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Jacques Ferrandez – L’étranger (d’Albert Camus)

Par Yvantilleuil

Jacques Ferrandez - L'étrangerAprès avoir adapté l’Hôte, une nouvelle tirée de L’Exil et le Royaume, Jacques Ferrandez s’attaque à une œuvre encore plus célèbre d’Albert Camus : L’Etranger.

Le récit tourne autour d’un personnage pour le moins singulier, auquel il est initialement difficile de s’attacher. Meursault est en effet un jeune homme assez déroutant, qui aborde les évènement de manière trop distante et sans aucune émotion. L’histoire débute lorsqu’il apprend le décès de sa mère, mais il ne pleure pas à l’enterrement et au lieu de porter le deuil, il va se baigner à la plage, rencontre une femme et l’emmène voir un film de Fernandel au cinéma. Plus tard, lorsqu’il est arrêté pour avoir commis un meurtre, la société le jugera surtout pour ne pas avoir pleuré à l’enterrement de sa mère et non pour son véritable crime. L’insensibilité de cet "étranger par rapport à la société où il vit" ne facilite certes pas l’empathie envers le personnage, mais permet à l’auteur de mettre brillamment en scène l’absurde.

Visuellement, les aquarelles restituent à merveille cette Algérie de l’entre-deux-guerres que l’auteur affectionne tant. En dessinant le magasin de chaussures Roig de ses grands-parents, Jacques Ferrandez glisse même un clin d’œil familial au sein de cette Algérie natale dont il retranscrit parfaitement l’ambiance caniculaire. Des paysages ensoleillés à l’atmosphère plus sombre, mais toujours aussi étouffante, de cette cellule de prison, il livre donc également un sans faute au niveau visuel.

Retrouvez cet album dans mon Top du Festival d’Angoulême 2014.

Ils en parlent également : Noukette, Jérôme


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