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Roman d’une garde robe : aux origines de la "Parisienne"

Publié le 15 décembre 2013 par Polinacide @polinacide

"Parisienne". Un siècle avant le mythe, imaginez-vous pousser la porte de l’une des boutiques les plus luxueuses de Paris et vous laisser entrainer dans le rythme endiablé des fashionistas des années 30. C’est ce que propose l’exposition Roman d’une garde robe au Musée Carnavalet, à travers les yeux d’Alice Alleaume, première vendeuse de la célèbre maison de couture Chéruit de 1912 à 1923. Jusqu’au 16 mars 2014, célébration d’une élégance qui se fait rare de nos jours.

"Rue de la paix. Ces quatre mots qui sont une devise." Sem, Le Vrai et le Faux Chic.

Walkyrie, Brunehilde, Vestale ou encore Idole. Autant de robes griffées Chéruit, Worth et Lanvin, hypnotisantes et révélatrices d’un temps où les femmes n’avaient pas peur de revendiquer leur féminité. Vestimentairement et pas seulement. Temple du luxe, la place Vendôme vouait un culte à leurs courbes sensuelles, apologie d’une séduction à toute épreuve. Le paroxysme d’un style intemporel en somme. Si le sujet peut paraître cliché, l’exposition parvient à se distinguer et remonte jusqu’aux origines du mythe de "la Parisienne", en contant délicatement l’ascension d’Alice Alleaume dans le monde de la couture, via des archives familiales, lettres, cartes de vente et manuscrits.

"Vous qui êtes je crois très "lancée" dans la couture et les bals…" Suzanne Collin à Alice Alleaume, 2 décembre 1900.

Robe du soir « Sèvres », 1934-1935.
Illustration originale à la gouache, extraite de l’album Collection 1934-1935, réalisée dans les ateliers Jeanne Lanvin.
© Patrimoine Lanvin

Charmeuse, cristalline, benjamine, duvetine, éblouissante et satin des fées : jusque dans le choix des appellations, cette "élégante" manifeste un goût vestimentaire très sûr, non dépourvu d’originalité. Cliente des plus grandes modistes, son style se modernise avec le temps en révélant la virtuosité des couturiers de l’époque. Sans que le "chic" ne prenne une ride, en témoigne la fameuse robe "Vestale" en satin signée Jeanne Lanvin, incarnation du classicisme en matière de mode. Plus qu’une virée dans le Paris des années folles, cette collection de 400 pièces exceptionnelles remonte à la genèse de cette "Parisienne" que le monde entier envie aujourd’hui. Un rendez-vous incontournable qui ravira tous les passionnés de mode et d’esthétisme.

Retraçant l’évolution d’un style iconique, le spectre d’Alice questionne en filigranne l’image réelle qu’en renvoient les femmes actuelles. Allure, démarche ou raffinement inné : si le "chic" semble aussi dur à définir, c’est parce qu’il échappe au plus grand nombre, tant sa subtilité semble propre à chaque individu. Si être une femme est un art, Roman d’une garde robeen projette une inspiration sincère. 


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