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[Critique] CASSE-TÊTE CHINOIS

Par Onrembobine @OnRembobinefr
[Critique] CASSE-TÊTE CHINOIS

Note: ★★★☆☆

Origine : France
Réalisateur : Cédric Klapisch
Distribution : Romain Duris, Audrey Tautou, Cécile de France, Kelly Reilly, Sandrine Holt, Margaux Mansart, Pablo Mugnier-Jacob, Flore Bonaventura …
Genre : Comédie/Drame/Romance/Suite/Saga
Date de sortie : 4 décembre 2013

Le Pitch :
Xavier a désormais la quarantaine et est père de famille. Pour pouvoir être avec ses enfants, il décide de partir vivre à New York, où emménage Wendy son ex-petite amie, avec son nouveau compagnon. Dans cette joyeuse pagaille, Xavier cherche un travail et un logement pour reconstruire sa vie. Une partie de la troupe est réunie dans cette ville cosmopolite…

La Critique :
Casse-tête chinois porte bien son nom ! La suite de L’Auberge Espagnole et des Poupées Russes est un véritable fouillis, qui ressemble même à certains moments à un grand fourre-tout. Le troisième opus de cette « trilogie » est donc assez inégal. Trilogie, c’est en tout cas ce que Cédric Klapisch a laissé présager, en rappelant que normalement il n’y en aura pas de suite. Loin d’être inintéressant ou de mauvaise qualité, Casse-tête chinois n’en est pas moins un cran au dessous des deux précédents. Et cela pour plusieurs raisons. Tout d’abord, on pensait plus ou moins avoir fait le tour de cette histoire avec les deux premiers volets, tous deux de grande qualité. Les Poupées Russes était déjà complètement différent du premier, et forcément un peu moins bon. Ce dernier proposait une thématique du passage à l’âge adulte élaborée, alors que L’Auberge Espagnole relatait le quotidien bordélique, mais au combien frais et explosif, d’une jeunesse en quête d’aventures et d’identité.

Le souci dans Casse-tête chinois, se pose premièrement au niveau des personnages, qui s’ils restent sympathiques dans leur globalité, virent tout de même parfois à la caricature. Le personnage d’Isabelle incarné par Cécile de France en tête, finissant par lasser à force d’automatismes. Xavier qui approche de la quarantaine, est interprété par un Romain Duris toujours drôle et touchant à la fois. Le plus, c’est la présence de l’actrice Sandrine Holt qui apporte un peu de renouveau et d’authenticité. En somme le casting général reste bon.

Mais alors qu’est-ce qui cloche d’autre ? Et bien cette étrange impression de revoir les mêmes scènes. Et même si l’histoire en joue, les répétitions ne sont pas forcément agréables. On ne peut s’empêcher de ressentir ce manque d’originalité à la vue de schémas qui relèvent du déjà-vu. Encore une fois les clins d’œil sont sympa et pas vraiment étouffants, mais le réchauffé a du mal à passer. On notera également cette sensation quelque peu déplaisante, que le long-métrage ne met en scène que des protagonistes de classe aisée. En effet, on est loin d’une Auberge Espagnole, où s’entremêlaient des personnalités issues de différents milieux, et de différentes cultures. Par ailleurs on a toujours un mélange de nationalités, mais le ressenti est beaucoup moins authentique. Plus précisément comme ci cette thématique de la diversité, pourtant fondatrice de cette œuvre en trois volets, tournait elle aussi de manière automatique. Loin d’approcher réellement une dimension pluri-culturelle sincère, on est davantage dans quelque chose de « convenu ».

Et pourtant malgré tous ces désavantages, Casse-tête chinois est loin d’être un mauvais film. Pourquoi l’aimons-nous malgré tout ? Premièrement car cet humour si particulier qui a fait la force des deux premiers films est toujours présent. On sourit et on rit encore, même si c’est beaucoup moins souvent. L’histoire est soutenue par une mise en scène attrayante et pleine de punch. Le rythme, quant à lui est entraînant, appuyé par une bande son toujours aussi détonante. On ne peut s’empêcher de suivre le touchant Xavier dans son éternel quête de la vie qu’il s’imagine parfaite, dans ses déboires amoureux ou encore dans son métier compliqué d’écrivain. Ce qu’on aime surtout dans ce long-métrage comme dans les deux premiers, c’est cette imperfection dans laquelle on peut se reconnaître, à laquelle on peut s’identifier. De plus et malgré tout, on perçoit tout de même cette vision universaliste, qui fait la force du film et qu’il est bon de ressentir. Ce qu’il est bon d’observer également c’est ce message de tolérance, toujours très présent. Des sujets comme l’homoparentalité ou l’immigration sont abordés avec humour et subtilité. En plein dans son époque, ce gros bordel attendrissant qu’est Casse-tête chinois, se veut fédérateur.

L’image de fin propose un New York cosmopolite représentant une forte pluralité. Au fond c’est ce qu’est viscéralement cette trilogie. On lui pardonnera les répétitions car le message reste louable et le film n’est pas non plus de mauvaise qualité. On oubliera certainement ce troisième opus, contrairement au premier, profondément prodigieux et tout à fait éternel, mais Casse-tête chinois reste un feel good movie appréciable et porteur d’un message fédérateur.
Cédric Klapisch affirme que « la boucle est bouclée ». On l’espère !

@ Audrey Cartier

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Crédits photos : StudioCanal


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