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Quand l'auteure de "Frankenstein" laisse deviner ses zones d'ombre...

Publié le 24 décembre 2013 par Fousdetheatre.com @FousdeTheatre

A la Folie Théâtre, établissement du 11ème arrondissement à la programmation toujours judicieuse, Frédéric Gray et Christelle Maldague s'emparent d'un texte de Thierry Debroux mettant en scène la romancière du XIXème, qui publia "Frankenstein" en 1818, confrontée à un mystérieux interlocuteur désireux de savoir comment elle en vint à imaginer la célèbre créature. Une partition honnête mêlant plutôt habilement éléments biographiques et (science) fiction, même si des dialogues plus intenses, prenants, et oppressants n'auraient pas nui à ce spectacle de qualité, à découvrir jusqu'au mois de mars prochain.

1830. Répondant à l'invitation d'un certain Lazzaro Spallanzani, Mary Shelley revient au château dans lequel quinze ans plus tôt, au cours d'un soirée littéraire entre amis, l'idée du monstre naquit. Rapidement, la curiosité de son hôte va tourner à l'interrogatoire, contraignant l'écrivain à se raconter bien plus qu'elle n'aurait voulu. Et à mesure que nous avancerons dans l'échange, Spallanzani dévoilera un visage inattendu, un personnage glaçant, une identité expliquant son intérêt profond pour la bête humaine.

Donné au coeur d'un espace simplement mais soigneusement structuré par No Art, évoquant un endroit quelque part entre le manoir et le labo d'un savant fou, aux éclairages et à la bande son aussi léchés, ce huis-clos révélant la vie difficile de Shelley (qui perdit sa mère à onze jours, trois de ses quatre enfants en bas âge, et son mari noyé au cours d'une tempête), ce face à face qui traite de la porosité du vécu des écrivains avec leurs écrits, revisite le mythe tout en nous questionnant (rapidement) sur la science et la déontologie qu'il conviendrait d'appliquer dans sa pratique, trouve ici un écrin parfait et des interprètes convaincus, en passe d'être totalement convaincants.  C'est en effet encore un peu jeune du côté du jeu, mais les intentions sont bonnes, et l'assurance, qui ne tardera pas à arriver, devrait permettre à Frédéric Gray de parfaire sa composition déjà puissante d'un être complexe, torturé, effrayant, bouleversant, et à la sensible Christelle Maldague de gommer une ou deux maladresses nous empêchant d'adhérer complètement à sa proposition.

Pourquoi pas.

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Photos : DR


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