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Le thermomètre s’emballe-t-il trop vite ?

Publié le 22 décembre 2013 par Polinacide @polinacide

Fonte des glaciers, dérives du Gulf Stream ou encore désertification : pas un seul jour ne passe sans que les médias ne fassent écho d’une énième catastrophe naturelle. A l’heure où l’origine humaine du réchauffement climatique paraît plus qu’évidente, Joël Cambre a choisi de mener sa propre enquête pour découvrir une science bien plus incertaine de ses résultats qu’elle ne laisserait le supposer.

© Alan Wilson

© Alan Wilson

Alors que les prévisions du GIEC annoncent une augmentation de la température comprise entre 1,6 et 6°C, comment expliquer l’incertitude persistante sur le changement climatique ?

Un grand nombre des prévisions du GIEC reste encore imprécis, à commencer par la mesure des températures, souvent faussée par l’effet de chaleur urbain. Un audit réalisé en 2007 par le météorologue Antony Watts a même montré que 91% des stations de type 3,4 et 5 étaient inaptes à évaluer les variations de température de l’ordre de celles qui sont en débat pour le réchauffement climatique. Par ailleurs, les océans ne sont couverts que par très peu de bouées météo alors qu’ils représentent 71% de la superficie du globe. Pas de quoi conforter les certitudes en somme. Peu de gens le savent, mais il existe un phénomène de saturation des rejets de CO2 dans l’atmosphère, dû simplement à la loi physique régissant l’effet de serre. C’est pourquoi la courbe des températures globales de la planète n’a pas augmenté de façon significative depuis 16 ans (et ce malgré la hausse de taux de CO2 ), alors que l’écart ne cesse de se creuser entre les observations mesurées et les projections de modèles climatiques du GIEC.

Ne peut-on pas préciser davantage la part de responsabilité de l’activité humaine dans l’augmentation des gaz à effet de serre ?

A ce jour, l’eau reste de très loin le plus puissant agent à effet de serre, à hauteur de 72% selon les propres chiffres du GIEC. D’après la NASA, la nature produirait elle même annuellement plus de 97% de CO2 contenu dans l’atmosphère, ce qui rend l’Homme responsable des 3% restants. La moitié de cette part étant rapidement absorbée par le sol, les océans et les plantes, l’origine anthropique ne s’élèverait donc plus qu’à 1,5%.

Sachant que le CO2 compte pour 22% de l’effet de serre global, le rôle de l’homme via ce gaz serait de 1,5% de 22%, soit 0,33%. Autrement dit, très, très peu. Pourtant, ce sont ces 0,33% qui représenteraient selon le GIEC la goutte d’eau qui aurait fait déborder le vase, année après année, avec le renfort décisif de la vapeur d’eau qui, avec son rôle d’accélérateur, expliquerait le réchauffement de +0,74°C observé pour la période 1906–2005. Si le débat fait rage entre les spécialistes, en l’étatactuel de la science aucune preuve n’a démontré la part de la responsabilité humaine dans le forçage climatique. Nos rejets sont mesurables, mais pas leur impact.

"Cet alarmisme climatique actuel résulte de nombreux amalgames entre les ravages de la pollution (où la responsabilité humaine n’est plus à démontrer) et le réchauffement."

5-7-largePourquoi vous être lancé dans cette enquête sur l’origine anthropique du réchauffement climatique ?

C’est en 2007 que j’ai commencé à m’intéresser au problème, suite à une question posée par un internaute sur un forum d’astronomie amateur, qui portait sur le rôle indirect (via les rayons cosmiques formateurs de nuages) du soleil dans le climat. A l’époque, j’étais intimement persuadé que l’homme était à l’origine du réchauffement climatique du XXe siècle, mais l’absence étonnante de preuves et la foule d’à-peu-près qui entouraient cette science m’ont profondément stupéfié. Sans parler des manipulations pures et simples, qui débouchèrent notamment sur le scandale de la fameuse courbe des températures globales depuis 2000 ans. En forme de crosse de hockey, elle gommait la période chaude du Moyen Age et le petit âge glaciaire qui l’a suivi, deux épisodes climatiques pourtant bien établis. Enfin, l’affaire des mails piratés du CRU en 2009 (un organisme britannique travaillant pour le GIEC) m’a porté le coup de grâce ; j’ai donc décidé de montrer le résultat de mon travail sur une présentation Powerpoint pour ensuite en faire un livre.

A l’instar de “l’indicateur de sensibilité climatique”, certaines questions souvent méconnues du grand public sont pourtant cruciales dans ce débat…

Cet indicateur sert à prédire ce qui arriverait à la surface de la Terre si son taux de CO2 était amené à doubler. La réponse à cette perturbation s’appelle la rétroaction climatique, qui va soit amplifier soit amortir le phénomène pour retrouver ensuite un certain équilibre. C’est tout l’objet du débat actuel, confrontant les théoriciens de l’emballement climatique avec les “sceptiques”. A l’instar de Richard Lindzen (l’inventeur de l’effet iris), ces derniers pensent que le surplus de vapeur d’eau provoqué par la chaleur amènerait plus de nuages et notamment de nuages bas, dont l’action de refroidissement sur les températures a déjà été observée. Si les estimations prédisent +3°C en cas de doublement du taux de CO2, bien des climatologues expérimentés sont en désaccord sur cette valeur et le GIEC lui-même n’y attribue qu’un degré de confiance “probable”. Etonnant lorsque l’on sait qu’un tel rapport pourrait remettre en question l’existence même de l’organisme onusien qui l’a produit ! J’y vois un grand conflit d’intérêt et je ne suis pas le seul. Serait-il juge et partie ?

L’évidence d’un dérèglement du climat semble pourtant inévitable. Peut-on à ce jour en mesurer les conséquences ?

Le climat ne se dérègle pas à notre époque plus qu’à d’autres et le fait que les médias assènent cette idée reçue n’en fait pas une vérité pour autant. Par exemple, lors du terrible hiver de 1709, le thermomètre était resté bloqué pendant deux mois à -18°C en région bordelaise et les Parisiens pouvaient traverser la Seine gelée en carrosse. Sans oublier qu’il y a à peine quarante ans nous avions peur d’un grand refroidissement… Quant à la fonte des glaciers, leur recul incontestable et incontesté tiendrait plus à un défaut de pluviosité qu’aux évolutions des températures globales : la décroissance a même commencé vers 1830, avant l’utilisation massive des énergies fossiles et ne s’est pas accélérée malgré l’intensification des rejets de CO2. D’ailleurs, si le Pôle nord voit sa surface diminuer, c’est l’inverse pour le Pôle sud. Cet alarmisme climatique actuel résulte de nombreux amalgames entre les ravages de la pollution (où la responsabilité humaine n’est plus à démontrer) et le réchauffement. Il serait bon, comme l’a déclaré Judith Curry, que les études sur le climat ne soient plus la victime d’une “boucle de rétroaction positive particulièrement toxique entre la science climatique et la politique ”.


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