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La belle et la bete - 7/10

Par Aelezig

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Un film de Jean Cocteau (1946 - Luxembourg, France) avec Josette Day, Jean Marais, Marcel André, Michel Auclair - en N.B.

Ca a tout de même beaucoup vieilli...

L'histoire : Belle et ses deux soeurs vivent avec leur père veuf, au bord de la ruine. Tandis que les filles aînées courent les bals, dépensant le peu qu'il reste, pour trouver des maris riches, Belle s'occupe de toutes les tâches de la maison. Un jour le père part... Il trouve refuge dans un étrange château qui semblerait inoccupé si des mains sorties d'on ne sait où ne lui servaient à manger et à boire. Au petit matin, il rencontre enfin le maître des lieux... un monstre poilu, mais en costume de prince, furieux parce que son hôte vient de cueillir une rose dans son jardin. Tout vous était offert, dit-il... sauf mes roses. Pour cela, vous méritez la mort. Il lui laisse cependant le choix de rentrer chez lui et d'envoyer à sa place l'une de ses filles. Il leur raconte son histoire en précisant qu'il ne vient que pour leur dire un dernier aurevoir, car il est hors de question de sacrifier l'une d'entre elles. Il est vieux, il retournera comme promis auprès de la Bête. Mais Belle s'empare du cheval blanc avec lequel son père est venu et se rend au château à sa place ; elle s'estime coupable car la rose cueillie par son père était pour elle...

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Mon avis : Quand j'étais petite, j'adorais ce film. Il n'était déjà pas bien jeune, déjà, mais à cette époque, il y avait encore pas grand-chose à se mettre sous la dent, encore moins des contes de fées. Je n'avais même pas peur de La Bête ; il avait l'air d'un bon gros chat, voilà tout. Par contre, je trouvais l'histoire absolument fascinante, et c'est toujours le cas ! Et puis ces mains qui tenaient les chandeliers, versaient le vin... sans qu'on voit qui que ce soit ! Les statues qui bougeaient la tête d'un air énigmatique... Et les merveilleuses robes de la Belle... Ah la la !

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Le film, techniquement parlant, est très sombre. C'est à la fois voulu, sans l'être : avec les restrictions de l'après-guerre, les pannes de courant étaient fréquentes, et Cocteau décida d'en tirer partie ; certaines scènes furent vraiment tournées à la bougie. Mais pour ma part, je trouve que les images, que l'on devine très belles, sont un peu difficiles à apprécier car trop obscures. En plus, comme cela se passe la plupart du temps la nuit... On n'est pas chez Jacques Demy ! C'est sombre, trop sombre. Mais curieusement, cela donne un aspect conte gothique au film ! Tout à fait inattendu. Ce château mystérieux, ce monstre, cette jeune femme innocente... il y a du Dracula là-dedans, ou du Frankenstein ! Ce conte fut pourtant écrit en 1757 par Madame Leprince de Beaumont. Ceci dit on n'était pas loin de l'avènement du romantisme tourmenté...

C'est une sorte de cauchemar, de doux cauchemar plein de magie. Etonnant.

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A part ce problème d'obscurité (j'ai peur du noir ; pas quand j'étais petite, mais maintenant), qui se résoud si l'on se met en ambiance gothico-romantique, le film reste empreint d'une poésie incroyable. Les images, les dialogues mesurés... on dirait un long poème. Quelquefois, j'aimerais que les réalisateurs disparus reviennent et nous refassent leur version, avec leur coeur et leur âme d'autrefois, mais avec les techniques d'aujourd'hui !


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