Magazine Entreprise

Le président de l’Anexal, Ali Bey Nasri, invité du Forum Économie d’El Moudjahid, Exportations hors hydrocarbures : un défi à relever

Publié le 10 février 2014 par Ouadayazid1
Le président de l’Anexal, Ali Bey Nasri, invité du Forum Économie d’El Moudjahid, Exportations hors hydrocarbures : un défi à relever Photos : Nesrine

Installation du Conseil national consultatif pour la promotion des exportations : Une instance stratégique

 

Les exportations algériennes hors hydrocarbures traversent toujours une passe difficile. Celles-ci sont plombées en l’absence d’une stratégie nationale et d’une vision globale.

Certes, les pouvoirs publics se sont fixé l’objectif de promouvoir les exportations, mais la réalisation de cet objectif tarde à voir le jour. C’est ce qui ressort même des résultats de l’année 2013, qui n’a pas dépassé deux milliards de dollars d’exportations hors hydrocarbures, alors que l’évolution est restée la même qu’en 2012, c’est-à-dire 3%. Cela signifie, surtout, qu’aucune avancée significative n’est réalisée en la matière. Ainsi, notre pays est, aujourd’hui, à la traîne et est même distancé par les pays de la région, en la matière, malgré ses atouts et son potentiel. En fait, la situation des exportations contrastent étonnamment avec le potentiel humain, naturel et matériel dont regorge le pays. Le verdict du président de l’Association nationale des exportateurs algériens (Anexal), Ali Bey Nasri, est impitoyable : l’Algérie n’exporte pas grand-chose, en dehors des hydrocarbures et produits dérivés de pétrole, et l’économie algérienne entretient en elle le syndrome de l’échec au plan des exportations.


Les éclairages apportés par le président de l’Anexal sur la base de la lecture du bilan 2013, année clôturée à près de 55 milliards de dollars d’importations, soit 5 milliards de plus par rapport à 2012 (année clôturée à près de 50 milliards de dollars), montre, si besoin est, que c’est un chiffre très important, qui reflète une augmentation de presque 10%. «Ces cinq milliards de plus, c’est énorme, sachant que l’objectif de la LFC 2009 était la réduction des importations. On avait même affiché un taux prévisionnel de 3%», a-t-il rappelé. En 2009, le pays a importé pour 39 milliards de dollars, comparativement à l’année 2013, où l’on peut dire que «les mesures prises n’ont pas eu l’effet escompté.
Il y a eu même l’effet inverse, si nous prenons par exemple la suppression du crédit à la consommation pour les véhicules, il convient de noter que les importations de véhicules n’ont jamais connu une augmentation aussi importante comme c’est le cas aujourd’hui ; nous en sommes à 6 milliards de dollars, ce qui est un chiffre extrêmement important», selon M. Nasri. «Les postes gasoil et l’essence super ont représenté à eux seuls 4 milliards de dollars. L’or importé en petites quantités de 30 millions de dollars en 2012 a explosé pour atteindre près de 900 millions de dollars d’or importé. Ce sont-là, les deux postes qui ont augmenté de façon importante», at-t-il indiqué.
«L’Algérie importe aussi une moyenne de 13 à 15 milliards de services», a-t-il retenu, ajoutant que «la balance est légèrement négative pour l’année 2013, qui a également a connu un tassement du taux de couverture». D’ailleurs, il faut rappeler que le gouverneur de la Banque d’Algérie a tiré la sonnette d’alarme, au premier semestre 2013. À cela vient s’ajouter le fret maritime qui coûte très cher et dont la balance tourne autour de 5 milliards de dollars.
«Tout ce que nous importons par mer, nous le payons en devise, et c’est dû à l’absence d’un pavillon national», explique M. Nasri, exprimant toutefois une note d’optimisme que suscitent des signaux plus ou moins positifs, que sont, d’une part, les investissements qui seront réalisés par la Sonatrach et qui vont renforcer les capacités de raffinage à plus de 12 millions de tonnes d’ici 2018, donc ce poste ne figurera plus dans les importations, et, d’autre part, pour le fret maritime, une importante enveloppe destinée au réarmement du pavillon national permettra l’acquisition de 25 navires pour renforcer la flotte de l’Algérie. «Ce qui est stratégique à plus d’un titre», souligne le président de l’Anexal. Il a tenu à préciser que si le pays n’exporte pas, ce n’est pas parce qu’il y a faille. C’est que l’essentiel des produits hors hydrocarbures relève de la position des hydrocarbures au sens tarifaire ; un milliard de dollars est exporté par Sonatrach, produits dérivés du pétrole directement. Le deuxième exportateur hors hydrocarbures est Fertial (engrais et ammoniac, produits dérivés du gaz). «Quand on voit l’évolution, ça tourne toujours autour de 3% ; on a exporté 500 millions de dollars, c’était 3%, on exporte 2 milliards, c’est toujours 3%, pourquoi ? Parce qu’il y a une relation linaire, les exportations hors hydrocarbures suivent le cours des hydrocarbures», a-t-il expliqué. M. Nasri a également affirmé que les augmentations intéressantes obtenues dans les produits manufacturés ont été affaiblies en raison de la baisse des exportations de Sonatrach et Fertial.


Dans l’agroalimentaire, des niveaux appréciables ont été réalisés en sucre pour 280 millions de dollars et beaucoup de pattes alimentaires. Le président de l’Anexal a fait savoir ensuite qu’en tout et pour tout, cinq entreprises font 80% des exportations et 10 entreprises font pratiquement 90% des exportations.


«Ceci s’explique par la faiblesse de la structure hors hydrocarbures, pourquoi ? il y a plusieurs raisons, il n’y a pas une faille. Il y a une conjugaison de facteurs, ni les  pouvoirs publics ni les entreprises ne veulent aller vers l’exportation des produits hors hydrocarbures», a-t-il concédé, résigné. L’invité du Forum Économie d’El Moudjahid affirme, par ailleurs, qu’en l’absence d’une volonté politique clairement affichée, de moyens juridiques, d’une stratégie de développement des exportations hors hydrocarbures, centrée sur l’action des hommes au niveau de tous les maillons de la chaîne d’exportation, on ne peut parler de promotion des exportations. Ce sont-là, en effet, autant de défaillances qui constituent la pierre d’achoppement pour le développement de ce créneau.


Il évoque également la nécessité et l’urgence de procéder à l’installation effective du Conseil national consultatif pour la promotion des exportations, dont la création remonte, pourtant, à 2004. Il a également mis l’accent sur l’importance de disposer d’un environnement juridique et réglementaire, et d’un dispositif institutionnel d’appui aux exportations hors hydrocarbures, qui est efficace et en adéquation avec les évolutions du contexte économique mondial (accord avec l’Union européenne, adhésion à l’OMC, etc). «Ainsi, en dépit de l’inflation, le soutien accordé aux exportateurs demeure marginal, bien que les enjeux pour l’Algérie soient considérables», considère le président de l’Anexal qui défend l’approche selon laquelle, notre pays a tout intérêt à redresser en urgence la situation actuelle, en particulier en ce qui concerne le volet agricole, compte tenu des capacités de l’Algérie dans ce domaine, et qui doit faire l’objet d’un examen spécifique.


 Il s’agit surtout de permettre aux investisseurs d’exploiter les 50 millions d’hectares de terres agricoles utiles, qui sont à l’état de friche.


Il a également insisté sur l’intérêt de développer et de moderniser les infrastructures aéroportuaires de l’Algérie, qui fonctionnent, actuellement, à voilure très réduite. Ainsi, au cœur du sujet, se trouve toute la problématique des contraintes et les distorsions qui empêchent un développement robuste des exportations. «La réforme des pratiques actuelles devrait donc constituer une priorité», a conclu le conférencier.


Farid Bouyahia

-------------------------

Installation du Conseil national consultatif pour la promotion des exportations


Une instance stratégique


Quelques jours nous séparent de la tenue de la 16e tripartite, que les opérateurs économiques et lesassociation patronales affichent  leur intérêt de prendre part à ce rendez-vous. Pour sa part, l'Association nationale des exportateurs algériens (Anexal) saisira cette opportunité pour souhaiter vivement la mise en place d’un conseil national consultatif de la promotion des exportations.


 Le président de l'Association nationale des exportateurs algériens (Anexal), Ali Bey Nasri,  a affirmé, hier  lors d’une conférence de presse organisée au Forum Économie d’El Moudjahid, que les mêmes propositions déjà formulées lors de la tripartite d’octobre 2013 seront réitérées pour le rendez-vous du 23 février. Il a insisté, une fois de plus, sur l’accélération de la mise en place du conseil national consultatif de la promotion des exportations. «Nous considérons sa mise en place comme très importante du fait que celui-ci constitue un axe stratégique», a-t-il indiqué. L’installation de cette instance, a fait savoir M. Ali Bey, nécessite seulement la volonté politique des pouvoirs publics, avant d’ajouter que ce conseil aura pour objectif de lever les obstacles et de prendre les mesures de facilitation nécessaires, parce que, précise-t-il, «la relance des exportations hors hydrocarbures demande de mettre en place des mesures tangibles, qui peuvent toucher les différents créneaux liés à l’acte d’exporter». Lors de cette prochaine tripartite,  nous demanderons également, souligne   le président de l’Anexal, «l’élargissement du programme de formation consacré aux management et techniques de l’exportation ; l’une des propositions qui sera également soumise à la prochaine tripartite, ainsi que la bonification des crédits». Les exportateurs, par la voix de l’Anexal, estiment nécessaire que l’Agence nationale de promotion des exportations (Algex) soit «déployée au niveau national et international». En matière  de  réglementation des changes, il a rappelé l’importance du rôle des bureaux de liaison à l’étranger pour l’exportateur. «Nous avons demandé l’implantation de bureaux de liaison à l’étranger», a-t-il affirmé, à ce propos. L’invité du forum a reconnu que «la volonté politique existe, mais ce qui manque, c’est l’application sur le terrain».  

    
Makhlouf Ait Ziane


Retour à La Une de Logo Paperblog

A propos de l’auteur


Ouadayazid1 3105 partages Voir son profil
Voir son blog

l'auteur n'a pas encore renseigné son compte l'auteur n'a pas encore renseigné son compte

Dossier Paperblog

Magazines