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[Critique] BLOODY SUNDAY

Par Onrembobine @OnRembobinefr
[Critique] BLOODY SUNDAY

Titre original : Bloody Sunday

Note:

★
★
★
★
½

Origine : Irlande/Angleterre
Réalisateur : Paul Greengrass
Distribution : James Nesbitt, Allan Gildea, Gérard Crossan, Mary Moulds, Carmel McCallion, Tim Pigott-Smith, Nicholas Farrell…
Genre : Drame
Date de sortie : 30 octobre 2002

Le Pitch :
Ivan Cooper, un homme politique idéaliste d’Irlande du Nord, décide d’organiser une manifestation pacifique pour lutter contre les inégalités entre les communautés dans la ville de Derry. Celle-ci sera le lieu d’un incident sanglant…


La Critique :
Le Bloody Sunday est un événement majeur de l’histoire contemporaine de l’Irlande. Cette manifestation pacifique transformée en massacre par les forces spéciales britanniques a changé la face du conflit nord irlandais. Il s’agit aussi d’un point de tension entre les deux pays et du sujet de nombres d’œuvres d’art, du cinéma à la musique en passant par les graffitis.

Le film éponyme de Paul « Jason Bourne » Greengrass est donc une reconstitution fidèle de cet incident. Il est important de noter qu’à l’origine, il s’agit d’un téléfilm réalisé pour la télévision irlandaise. Néanmoins, vous vous doutez bien qu’avec un tel réalisateur, on ne s’en rend pas compte. On retrouve tout ce qui fait la renommée de Greengrass, un côté terre-à-terre implacable et la fameuse caméra à l’épaule. Ici, comme le sujet est historique, on a l’impression de regarder un docu-fiction, laissant peu de place à l’invention ou la fantaisie, vu la gravité du propos. Il est en effet difficile de traiter de ce genre d’événement, il s’agit d’ailleurs du seul film qui a abordé cet incident à ma connaissance. Car au delà des morts que l’armée britannique à laissé derrière elle, il marque le début d’une escalade vers la violence qui va plonger l’Irlande du Nord dans des années de plomb. En ce sens, la mise en scène sobre permet de coller à merveille à la réalité, en la suivant chronologiquement, sans répit, comme une marche à la mort. La quasi absence de musique rend l’immersion encore plus forte et ne nous laisse aucun échappatoire.

Le casting est, à l’exception notable de James Nesbitt, inconnu au bataillon. Cela n’empêche pas tout le monde de faire du très bon travail en délivrant de belles performances. On suit le parcours de quelques personnages, jeunes militants qui vont se heurter au drame, d’autant plus violemment que celui-ci est inattendu. James Nesbitt, d’ailleurs incarne une figure de la lutte pour les droits civiques
des catholiques nord irlandais, Ivan Cooper qui sera un artisan majeur de ce combat politique, qu’il a toujours souhaité non violent.

Le scénario est très juste, et nous montre que certains manifestants extrémistes (membres de l’IRA) étaient armés, mais que les personnes tuées ne l’étaient pas. Le personnage de Cooper est assez contrasté et n’est en aucun cas idéalisé. Le final est particulièrement sombre, montrant une file d’attente de jeunes gens souhaitant rejoindre l’IRA pour venger la mort des manifestants… D’ailleurs le film montre bien cette hésitation de la jeunesse entre pacifisme et action violente pour faire avancer leur cause.

L’âpreté de la situation est rendue par une photographie très terne, qui nous permet de découvrir les taudis des quartiers catholiques de Derry, le Bogside.

En conclusion, il s’agit d’un film définitif sur un sujet qu’il ne faut pas rendre tabou et qui doit être mis en lumière pour bien comprendre la situation en Irlande du Nord.

@ Sacha Lopez

bloody-sunday-2002


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