Magazine Chanson française

Lumineuse Marén Berg ! (Interview)

Publié le 15 décembre 2013 par Melmont

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Si on fait appel à moi, je réponds présente, mais à un certain tournant de ma vie j’ai renoncé une fois pour toutes à être envieuse de ce que je ne peux avoir sur le plan professionnel, à savoir la reconnaissance « du métier » et des médias.
   Je souhaite que ceux et celles qui démarrent dans la musique, mais aussi ceux et celles qui 'traînent' dans la musique, se morfondent dans les regrets, voire l'aigreur, lisent ces propos de la chanteuse Marén Berg. L'interview ci-dessous est passionnante à plus d'un titre : elle nous montre une femme qui chante, heureuse, à sa place, passionnée par ce qu'elle fait, enthousiaste, bref lumineuse. Marén Berg occupe une place à part dans le milieu de la chanson.  Chanteuse de la réconciliation franco-allemande, chanteuse de talent, tout simplement – il faut écouter la très drôle chanson "Musicallemand vôtre"-, interprète de haut niveau, comédienne exigeante, de qualité, elle marque les gens, qui sont fascinés et l'applaudissent partout où elle passe. C'est amplement mérité. Aucune tricherie, aucune esbrouffe de sa part, mais surtout beaucoup d'humanisme, de tendresse. Une femme qui aime la France, qui aime l'Allemagne, fait aimer aux perplexes la langue allemande dont elle met en valeur la beauté. C'est d'ailleurs très troublant la façon dont elle passe avec aisance du français à l'allemand, de l'allemand au français sans que cela choque, au contraire.
   Ce talent, passer d'une langue à l'autre et vice versa, elle semble l'avoir eu très tôt. Il lui fallut une force certaine pour devenir pleinement Elle, qui ne pouvait faire abstraction des relations particulières entre la France et l'Allemagne – par exemple, lors de ses premières apparitions sur une scène parisienne, en 1969,  un Français quitta la salle de façon ostensible, au prétexte qu'elle était allemande... Les choses ont-elles changé ? Oui et non. Oui, parce que de toute façon, tout change. Oui mais voilà, tout change...pour le meilleur et pour le pire, et parfois tout change ...sans vraiment changer...
   Il suffisait de voir le lundi 9 décembre sur France 2, lors de l'émission Mots Croisés animée par Yves Calvi, comment la femme politique socialiste Karine Berger et l'intellectuel Emmanuel Todd se disputaient violemment au sujet de l'Allemagne. L'intellectuel expliquait de façon très convaincue -pour être convaincant ?- que l'Allemagne continuait à se porter de façon dominante, qu'il fallait s'interroger sur ses motivations profondes vis à vis des autres natione européennes, dont la France. Karine Berger s'emportait, lui reprochait un certain manichéisme intolérable. Les médias amplifient les tensions France/Allemagne, mais la société civile elle, actuellement, des deux côtés du Rhin, fait beaucoup d'efforts, Allemands et Français se retrouvent ensemble sur beaucoup de points, et c'est tant mieux ! Certains artistes ont fait beaucoup pour contribuer à cette amélioration : Marén Berg a été à l'avant-garde, incontestablement et ne s'est certainement pas assagie. Heureuse, oui, combattante, toujours ! Contre les malentendus, contre les préjugés.
   L'art contre les préjugés, voilà quelque chose de noble, de beau. De plus, on ne peut certainement pas accuser l'artiste de démagogie ! Je parlais d'exigence tout à l'heure, l'exigence de vérité n'est pas incompatible avec l'idée de création artistique, il suffit de s'intéresser à la pièce RéNAZIstance, créée au printemps 2010, écrite et mise en scène par Christian Bruster où Marén Berg joue le rôle de Lisa Scholl,  qui accourt au 'Tribunal du Peuple' de Munich dans l’espoir de faire muer la sentence de condamnation à mort de ses enfants en peine de prison à vie. Une pièce qui rappelle à certains, certaines que dans l'Allemagne nazie, il y avait aussi des résistants, des hommes et des femmes qui refusaient la politique d'Hitler, qui refusaient le nazisme. Il y avait une autre Allemagne, et il faut la voir, l'entendre, la lire, la connaître, cette autre Allemagne.
   Marén Berg, artiste qui lutte contre les préjugés, les malentendus, mais aussi ne la réduisez pas à cela, c'est déjà beaucoup et en même temps pas assez, il faut prendre la chanteuse en entier, elle est celle qui chante l'amour, l'amitié, femme de scène qui chante les Autres, alors les échanges ci-dessous sont une belle façon de finir l'année 2013. Bonne lecture !

Luc Melmont
1- Marén Berg, merci de nous accorder cette interview, c'est un honneur, je tiens à le dire. Vous êtes chanteuse, auteure, comédienne, de talent, diplomate à votre façon puisque vous réunissez la France et l'Allemagne à travers l'art: oui mais quoi d'autre encore ?
« Pédagogue de la joie » ! C’est comme ça qu’un journaliste m’a appelée et j’ADORE ! Mais en effet, je suis femme, auteur-compositeur-interprète, comédienne et productrice depuis 1988 de tous mes enregistrements et de mes spectacles (une seule fois j’ai eu une subvention de la part de l’ADAMI pour mon CD « OuverTüre » en 1993).
Un autre journaliste a inventé la jolie formule « Allemande par hasard, Française par amour » et moi, j’ai ajouté  « et Européenne par conviction ».  Jacques Chancel, avec lequel j’ai fait plusieurs « Grand Echiquier », m'appelait "la vagabonde", mais moi, je serais plutôt une randonneuse hors des sentiers battus. A la fois dilettante (je ne comprendrai jamais rien au solfège parce que cela ne m'intéresse tout simplement pas....Je sais que ce n'est "pas bien" mais je m’en fiche) et très exigeante, professionnellement parlant  avec moi et les autres. Je n’ai pas fait le conservatoire, j’ai tout appris sur scène et dans quelques stages. Rarement contente de moi après un spectacle, cherchant toujours à faire mieux, mais d'autant plus émue quand le public me fait fête comme à Saint-Maur-des-Fossés le 22 janvier dernier où 300 personnes étaient debout à la fin de mon spectacle! Je n'ai jamais voulu faire autre chose ou mener une autre vie et je suis comblée par celle que j'ai.
2- Je pense qu'on peut dire sans trop se tromper que vous avez contribué, à votre manière, à maintenir un certain attrait pour la chanson francophone, voire la chanson française de l'autre côté du Rhin, à faire en sorte que le public allemand moyen ne réduise pas la chanson à Edith Piaf ou Juliette Gréco, est-ce que quelque chose dont vous avez conscience ? (d'ailleurs, peut-être n'êtes-vous pas d'accord avec moi...)
Oui, vous vous trompez un peu car depuis septembre 1968 je ne suis plus « de l’autre côté du Rhin » sauf pour des tournées dans les années 70 où effectivement, j’ai soigneusement évité de chanter les chansons qu’on me demandait et imposé mon propre style. A la place de Gréco et de Piaf, je proposais Anne Sylvestre, Marie-Paule Belle,  Bernard Lavilliers, Guy Béart, Yves Duteil, Maxime Leforestier, Jacques Serizier….Ensuite, le destin a voulu que je sois nettement plus utile en France pour imaginer le premier 33 Tours « franco-allemand » où toutes les chansons étaient chantées en mélangeant les deux langues dans la même chanson et où j’ai montré au public français ce qui était la « nouvelle chanson allemande ». Ce disque « die Blonde », parut chez AUVIDIS, il y aura 30 ans en janvier 2014 !
C’est seulement en cette année 2013, pour fêter dignement les 50 ans du « Traité de l’Elysée » que j’ai conçu (avec l’aide amicale de Claude Lemesle) un spectacle entier de reprises avec des belles chansons connues par tous aussi bien en France qu’en Allemagne. Ce spectacle « A Paris et à Göttingen »/ Von Paris bis Göttingen a reçu un accueil enthousiaste de la part du public et de la presse et j’en suis HEUREUSE !
3- J'ai cru comprendre que vous vivez en France. En passant de l'allemand au français, du français à l'allemand avec une belle aisance, à la longue comment vous sentez-vous actuellement ? Allemande francisée ou Française germanisée ? (Patricia Kaas par exemple a chanté une sublime chanson Fille de l'est, où elle évoque son rapport à l'Allemagne, c'est quelque chose qui la travaille).
Je me sens BIEN, depuis dix ans j’ai l’impression d’être pleinement moi, « utile, pas futile » à la cause franco-allemande.
4- Comment voyez-vous justement le paysage culturel français ?
Je ne sais pas ce que c’est. Mais j’ai eu beaucoup de plaisir récemment avec le spectacle « Où vont les chevaux quand ils dorment » avec Romain Didier, Yves Jamait et Jean Guidoni. J’ai adoré le film « La Marche » et la pièce « Le Père » avec Robert Hirsch, l’exposition Georges Braque… dont de très beaux paysages…et j’ai été très « motivée » par le concert donné en direct par le groupe ZEBDA sur France-Inter vendredi dernier !
5- Vu depuis la France, personnellement, je trouve le paysage 'chanson' allemand un peu étrange : on pense à Tokyo Hôtel, au Schlager (je pense notamment à tout ce répertoire allemand de Mireille Mathieu), au cabaret brechtien, à Nina Hagen, au côté un peu trop solennel de Ute Lemper, à la Dietrich, comment parvenez-vous à vous maintenir, à garder votre originalité au fil des années dans un tel paysage ?
Pourquoi « étrange » ? Le paysage « chanson » est aussi riche et diversifié en Allemagne qu’en France. Pourquoi ne parlez-vous pas de Herbert Grönemeyer*, de Udo Lindenberg, de Nena, de Wolf Biermann*, de Konstantin Wecker*, d’Ulla Meinecke, d’Annett Louisan, de Bettina Wegner*, de Reinhard Mey*, de Klaus Hoffmann*, de Herman van Veen*, des Groupes PUR, SILBERMOND, Wir sind Helden, Wise Guys etc. etc. etc. (ceux avec étoile ont tous joué au moins une fois à Paris !)
Moi, j’ai toujours été « à part », d’abord parce que dans les années 70, il était très mal vu dans « le métier » de ne pas être ACI/ Liedermacher, mais « seulement (!) » interprète. Par manque de confiance en moi (le français n’étant pas ma langue maternelle !) j’ai écrit ma première chanson pour le texte en 82 et la deuxième avec texte et musique en 92…. Mais mon kiff, c’était et c’est toujours la scène. Et le public s’en fiche finalement pas mal qui a écrit une chanson si elle est belle et si elle lui parle. J’ai commencé dans les MJC et dans les circuits de la F.O.L., toute seule avec ma guitare. Ensuite j’ai coupé mes cheveux et pris deux musiciens pour « die Blonde » qui est le véritable départ de ma « mutation ». François-Régis Barbry m’avait lancé le défi après une interview en 83 : « Toi, qui es parfaitement bilingue maintenant, montre-nous les chansons allemandes d’aujourd’hui, oublie Brecht et Dietrich, on veut savoir ce qui correspond chez vous à ‘la nouvelle chanson française’. Oublie ta petite gloire personnelle, tu peux te mettre au service de quelque chose de plus grand. » Ce que je fis.
Alors, oui, je ne suis pas peu fière d’avoir , au fil des 30 dernières années, démontré – notamment aux enfants et aux jeunes des collèges et lycées de la France entière – que non seulement l’Allemand est une BELLE langue mais que cela peut être AMUSANT de l’apprendre en chantant ! Une demi-douzaine de mes textes ont été repris par des manuels scolaires de la sixième à la terminale…  
6- J'allais vous poser une question idiote : quel public est le plus intéressant pour vous ? Le public français ou le public allemand ? Et finalement, pardonnez- moi mais je vais être plus précis : devant quel public préférez-vous chanter ?
Il n’y a qu’un seul BON public n’importe où dans le monde (j’ai chanté à Madagascar, à Djibouti, à La Réunion, en Ecosse, au Danemark…) : celui qui écoute avec son cœur et pas seulement avec ses oreilles.
7- En fait cette question n'est pas idiote car même si on est en 2013 – le temps file- on sent de temps à autre, vous me direz si je me trompe, des légères tensions, des malentendus entre la France et l'Allemagne, entre les deux sociétés si proches et en même temps si différentes, des tensions peut-être parfois exacerbées par les médias, je pense aux relations strictement cordiales entre François Hollande et Angela Merkel : est-ce que c'est quelque chose que vous ressentez dans la vie de tous les jours, autour de vous, dans vos rapports aux autres, dans votre vie artistique ?
Houlàlà ! Ce ne sont pas des « légères tensions » et ce sont SURTOUT et je dirais même SEULEMENT les médias qui amplifient tout ce qui peut être anti-allemand. Croyez-moi, il y a encore du boulot !  J’ai lu « Ce ne seront pas les boches qui feront la loi » dans le CANARD ENCHAINE au printemps 2012 (à propos de « Merkozy » !). Hier, gros titre dans un journal gratuit du métro : « Comment les nazis ont gagné de l’argent avec « l’art dégénéré » etc. etc. Ca ne s’arrête jamais et j’ai mal chaque fois…
Heureusement, notamment par le travail de fourmis des milliers de femmes et d’hommes dans nos deux pays, grâce à la « société CIVILE » et aux jumelages entre les villes, jeunes et vieux se retrouvent de plus en plus souvent ensemble, se parlent, font du sport ensemble, fêtent ensemble, chantent ensemble…. C’est là, avec des spectacles fédérateurs, qu’est ma place. J’ai écrit une chanson qui s’appelle « Music@llemand vôtre » (pour faire écho à la série « Amicalement vôtre ») où j’épingle avec humour TOUS les préjugés de beaucoup de français (ou, on va dire, plus gentiment, de « certains Français »)
Oui, les Allemands sont comme vous et moi
Il y a des bosseurs et des fêtards
Ceux qui détestent la bière
Et les châteaux de Bavière,
La choucroute (qui est alsacienne !!)
Et les tartes à la crème.
Je vous apprendrai quelques nuances :
Il y a des palmiers au Lac de Constance !
Les mômes l’ont adoré, les profs aussi  et l’ on peut la télécharger gratuitement depuis mon site www.marenberg.com.
Une fois je me suis vraiment fâchée parce que dans un jeu célèbre sur France Inter AUCUN des candidats ni des personnes présentes dans le public n’a été capable de répondre – en 2004 dans la capitale de la France ! – à la question « Qui était l’auteur de l’attentat du 20 juillet 1944 contre Hitler, attentat qui a malheureusement échoué ». Je n’ai pas voulu en croire mes oreilles, quand, en plus, le présentateur a même ajouté qu’il s’agissait d’un officier issu d’une des grandes familles allemandes de l’époque… à savoir : Claus von Stauffenberg, visiblement inconnu au bataillon ! A la trappe, la Résistance allemande ! À croire qu’il n’y a jamais eu QUE la Résistance française… J’étais tellement en colère qu’il en a résulté le montage/collage du spectacle « Die weisse Rose/ la rose blanche » en 2005 que j’ai tourné avec un comédien français, Arnaud Beunaiche. Mais ce n’était que l’ébauche de la pièce que Christian BRUSTER a écrit pour moi en 2010 : « RéNAZIstance ». J’y joue la mère de Hans et Sophie Scholl et c’est chaque fois la même émotion pour moi de rendre hommage à ces deux jeunes étudiants qui ont été guillotinés à l’âge de 21 et 23 ans.

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8- Quand on voit vos spectacles, quand on voit les applaudissements chaleureux, on comprend que la scène c'est vital pour vous. Je déplore que les médias ne parlent pas davantage de vous, quels sont vos rapports avec les médias  justement? Avec le show-biz de façon générale ?
Aucun rapport. Si on fait appel à moi, je réponds présente, mais à un certain tournant de ma vie j’ai renoncé une fois pour toutes à être envieuse de ce que je ne peux avoir sur le plan professionnel, à savoir la reconnaissance « du métier » et des médias.
9- Est-ce que votre rencontre avec la grande chanteuse Anne Sylvestre au milieu des années 70 a été déterminante dans votre parcours artistique ? (vous avez fait de sublimes reprises de certaines de ses chansons)
Oui, ma rencontre avec Anne a été très importante. Le spectacle où elle partageait la vedette avec Jean-Pierre Ferland à Bobino en 1969 était le tout premier spectacle de chansons que je voyais à Paris. J’étais loin encore de tout comprendre de ses textes, mais sa présence sur scène, son jeu de guitare, sa voix, tout en elle me fascinait. Ensuite j’ai carrément étudié ses textes comme à l’école…Trois ans plus tard je faisais le pied de grue devant sa loge pour obtenir un rendez-vous – et une semaine plus tard je lui chantais mes chansons à la guitare dans sa cuisine. C’est elle qui m’a proposé de prendre sa place dans un spectacle pour enfant « Le soleil, la lune et les étoiles » qu’elle avait écrit pour la nouvelle Maison de la Culture d’Orléans. C’était en 1974. Le succès fut tel qu’elle sortit mon tout premier « 45 Tours double » et m’écrivit (rien que pour MOI !) l’histoire « Le secret d’Anatole » en plus d’une très belle chanson faite sur mesure « Les petits points entre les couleurs ».
J’ai tourné pendant cinq ou six ans avec ce répertoire, avec un grand plaisir car faire un spectacle de qualité pour les enfants (couronné en plus du « Prix Loisir Jeunes ») était tout à fait nouveau et enrichissant pour moi. Hélas, même si je continuais évidemment à tourner pour les adultes dans les deux pays, en France je devenais de plus en plus « la chanteuse pour enfants » - on m’avait collé une étiquette et collé dans un tiroir et pour certains je n’en suis jamais sortie…. J’ai dû refuser pendant une année sabbatique – pendant laquelle je préparais « die Blonde » - toutes les propositions de spectacles pour enfants pour qu’on cesse de m’en proposer. Car j’avais envie d’autre chose.
10- Quels sont les chanteurs, chanteuses, écrivains, écrivaines, etc. qui vous marquent ou vous ont marqué, pas forcément en terme d'influence d'ailleurs... ?
Bach, Schütz, Mozart, Brecht, Tucholsky, Kästner, Zweig, Anouilh, Pennac, Dickens, Baez, Dylan, Beatles, Simon + Garfunkel, Barbara, Gréco, Streisand, Montand, Hildegard Knef, Manfred Krug, Trenet, Perret, Brassens, Biermann, Wecker, Gianmaria Testa… 
11- Votre production discographique est conséquente, comment travaillez-vous ? Avec un label, de façon indépendante ?
De façon totalement indépendante, je m’occupe de tout.
12- Que pensez-vous justement d'internet comme nouveau média qualifié de média incontournable ?
Pratique pour éviter les  « fôtes » d’orthographe…Très bien d’avoir un site – que j’ai conçu et que je gère seule ! -  ça permet à n’importe qui connaîtrait mon nom de se tenir informé de mon travail. Par contre, pas question une seule minute d’aller sur « face de bouc » ou autre réseau !
13-...Et où en êtes-vous dans vos projets ?
Depuis deux ans je ne suis plus ‘intermittente’ mais pleinement « auto-entrepreneuse » et j’ai conçu et produit mes deux nouveaux spectacles « Jazz-Swing et chansons » ainsi que « A Paris et à Göttingen », tous deux également chers à mon cœur. Des extraits sont visibles sur mon site. Je souhaite les montrer partout. Parallèlement  j’ai toujours les deux pièces sur la Résistance allemande et sur le Mur de Berlin à proposer.
Pour moi, la construction du MUR a été quelque chose de totalement monstrueux et injuste. Nous vivions tous à Berlin-Ouest. Ma mère était médecin et si elle avait été au chevet d’un de ses patients vivants à Berlin-Est cette nuit funeste du 13 août 1961, elle aurait disparu pour nous pendant 28 ans… En 1990, pour célébrer le premier anniversaire de la chute du Mur, le théâtre d’Agen me commanda un spectacle que j’ai appelé avec un jeu de mots franco-allemand « OuverTüre » - la porte (de Brandebourg) qui s’ouvre enfin. J’avais imaginé la rencontre, dans une discothèque de Berlin-Est, d’une chanteuse avec un danseur (Christian Bruster, danseur, chanteur, scénariste). C’était un spectacle complet avec décor, musiciens, danseur et chanteuse – pour moi une grande première. En 2009, pour les 20 ans de la chute du Mur, Christian Bruster m’a écrit « Mon Mur à moi/ Die Mauer und ich » en partant, certes, de mes « mémoires » mais en m’inventant (idée géniale) une sœur jumelle qui, elle, est complètement endoctrinée par le communisme. C’est la première fois que je joue un double rôle avec beaucoup de changements de costumes, accessoires, chansons, et avec le support d’une vidéo qui vient souligner la fiction grâce à des documents historiques. J’aime beaucoup cette rencontre entre la grande histoire et la petite.

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14- Une question de base sur ce site, la fameuse question à laquelle aucun(e) artiste n'échappe, sans doute même LA question : quel est votre plat préféré ?
Pas la choucroute (qui est alsacienne !) mais – un bon grand plateau de fruits de mer.
Merci!
Luc Melmont
Site officiel de Marén Berg : www.marenberg.com

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Tous renseignements sur

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Music@llemand vôtre
Paroles : Marén Berg *
Musique/arrangement : Frédéric Deguilhem/Christian Bruster
Pour faire plaisir à vos chers parents
Vous allez peut-être choisir l’allemand
Malgré tous les préjugés
Et les éternels clichés
Qu’on retrouve au moins une fois
Par jour dans les médias.
La sonnerie vient juste de retentir
Et la prof est là, tout sourire
Elle vous lance un joyeux « Guten Tag ! 
J’espère que vous êtes bien tous d’attaque
Car l’allemand n’est pas rasant
Ca peut  même être amusant
A condition de bosser et de laisser tomber
Les Boches et les Chleus et tout le reste
Tout ce p’tit folklore si indigeste ! «
Tout, tout, tout, tout
J’vous dirai tout
Vous saurez tout, tout à fait tout sur l’allemand
Le pétillant, le percutant
L’académique et l’argotique
Le littéraire qui prend des airs,
Le passe-partout, le suisse-coucou,
Tout, tout, tout, tout, tout, tout, tout, tout, tout, tout, tout, tout !
Ma langue maternelle est vraiment belle
Gouleyante comme le vin de Moselle
Logique comme un Légo
Parfumée comme un gâteau
Si vous vous donnez la peine
De lâcher la rengaine
Du grand blond et ses cheveux en brosse
Avec sa Merzedes comme carrosse.
Oui, les Allemands sont comme vous et moi
Il y a des bosseurs et des fêtards
Ceux qui détestent la bière
Et les châteaux de Bavière,
La choucroute (qui est alsacienne !!)
Et les tartes à la crème.
Je vous apprendrai quelques nuances :
Il y a des palmiers au Lac de Constance !
Tout, tout, tout, tout….
Si on prononce les noms comme il faut
C’est plus juste et puis c’est plus beau
Ne me dites plus « Schoumackair »,
Beethoven, Mosaaar, Wagnair,
Adenoeur,
Et même Clodia Schifför !
Si vous accentuez à la française
Elle ne peut pas prendre, la mayonnaise…
Or vous aimez les menus plaisirs
Venez donc avec moi découvrir
Toutes les spécialités
Du pays des contes de fée :
Forêt Noire et Pain d’épice
Goûtez, c’est un délice !
Tous nos pains valent vraiment le voyage
Et méritent  vos trois cent vingt fromages…
Tout, tout, tout, tout…
Pour faire taire toutes les langues de vipère
Qui prétendent que la mienne est trop « schwer »
Je réponds sans langue de bois :
N’en faites pas un chemin de croix !
Si elle était gutturale
Au lieu d’être musicale
Mozart eût écrit (non, je rigole !)
« La flûte enchantée » en espagnole….
Remerciez donc plutôt vos parents
D’avoir choisi pour vous l’allemand
Imaginez ma chanson en russe !...Da !
Trop tard – ça sonne. Salut et tschüss !
* avec l’aimable coopération d’Arnaud Beunaiche

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