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Le nouvel apartheid

Publié le 15 décembre 2013 par Wtfru @romain_wtfru

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 A l’heure où la planète entière a rendu hommage à l’homme-icône qui fit de sa vie un combat permanent contre la discrimination en tous genres, François Hollande fait un pit-stop en République Centrafricaine pour affirmer que le néocolonialisme français est toujours d’actualité. Une étape « coup de poing » qu’aurait pu faire Benyamin Netanyahou en Palestine ; mais après avoir salué la disparition d’un « dirigeant moral de premier ordre »,  le dirigeant israélien a décidé de ne pas se rendre aux obsèques de Nelson Mandela en raison du coût du voyage. Pris de remords, Bibi s’est-il souvenu que son gouvernement a entretenu de fortes relations économiques avec le gouvernement blanc d’Afrique du Sud ? Les français auraient autant de scrupules à avoir car eux mêmes ont continué à vendre des armes pendant l’apartheid, mais rien à foutre, ils se sont déplacés à deux : l’un pour affirmer sa position en tant que président de la France, l’autre pour préparer la prochaine élection. Nelson Mandela est mort, mais l’apartheid est bel et bien vivant, sous d’autres formes certes, mais toujours présent.

Le discours de Barack Obama a condamné de manière relativement sévère les personnes présentes le jour de cette commémoration qui ne respectent pas, au cœur même de leurs pays respectifs, leurs minorités. Aurait-il pointé le leader israélien si celui-ci avait été présent ? Madiba avait affirmé le 4 décembre 1997 que « notre liberté est incomplète sans la liberté des palestiniens ». L’apartheid est une couleuvre-caméléon qui se glisserait partout, sous plusieurs formes en attaquant les plus faibles d’entre nous. « [Il] prend des formes diverses héritées de la domination d’un groupe sur un autre ou sur plusieurs autres et aboutit à l’exclusion, la marginalisation, voire l’expulsion » nous explique Michel Bôle-Richard, ancien journaliste au Monde et correspondant en Afrique du Sud et en Israël. Il renchérit avec : « l’apartheid n’est pas seulement le produit de l’occupation, il est le corollaire de la colonisation et de la volonté de se débarrasser d’un groupe de population en le cantonnant dans des endroits spécifiques ou des bantoustans afin de faire de la place à un autre groupe ».

La définition que fait l’ONU de l’apartheid dans sa résolution 3068 de 1973 est on ne peut plus explicite décidant que : « le crime d’apartheid désigne les actes inhumains commis en vue d’instituer ou d’entretenir la domination d’un groupe racial d’être humains sur n’importe quel autre groupe racial d’êtres humains et d’opprimer systématiquement celui-ci ».

Rien ne justifie aujourd’hui les crimes, les blocus économiques, les colonisations sauvages commises contre les minorités lesquelles sont aujourd’hui en danger et ce, quelle que soit l’origine ou la source du conflit. L’apartheid a été vaincu en Afrique du Sud, mais ce dernier vit aujourd’hui des heures glorieuses sur d’autres parties de notre planète. 


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