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Interview│pegase « j’ai besoin de me prendre des claques »

Publié le 09 février 2014 par Acrossthedays @AcrossTheDays

Avec un album au format classique (douze morceaux pour trois quarts d’heure), Pegase envoie pourtant valser les codes de l’album (peu de refrains, deux interludes instrumentaux placés en fin d’album) tout en remplaçant les-dits codes par un univers cohérent pour ne pas perdre l’auditeur. Savamment (auto) produit, il donne à voir une pop aérienne et ciselée, aux gimmicks fins et obsédants. Sans révolutionner quoi que ce soit, ce doux cheval ailé au chant fragile trace son chemin jusqu’aux nuages et se place, avec son premier album, en tête des projets pop européens qui méritent l’attention qu’on leur porte.

A l’occasion de la première date de sa nouvelle tournée où il présentera son premier album, on a pris un peu de temps avec Raphaël d’Hervez, pour qu’il nous parle de son projet solo Pegase, de son album, de son label FVTVR, de ses envies et de sa vie. Rien que ça.

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Across The Days. Ton album est sorti lundi, tu savais déjà ce que ça faisait de sortir un album puisque tu l’as fait avec Minitel Rose, mais est-ce que les sensations sont différentes du fait que ton album ait été composé, enregistré et produit seul ?

Pegase. Oui et non… D’un côté il y a beaucoup de gens autour de moi, je suis pas le seul à porter ce projet sur mes épaules, y a un label derrière moi, j’ai un groupe sur scène, j’ai mes proches, donc ça reste une aventure collective. D’un autre côté, même si je suis pas hyper curieux, ça m’arrive de tomber sur des retours, des commentaires, et ça me touche un peu plus, parce que ça s’adresse un peu à moi.

ATD. Ces commentaires, tu les lis où ?

Pegase. Y a deux sites où je vais jamais lire les commentaires, c’est iTunes et Deezer, parce que c’est le repère des haters. Et quand j’écoute un truc que j’aime bien, je vois souvent plein de gens qui s’acharnent dessus; dès que t’es mis en avant, les gens disent « Mais pourquoi lui et pas un autre ? ». J’aime pas trop ce concept des commentaires. Si ça ne tenait qu’à moi, il n’y aurait pas de commentaires sur mes vidéos YouTube, tout ça. Je trouve ça ouf n’empêche, t’es au cinéma devant un film, personne n’écrit son avis sur un papier pour le mettre dans une boîte à la fin, quand t’es à une expo, personne écrit sur le tableau « c’est de la merde », du coup parfois ça me saoule. Même si je vois toujours des trucs qui me font plaisir, sur Twitter, par exemple. Personnellement, quand j’aime pas quelque chose, je le crie pas sur tous les toits, parce que j’ai autre chose à foutre que de commenter les trucs que j’aime pas. 

« C’est important que le spectateur du live retrouve le même son que sur l’album »

ATD. Alors que pour l’album tu es tout seul, sur scène t’es accompagné de tes musiciens, comment est-ce que t’as réussi à obtenir le même son ?

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Pegase. C’est du travail ! Je travaille avec énormément de machines que je peux pas ramener en live parce que ça prend trop de place, c’est des machines fragiles, qui supportent pas d’être transportées. J’ai passé énormément de temps à enregistrer toutes ces machines, note par note. On joue beaucoup avec des samplers, tous les effets que t’entends en live c’est des effets qu’on ramène. Mais c’était très important pour moi que les gens qui viennent me voir sur scène retrouvent le même son, le même univers. C’est aussi pour ça que j’ai mis du temps à sortir mon album, c’est parce que je voulais vraiment que le live soit super fidèle. Quelqu’un qui vient me voir en concert, ça me touche presque plus que quelqu’un qui achète le disque, enfin différemment. Finalement, une place de concert c’est souvent plus cher qu’un album, et c’est quelqu’un qui t’accorde du temps, qui se déplace, parfois certains viennent de loin, et pendant qu’ils sont à ton concert ils sont pas en train de faire autre chose; ça me touche vachement, du coup j’avais envie de donner le maximum. Le live c’est vraiment un truc important, d’ailleurs c’est pour ça que j’ai choisi les musiciens les plus beaux gosses de Nantes, pour que ce soit beau à regarder (rires).

ATD. T’es jamais monté sur scène avec des ailes : parce que c’est trop kitsch ou parce que t’as pas envie ?

Pegase. Parce que ça serait trop cliché, je crois… Il y a des trucs que j’aimerais bien faire, on y pensait à un moment mais c’est impossible à faire, ou alors si un jour le projet devient très gros, j’en profiterai pour faire ce genre de conneries : qu’il y ait des trucs subliminaux. Imagine, t’es en train de mater le concert et tout d’un coup t’as cru voir passer un orque derrière. Il y aurait deux bassins, et à un moment-clé du live, à l’apogée, t’aurais juste un orque qui saute comme ça, d’un bassin à un autre (il mime). Ça c’est un truc qui me plairait !

Mais là déjà la scénographie, tu vas voir tout à l’heure, c’est ce que j’ai présenté dans le dernier clip. J’avais envie de ramener un univers sur scène, alors plutôt que les ailes j’ai choisi les miroirs, et le rideau de bal de promo américain. C’est un petit peu kitsch, mais c’est moins cliché.

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ATD. C’est quoi qui a changé entre ta première grosse date (Scopitone) et la plus récente (Pitchfork) ?

Pegase.  Sur Scopitone, y a pas mal de morceaux qu’on jouait qui sont des morceaux qu’on ne joue plus maintenant; il y avait déjà une bonne moitié d’album et des morceaux qui étaient un peu expérimentaux dont j’ai repris l’esprit dans des morceaux mieux. Pitchfork j’étais un peu pris par le temps parce que le set était court mais j’ai fait quelque chose qui ressemble aux trois quarts du disque. L’évolution, c’est que là c’est la première date de la tournée, et je joue rigoureusement l’album dans l’ordre, il y a juste un interlude (Creatures) que je joue pas.

« Sur tout l’album, il y a qu’un seul refrain ! »

ATD. Donc le concert se clôt sur Diana aussi ? C’était important de finir l’album sur un morceau instrumental ?

Pegase. Je fais pas trop de différence entre une chanson instrumentale ou une chanson vocale, la voix c’est un instrument comme les autres au final, et c’est juste que dans ce morceau-là, y avait pas besoin de mettre de mots. J’ai plein de morceaux avec du chant, mais peu de chant… Si t’écoutes bien album, tu verras qu’en fait il y a un seul refrain, sur Without Reasons. Plein de gens disent « Ah, ça rentre dans la tête, c’est de la pop ! », alors qu’il y a quasiment pas de refrains. C’est une arnaque de ouf : dans The Bad Side Of Love, y a pas de refrain, c’est juste une phrase en boucle, Gold To Share le refrain c’est une ligne de guitare jouée par Jordan en live, Ladybug, il y a « ladybug » mais est-ce que c’est un refrain ? le plus court du monde, alors !, Out Of Range le refrain c’est deux phrases de chœurs, Blamed c’est une phrase de cinq mots répétée ad libitum, Dreaming Legend, Loulou et Monkey y en a pas non plus, la seule, c’est vraiment Without Reasons.

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ATD. Sur la pochette de l’album, y a pas de titre, mais tout le monde dit qu’il s’appelle Pegase. Dans ta tête, il s’appelle comme ça l’album ? 

Pegase. Non ! C’est un peu bizarre, mais j’ai décidé de pas nommer mon album, parce que j’ai pas trouvé de nom assez cool. C’est un truc que t’as le droit de faire quand tu sors ton premier album. Mais ça me fait super rire quand je vois « machin a écouté l’album Pegase par Pegase »… L’album s’appelle Pegase d’un point de vue administratif, commercial, mais en vrai il a pas de nom. Maintenant que j’y pense, j’aurais du lui donner la tracklist comme titre. Ca aurait été super long, j’imagine « Vous auriez l’album de Pegase qui s’appelle The Bad Sife Of Love Gold To Share Ladybug Loulou Out Of Range Old Idol Without Reasons Blamed Monkey Creatures Dreaming Legend Diana ? »…ouais , mauvaise idée.

« Cette pochette, c’est un heureux hasard »

ATD. Le « cadre dans le cadre » de la pochette, qui est quelque chose de très recherché au cinéma, c’était pensé comme ça ou c’est une manière visuellement jolie d’anonymiser le visage de la fille ?

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La pochette de l’EP « Dreaming Legend »

Pegase. C’est à la fois un symbole et un accident. Quand j’ai voulu faire ma pochette, j’ai voulu travailler avec des gens que j’aime bien, mon frère Tristan et Pierre Stroska, et tous les trois on est vraiment dans l’immédiat. Si le truc doit défoncer, il faut que ça défonce tout de suite. Par exemple quand j’ai fait la pochette de Dreaming Legend, que j’ai faite avec mon frère et Romain Leme, c’était une idée, ça nous a pris une demi-heure et voilà, c’était là, c’était comme ça. Cette pochette m’a foutu une pression de ouf, parce que je la trouve vraiment mortelle, je me suis demandé pourquoi je l’avais pas gardée pour l’album, mais elle aurait pas eu autant de sens, parce qu’elle en a trop pour Dreaming Legend, elle va avec le clip, ça parle de ça…

Quand j’ai travaillé avec Tristan, avec Pierre, j’avais vraiment la pression, il fallait trouver une pochette qui claque autant; on a fait des trucs qui étaient bien, mais on avait besoin de se prendre une claque, et on s’en prenait pas, y avait pas d’évidence. Comme j’aime bien prendre des photos mais que j’avais jamais vraiment eu de bon appareil, donc Pierre m’en a conseillé, je m’en suis acheté un et j’ai pris des photos avec tout l’été, sans me mettre la pression, mais à chaque fois que je développais mes photos j’espérais secrètement me prendre la claque qui serait la pochette de mon disque. Les deux photos qu’on voit sur la pochette, c’est deux photos que j’aimais beaucoup toutes les deux, et j’avais envie d’essayer de faire un mélange des deux… J’avais essayé de faire de la double-exposition, le mélange de deux photos, et en général j’aime pas trop quand on le fait a posteriori dans Photoshop, mais vu que je m’en voulais de pas avoir fait de double-exposition sur ces deux photos, j’ai quand même essayé. J’ai cadré la photo du visage en carré, comme une pochette d’album, j’ai cadré la photo du ciel plus petite mais carrée aussi, et quand je l’ai ouverte dans Photoshop, elle s’est mise, à quelques millimètres près, là où elle est sur la pochette. Là, j’ai eu ma claque, c’était ça. Un accident de ouf, je voulais les mélanger, ce que j’ai même pas eu besoin d’essayer, ça aurait jamais marché, mais là je me suis dit « ok, c’est ça ma pochette », et c’est que j’avais besoin de me dire. Et cette pochette c’est une évidence, le symbole est là, c’est ce que veut dire mon album. Il y a même pas d’étalonnage, c’est brut, c’est ce qui est sorti de l’appareil. On voit même en bas à droite, une petite accroche sur la pellicule que le scanner a pas corrigé.

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ATD. Quels sont les projets à venir de FVTVR ?

Pegase. L’album de Disco Anti Napoléon, avant l’été normalement, et celui de Rhum For Pauline, avant la fin de l’année.

ATD. Signer avec A+LSO, ça vous a apporté quoi ?

Pegase. Ça nous a apporté des moyens, surtout; du budget sur les disques, de garder le contrôle artistique pendant qu’ils s’occupent de la stratégie marketing, tous les trucs qui nous enchantent un petit peu moins. C’est des gens à notre service dans le sens où ils ne peuvent prendre aucune décision sans notre avis. On le voit comme un coup de main, parce que FVTVR pour les gens qui sont impliqués, c’est le truc qu’ils font le soir en rentrant de leur boulot, donc c’est difficile quand t’es un petit label. C’est pas si con, ça nous permet d’avancer, tu délègues des trucs qui prennent du temps et qui t’intéressent moins.

ATD. Je reviens sur ton frère Tristan (guitariste chez DAN, NDLR), dont tu parles souvent : vous faites de la musique, parfois ?

Pegase. C’est arrivé, ouais. Un Noël, chez mon père, pendant une semaine, on a monté un groupe avec lequel on a fait quatre-cinq morceaux, des démos quoi. Depuis, plus rien. Mais un jour quand on aura du temps, on sait qu’on le fera, et ça va tout défoncer. On a déjà le nom, ça s’appelle Black Condor, on a une pochette. C’est prévu, pour le futur…sur FVTVR, évidemment. On créera une autre branche du label, qui s’appellera Black Futur, juste pour sortir ce disque.

 ATD. On dit beaucoup que t’as une écriture très cinématographique, si ton album devait être la BO d’un film ce serait quoi ?

Pegase. J’ai plein de films qui m’ont influencé, qui sont importants dans ma vie, mais y en a pas un qui se dégage. Si ça devait être la BO d’un film, file-moi le budget et je le réalise ! Si demain tu me dis que je dois faire la musique d’un film, j’ai envie de le faire exprès, pour l’image. Mais je peux imaginer un film imaginaire, genre David Lynch qui refait un film de science-fiction, produit par Dino de Laurentiis qu’on aurait ressuscité…pour l’instant ça ressemble vachement à Dune, en fait (rires). Avec Kathleen Kennedy à la production, je sais pas…faut que j’y réfléchisse. Si tu me demandes de faire un film, je vais avoir besoin d’y réfléchir, là !

ATD. C’est quoi ton dernier coup de cœur musical ?

Pegase. Il y a toujours des projets comme ça, qui sont faits pour toi, mais que tu découvres dix ans après; le mec a sorti sept albums, les sept sont mortels, mais t’en entends parler que maintenant. Et là je pense à Tim Hecker, c’est hyper beau, c’est la BO de mes rêves ou cauchemars, je crois.

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ATD. L’album que tu aimes le plus opposé à ta musique ?

Pegase. C’est le moment où je dis un truc pour que les lecteurs se disent « Ah il aime ça !? C’est chelou… » ? Je vais dire Champion Sound de Jaylib, qui m’a vraiment bouleversé, mais quand tu l’écoutes à côté de mon album ça n’a rien à voir. Mais c’est le même mec qui l’a masterisé, je l’ai choisi pour masteriser le mien parce qu’il avait celui-là. C’est un mec de Los Angeles, qui masterise que du hip-hop, et j’étais du coup super touché qu’il aime mon album.

ATD. Ton album sort sur vinyle, la compilation de FVTVR aussi, c’est important pour toi de revenir à ça ?

Pegase. Je le fais par plaisir, c’est un format que j’aime bien, pas parce que je suis un puriste du son, mais rien que le fait que la pochette soit huit fois plus grande, c’est beau, une platine vinyle c’est beau. Ca vient aussi d’une frustration : quand on a commencé à sortir des EP, on faisait pas de vinyles parce qu’on avait pas assez de sous pour ça, mais on se disait qu’on le ferait pour les albums. Là, on se venge un peu.

ATD. Le prochain album de Pegase il ressemble à quoi ?

Pegase. Pour l’instant, j’en sais rien. Je suis encore dans sa préparation, mais pas sa préparation intellectuelle ou quoi, c’est juste que dès que tu pars 20 minutes de mon studio, tu reviens t’es en mode « Mais Raph’, t’as acheté trois nouveaux claviers ? » (rires). Je suis un peu en train de m’équiper, j’aime bien avoir de nouvelles machines quand je compose, ça m’inspire. J’aime pas les machines que je connais par cœur, j’ai besoin d’être bousculé un peu.

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ATD. C’est quoi que t’as toujours voulu et que t’as encore jamais eu ?

Pegase. Je vais t’envoyer une liste, tu sais ? Je suis en train de penser à environ 600 machines, une maison, une piscine, une tournée FVTVR avec les potes, le pouvoir de voler, le pouvoir de compresser le temps : qu’il y ait plus de futur ni de passé, mais que tout se passe au même moment. C’est dans un film mortel un peu chelou avec Will Ferrel qui a pas marché. Il se retrouve dans un monde parallèle où toutes les époques sont mélangées… Ah, Le Monde Presque Perdu, voilà ! Tu peux croiser un homme des cavernes, un dinosaure, des mecs du futur : tout se passe là, maintenant.

ATD. Quelle est la question qu’on te pose pas et à laquelle t’aimerais répondre ?

Pegase. J’ai plutôt des questions qu’on me pose et ça me fait chier d’y répondre. Genre « Pourquoi Pegase ? », toutes les questions où tu sais que le mec a préparé le truc vite fait et qu’il connaît pas ce que tu fais, il a juste pris une question passe-partout qu’il a déjà posée dix fois à dix groupes et il a plus qu’à changer le nom du groupe pour la poser une fois de plus, et ça marche pour tout le monde.

ATD. Dis moi quelque chose que personne ne sait sur toi.

Pegase. J’essaie de trouver un truc inavouable de quand j’étais gamin, ou alors je peux te citer un gros film de meuf qui étonnera tout le monde. J’ai pris une énorme claque sur Hunger Games, sur le premier et encore plus sur le deuxième, c’est trop bien putain. Sinon je suis hyper fan de Flashdance, c’est un peu tendu, peu de gens le savent, je le crie pas sur tous les toits…en même temps avec Minitel Rose c’est un peu évident.

J’ai plus de cerveau en même temps, je me suis levé super tôt ce matin… Ah ben justement, ça personne le sait ! Une journée de concert, c’est surtout du chargement, en plus ce matin on était que trois pour charger le camion, on est huit d’habitude. Quand tu verras ce qu’il y a sur scène, tu comprendras. C’est du chargement, de la route, t’arrives au concert, tu speedes, tu balances, tu bouffes pas, et avant tout ça, je suis allé au fin fond de Nantes acheter un clavier à neuf heures du matin, je l’ai ramené au studio, les autres sont arrivés, ils étaient genre « T’as encore acheté un nouveau clavier ? ». Donc voilà : je suis capable d’aller acheter un clavier dans une barre d’immeuble à l’aube, avant une énorme journée.

Report en quelques mots

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Sur scène, avec une setlist identique à la tracklist de l’album (seulement purgée de l’interlude Creatures), le son prend de l’ampleur, rend l’ensemble plus dansant là où il faut, plus sensible au moment où il faut. On se souviendra longtemps de ce final expérimental et surtout jouissif. La scénographie faite de reflets et de paillettes est savamment travaillée, mais ils ont perdu la fraîcheur de leurs premières scènes : restent encore à trouver des marques qui seraient pertinentes, comme de plus habiles transitions entre les morceaux. On continue à suivre le projet de très près pour constater les évolutions, persuadés qu’on le retrouvera bien vite au sommet du mont Olympop.


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