille. Si ça ne marche pas, je travaille pour identifier les causes et trouver des solutions. J’ai une grande résistance mentale à l’échec, ce mot ne fait pas partie de mon vocabulaire. Si tu me parles de crise, j’ai mis un mouchoir dessus : je ne veux pas que ce soit un prétexte pour ne rien glander. 

J’ai appris à devenir entrepreneuse en marchant. Pour moi un entrepreneur ne sait pas tout faire et ce n’est pas grave ! En revanche  son boulot est de savoir partager et rechercher les compétences qui lui manquent. Il doit manifester une grand curiosité de l’autre, se mettre à la place de son client. C’est un créatif qui doit savoir changer d’avis, tracer sa route, s’adapter et évidemment connaître et maîtriser les équilibres financiers de sa boîte afin de parvenir à son but : la réussite de son entreprise.

Les bonnes et mauvaises nouvelles. 

L’immense bonne nouvelle :  je m’éclate. Je ne savais pas que j’aimerais autant.

Quant aux mauvaises nouvelles, elles en cachent souvent de bonnes. Je suis indéfectiblement optimiste. Je ne prétends pas ne jamais faire de mauvais choix, parfois le bon n’existe pas, il faut alors choisir avec les cartes que l’on a en mains.  Si entre la peste et le choléra, je retiens le choléra, je me grouille de trouver le vaccin !

L’entrepreneur est libre de réussir comme de se planter, les deux sont intrinsèquement liés. C’est sa responsabilité de vivre avec. L’échec est le sien, à lui de trouver pourquoi.

Pour moi la pire des nouvelles, ma grande peur, serait de basculer dans la mégalomanie, la grosse tête, et de voir le monde avec une vision brouillée.

Le mot de la fin : "Ils ne savaient pas que c’était impossible alors ils l’ont fait". Mark Twain


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