Repas du réveillon, le 31 décembre

Par Daniel Sériot

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Nous avons pris le dernier repas de l'année avec des vins que nous aimions particulièrement et autour desquels il était possible de prévoir des associations diverses. N'étant que deux, il était impératif qu'un seul et même vin puisse autant que faire se peut convenir à plusieurs plats.

L'Hermitage de Chave a accompagné

une bisque de langoustines aux copeaux de foie gras,

des clams rôtis au beurre d'échalote,

un carpaccio de langoustines,

du crabe gribiche,

et le Pontet Canet

une épaule de chevreuil grand veneur.

Pour s'associer avec le Sauternes, nous avons opté pour un Termignon, et le dessert s'est composé de mirabelles cuites dans un caramel d'oranges.

Aucune fausse note pour cette partition de plats et de vins. Nous avons donc comme il nous convenait mis un terme à l'année 2013 avec plaisir, satisfaction et bonheur. Notre passion pour la gastronomie s'est vue récompensée des choix justes que nous avons pu réaliser au cours de ce repas.

Les notes de l'Hermitage essentiellement épicées et florales ont agréablement mené en bouche la bisque, très légère, absolument pas épicée, et cuisinée sans tomate. Seule la langoustine et le corail du crabe ont servi d'ingrédients.

Ensuite le carpaccio a été sensationnel, il s'est décuplé de saveurs par les adjonctions de celles exprimées par le vin.

Les clams ont été un régal. L'échalote a été confite dans un beurre citronné et le mets s'est révélé assez complexe. Le vin a régné cependant sur cette complexité, notamment parce qu'il a su puiser dans le citron les propres arômes agrumés qui le distinguent.

En dernier lieu, le crabe sauce gribiche, bien que très bon, s'est un peu marginalisé. La sauce gribiche a été montée avec de l'aillet et manifestement cette herbe a dominé la finesse de la chair du crabe. Avec le vin, l'ensemble a été moins évident. Pour autant, nous nous montrons difficiles à cette étape de notre repas, pour la raison que nous avons vécu le plus beau avec les langoustines, qu'elles aient été cuites en bisque ou crues en carpaccio.

Hermitage : Jean-Louis Chave : blanc 2008

Le vin a été mis en carafe 4 heures avant la dégustation

La robe est légèrement dorée, avec des reflets de couleur d’infusion. Le nez, d’une bonne intensité et séduisant évoque les fleurs séchées, les herbes médicinales, les épices douces (safran dominant), avec des notes fumées, d’infusion, de fruits jaunes et de léger miel. La bouche est riche, grasse, avec une texture presque huileuse, ample, volumineuse, avec des saveurs complexes rappelant celles décelées à l’olfaction qui se prolongent dans une longue finale, pure, intense, d’un très beau velouté de texture, d’une bonne fraîcheur ponctuée par des amers de qualité, et une conjugaison de notes salines et très légèrement miellées. Noté 18, note plaisir 17 le premier jour, et 17,5 le lendemain.