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La première guerre de Charles de Gaulle, par Frédérique Neau-Dufour

Par Mpbernet

15 décembre 2013

La critique de Claude :

guerre cdg

Frédérique Neau-Dufour, Commissaire de l'exposition du Mémorial de Colombey - Les deux Églises et auteur, notamment, d'un très bon livre sur Yvonne de Gaulle, nous livre un passionnant ouvrage sur Charles de Gaulle dans la guerre de 14-18.

Elle dispose d'un fonds d'archives exceptionnel : les Notes et carnets, et aussi l'abondante correspondance des parents très aimants de Charles de Gaulle avec leurs 4 fils, tous combattants. L'auteur essaie de comprendre comment la désastreuse première guerre à influé sur la formation du futur chef presque incontesté des Français.

On est sidéré par la découverte que fait Charles de la nullité - il n'y a pas d'autre mot - de l'encadrement supérieur.

On connaît le désastre de Charleroi, en août 14 : le 33 ème régiment d'infanterie, auquel le Lieutenant de Gaulle est affecté, avance à tâtons, sans renseignements sur l'ennemi, sans coordination avec l'artillerie. Aucune leçon n'a été tirée de la Guerre de 70 !

Après le rétablissement in extremis sur la Marne, qui tient plus à une faute de l'Etat-major allemand qu'au talent français, les armées s'enterrent dans les tranchées, tentant de forcer la décision par la bataille de rupture tous les 6 mois.

Dans son passionnant livre, Gagner la Grande Guerre, François Cailleteau explique la vanité de ces efforts. Il montre aussi que jusqu'en 1915 les pertes franco-britanniques ont été le double des pertes allemandes. Le Lt de Gaulle mesure la négligence de tous ceux qui ne sont pas dans la tranchée : Etats-majors, services du matériel et de l'intelligence...

Une révélation de ce livre : Verdun n'a pas été choisie par les Allemands comme point d'impact de l'offensive pour sa seule position géographique mais aussi pour les trous béants de ses éléments défensifs (réseaux de tranchées, artillerie), alors même que le saillant allemand de St Mihiel faisait courir un danger aux Français.

Après l'enfer, le grand lieutenant va connaître le désespoir de la captivité ; blessé deux fois, il s'évade cinq fois, mais est toujours repris - comment une telle silhouette aurait elle pu passer inaperçue ? - mon beau père, petit homme râblé, s'est évadé trois fois entre 41 et 42, et la troisième fut la bonne.

De Gaulle réfléchira beaucoup en offlag, mais il aura toujours le regret de l'inaction.

La première guerre de Charles de Gaulle, ouvrage historique de Frédérique Neau-Dufour, chez Tallandier, 379 p., 20,90€


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