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Taxidermie

Publié le 28 janvier 2014 par Olivier Walmacq

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genre: inclassable (interdit aux - 16 ans)
année: 2006
durée: 1h30

l'histoire: Trois histoires. Trois âges. Trois hommes. Le grand-père, le père et le fils. L'un est un officier, l'autre un sportif de premier plan et le dernier un maître dans l'art de la taxidermie. L'un court après le sexe, l'autre après le succès et le troisième après l'immortalité.    

La critique d'Alice In Oliver:

Attention, film choc ! J'ai nommé Taxidermie, réalisé par György Palfi en 2006. Difficile de ranger cette pellicule pour le moins atypique dans une catégorie particulière. La meilleure façon de parler de Taxidermie est d'évoquer son scénario, qui fonctionne comme une sorte de tryptique, soit un film qui se divise en trois histoires bien distinctes.
Attention, SPOILERS ! La première partie du film nous transporte en pleine Seconde Guerre Mondiale et nous présente un homme tiraillé par des sentiments tels que la frustration, la soumission, l’ignorance, le rejet, l'isolement et laissant libre cours à ses fantasmes sexuels.

Déjà, avec cette première section, György Palfi frappe très fort. Je renvoie à l'affiche du film montrant un homme avec son pénis crachant du feu. Vous pourrez assister à cette séquence incroyable en regardant cette première partie. Néanmoins, malgré un humour noir et cynique, cette première section est particulièrement sombre.
Elle ressemble presque à un huis clos angoissant, oppressant et étouffant. Il est donc bien question ici de solitude et d'isolement social qui conduisent un homme à s'avilir à ses plus bas instincts primitifs. Les références de György Palfi sont évidentes.

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On pense immédiatement au superbe Vase de Noces, connu également sous le nom de The Pig Fucking Movie. D'autant plus que l'on assiste également à une séquence de coït et d'une relation sexuelle explicite avec un cochon. Vous l'avez donc compris: Taxidermie s'adresse à un public particulièrement averti. D'ailleurs, le film est interdit aux moins de 16 ans.
La seconde partie de Taxidermie suit les frasques d'un fils devenu une sorte de goinfre professionnel en pleine Hongrie communiste. Dans cette seconde section, György Palfi brosse le portait d'une société hongroise courant à sa perte.

C'est sans aucun doute le segment le plus écoeurant du film. Encore une fois, les références sont évidentes. Clairement, le cinéaste a vu et a été marqué par La Grande Bouffe. Sauf que le film marque sa différence via un humour potache et terriblement insolent, entre ingurgitation et régurgitation. Dans ce segment, la bouffe et le vomi deviennent carrément des éléments à part entière, instaurant une compétition de tous les instants entre les différents concurrents.
La troisième et dernière partie tient elle aussi toutes ses promesses en terme de choc cinématographique.

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Cette fois-ci, il est question d'un fils taxidermiste, fasciné par l’immortalité et entretenant son père, une sorte d'énorme bibendum et glouton de son état. Cette troisième section décrit la décadence de cette famille perdue à l'avance. Encore une fois, cet ultime volet se termine dans la mort et la solitude. Notre taxidermiste va-t-il s'assurer de sa propre immortalité ?
La réponse est oui, mais au prix de son propre sacrifice, la taxidermie étant vue ici comme une sorte d'échappatoire à la raison d'être et à la condition humaine. 

Bref, avec Taxidermie, György Palfi signe une oeuvre jusqu'auboutiste, souvent gore. On pense aussi à Salo ou les 120 journées de Sodome même s'il n'y a pas ici d'éléments scatologiques. Mais au même titre que le film de Pier Paolo Pasolini, Taxidermie fonctionne comme un cycle infernal, dont les principales thématiques sont celles de la mort, de l'isolement social et de nos instincts les plus primitifs. En résumé, et vous l'aurez compris, Taxidermie ne plaira pas à tout le monde.
Chacun aura sa propre analyse sur cette pellicule ovni. Certains risquent même de trouver ce film profondément idiot. D'autres le trouveront particulièrement intéressant et fascinant. A vous de voir...

Note: ?


TAXIDERMIE - Bande-annonce VO par CoteCine


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