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Prostate ?

Publié le 13 février 2014 par Dubruel

d'après "LA ROUILLE" de Maupassant

Il chassait tous les jours.

Il chassait au tiré, à courre,

Au chien courant, au chien d’arrêt,

À l’affût, au miroir, au furet.

Il ne parlait que de chasse,

Ne rêvait que de chasse !

Âgé de cinquante ans,

Célibataire, le baron G. de Montoir

Chauve et un peu gros cependant.

Habitait seul dans un grand manoir.

Il ne fréquentait que ses voisins,

Les Bertin.

Un jour,

À la fin de l’été

Mme Bertin lui dit :

-« Je vais, parmi mes amies,

Vous trouver un bon parti. »

Elle choisit

Une veuve de quarante ans

Encore jolie et de caractère charmant.

Elle s’appelait Louise Larminat

Mme Bertin l’invita en son château.

Comme Louise s’ennuyait, elle vint.

M. de Montoir lui plût aussitôt.

Elle lui posait maintes questions

Sur les sentiments des lapins

Et les machinations des renards.

Quelques jours plus tard,

Le baron, ravi par l’attention

Qu’elle lui prêtait,

Voulut lui témoigner

Son estime.

Il la pria de participer à l’ultime

Chasse de la saison.

Elle accepta l’invitation.

Montoir lui expliqua minutieusement

La façon de tirer,

L’importance de la direction du vent,

Et les différents arrêts.

La veuve épaula et tira deux coups.

Médor rapporta une perdrix.

Le baron dansait comme un fou.

Il était amoureux et même très épris !

Un soir, Bertin lui demanda:

-« Pourquoi ne l’épousez-vous pas ? »

-« Vous avez eu une fameuse idée.

Tâchez de la préparer à m’accepter. »

-« Faites donc votre demande maintenant. »

-«  on, je dois auparavant faire

Un petit voyage d’affaires. »

Le voyage dura longtemps. Une semaine,

Deux semaines, trois semaines…

Montoir ne reparaissait pas.

Les Bertin, inquiets, ne savaient pas

Quoi dire à Louise bien qu’elle avait prévenue

De l’absence de Montoir.

Tous les deux jours, les Bertin envoyaient

Prendre de ses nouvelles au manoir.

On n’en avait pas reçu.

Un jour enfin,

Montoir réapparut chez ses voisins.

Il s’approcha de son ami

Et lui expliqua ceci :

-« Mon projet avec Mme Larminat

Ne marchera pas. Je ne l’épouserai pas

Et il me sera trop douloureux de la revoir. »

La famille Bertin discuta, délibéra

De l’étrange attitude de Montoir :

Un mystère caché dans la vie du baron ?

Un enfant naturel ? Une vieille liaison ?

L’affaire paraissait grave, ardue.

On prévint Louise qui s’en retourna,

Veuve comme elle était venue.

Puis Bertin entreprit son ami :

-« Quand on a des secrets dans sa vie,

On ne pousse pas ainsi ses pions. »

-« Tu as raison

Mais depuis trente ans,

Je ne vis que pour la chasse, tu le sais.

Aussi, avant de m’engager,

Un scrupule m’est venu…Depuis le temps…

J’ai perdu l’habitude de…

De…de l’amour. Enfin, je ne…

Savais plus si je serais encore capable…

C’eut été invivable

Car voici seize ans…

Que…pour la dernière fois,…tu comprends,

…Dans ce pays, ce n’est pas aussi facile…

Que tirer un coup de fusil 

Bref, j’ai eu peur et me suis dit : ‘’ Si, …si

Je ratais ?…Alors, je suis allé à Paris

Pour… savoir. Au bout de huit jours, rien,

Mais rien.

Et ce n’est pas faute d’avoir essayé !

Elles aussi ont fait ce qu’elles ont pu.

Elles n’ont rien négligé.

Mais que veux-tu…

J’ai persévéré quinze jours,

Trois semaines, espérant toujours.

J’ai mangé des plats poivrés

Qui m’ont perdu l’estomac et…

Et rien…Toujours rien !

Tu comprends bien

Que je ne pouvais que…renoncer…

Ce que j’ai fait. »

Bertin raconta tout à sa femme

Qui objecta :

-« Quand on aime sa femme

Cette chose-là…

Revient toujours. »

-« Oui, ma chère, …peut-être,…un jour… »


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