Superman est mort, Metropolis pleure
et honore son héros, mais le malaise s'installe lorsqu'il s'avère que le corps
du kryptonien n'est plus là où il devrait être. La question est : quelqu'un est
parvenu à dérober la dépouille, ou Superman est-il revenu d'entre les ombres,
sans que personne ne le sache? La tension et la confusion sont destinées à être
alimenté par l'apparition de "remplaçants", de nouveaux Supermen, qui
sont peut être des supercheries, mais peut être également ... le vrai, dans une
version 2.0 remaniée et corrigée, après l'incroyable épreuve vécue des mains de
Doomsday. Ainsi débarque une version cyborg de notre héros, mi kryptonien mi
machine, puis une version adolescente de Superman, particulièrement allergique
au surnom de Superboy (c'est en fait un clone obtenu en laboratoire, chez
Cadmus), mais encore un Superman à grosses lunettes et au méthodes plus
musclées (voire ultra violentes) , qui parvient à toucher le coeur et les
doutes de Loïs Lane. Pour finir, John Henry Irons met à profit ses talents
d'inventeur et de forgeron pour se confectionner une armure en métal (Steel) et
rendre un hommage vibrant, teinté d'héroïsme old-school, à celui qui l'a
tant inspiré. Metropolis n'a plus de sauveur attitré, mais se retrouve avec une
bande d'imitateurs inconscients, qui finissent par devenir un problème, plus
qu'une ressource.
Voici donc
le second tome de la longue saga de la Mort de Superman. Cette fois bien
mieux traduit que la version Omnibus de Panini (Geneviève Coulomb fut une
traductrice versée dans les dialogues à la Audiard, mais totalement dépassée
par le langage moderne des comic-books), nous abordons la partie dite du règne
des Supermen, c'est à dire la transition entre les funérailles et le vrai
retour de Superman, lorsque plusieurs copies briguent le titre de champion de
Metropolis et que le public s'interroge sur qui est le vrai. Nous y trouvons
aussi un discours sur le pouvoir des médias, chacun des grands groupes
télévisuels de Metropolis désirant contrôler et s'approprier un des Superman
(Lex Luthor en tête) pour ses propres ambitions. Plusieurs scénaristes et
dessinateurs s'alternent dans cette longue sarabande artistique, pas toujours
de très bon goût (les dessins de Bogdanove sont brouillons, l'histoire tend à
devenir cacophonique au fur et à mesure que nous progressons dans le récit)
mais qui culminera lorsque ce sera l'heure de Mongul, débarquant sur notre
planète, sous les ordres de l'un des Supermen de substitution, pour atomiser
Coast City. Ce sera aussi le moment du véritable retour de Superman, qui aura
pris le soin, entre temps, de se faire pousser une belle tignasse pour mieux
s'approprier les codes esthétiques des années 90, où la violence et une attitude
radicale étaient une condition sine qua non pour conserver une place de
choix dans le coeur des lecteurs, sérieusement mis à l'épreuve pas les héros
Image et la testostérone coulant à flots. La Mort de Superman, c'est
aussi et surtout la Mort d'une époque, qui elle n'a pas eu droit à une
résurrection, depuis.
