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Décès d’Henri Maldiney

Publié le 10 décembre 2013 par Tchekfou @Vivien_hoch

Nous avons appris hier le décès du poète et phénoménologue (est-ce la même chose ?) Henri Maldiney, à 101 ans. Une grande perte pour le monde de la philosophie, en particlier celui de la phénoménologie et de l’esthétique philosophique. 

img-enseignement

Henri Maldiney est né à Meursault en 1912, a été élevé en Franche-Comté. Une jeunesse plutôt aux prises avec la consistance tragique de l’existence : il fut prisonnier en Allemagne pendant la Seconde Guerre mondiale. C’est à travers son enseignement à l’Institut des Hautes Etudes de Gand puis à l’Université de Lyon qu’il a marqué des générations d’étudiants en psychologie (puis anthropologie phénoménologique), esthétique et philosophie. Il a proposé une réflexion phénoménologique particulièrement originale. Une articulation de la psychiatrie, de la philosophie classique, de l’esthétique, pour mettre en oeuvre une description phénoménologique de l’homme, son plus grand et obsédant « objet » philosophique. Mais c’est d’abord et avant tout le penseur de l’Événement, avec une majuscule.

Attentif aux ressources de la langue commune,  le vocabulaire de Maldiney utilise et se laisse utiliser par les termes de :

Présence, Regard, Parole, Espace, Aîtres,  Transpossibilité, Rencontre, Événement, Crise…

Il est surtout connu pour ses travaux sur la peinture, prolongeant les analysses de Husserl, de Heidegger et surtout de Merleau-Ponty. Mais aussi pour ses travaux sur la folie, qu’il a mené dans son magnifique « Penser l’homme et la folie », aux éditions Millon, en 1991.

À partir d’Heidegger, chez qui il voit un « souci d’un en deçà fondamental qui définit la phénoménologie et justifie sa prétention à être la seule véritable ontologie » (« Chair et verbe dans la philosophie de Merleau Ponty », in Maurice Merleau-Ponty, le psychique et le corporel, Aubier 1988), il force le «pli ontologique» et donne un statut tout à fait spécifique au néant, qu’il place dans le process de l’être à l’étant.

 « […] le fond ni est ni n’est pas ; il n’est ni ceci ni cela. En deçà de l’étant et du néant il a le non-statut du rien mais du rien sans lequel aucun rien (res) ne peut être ni ne pas être. Le fond n’est qu’à exister et l’existant n’est qu’à exister le fond et, pour tout dire, à le fonder. » (« Psychose et présence », p.61)

Exister le fond… Que, du fond d’où il est, Henri Maldiney nous guide encore par ses travaux, qui existeront encore longtemps dans nos existences…

Ressources

- Son blog : http://www.henri-maldiney.org

- Un entretien audio sur l’oeuvre d’Henri Maldiney

- à noter qu’il existe une association des amis d’Henri Maldiney 
 


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