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les érections américaines

Publié le 19 février 2014 par Picotcamille @PicotCamille

"Connecticut. Etats-Unis. Le 14 décembre 2012, Adam Lanza, un jeune homme de vingt ans, tire quatre balles dans la tête de sa mère. Puis il prend la voiture garée devant leur grande maison de Newton avant d'aller tuer vingt enfants et six adultes dans l'école élémentaire de Sandy Hook. Il est armé d'un fusil semi-automatique Bushmaster qui appartient à sa maman. Il esr ainsi certain de faire un maximum de victimes en un minimum de temps. Le chargeur de trente balles, rapide à enclencher, peut en tirer deux à la seconde. La dernière est pour lui."

érections américaines

Amanda Sthers. Auteur prolifique que ce soit sur papier, sur scène, sur écran. Je me souviens de la couverture Le Vieux Juif Blonde sur la table de nuit de ma mère. Je n'en avais jamais lu.

Alors je ne pourrais pas comparer.

Le livre contient deux récits, celui d'Amanda et celui d'Adam, un autobiographique, l'autre fictif. Ce qui m'a séduit d'abord c'est que l'auteur dédouane le jeu vidéo comme unique cause du massacre. Je suis nulle à la manette, mais j'aime bien regarder. Pour moi le jeux-vidéo est une sorte de cinéma contemporain, dans lequel vous avez une dimension en plus, celle du choix, du mouvement, de réflexe. J'aurai aimé en parler avec un de mes professeurs de fac qui cherchait à définir ce qu'était le cinéma contemporain (au meme titre des différences entre un art classique et un art contemporain) mais je ne l'ai pas fait. D'ailleurs petite parenthèse cinéphilo vidéo gameuse, je vous invite à regarder cette chouette émission qu'est Crossed, bien foutue, drôle et intelligente. C'est par là! Fin de la parenthèse.


Les érections américaines, c'est surtout le titre qui a fait mouche. L'art de vendre du rêve en deux mots. Le style est simple, Amanda Sthers devient une copine. Son personnage de maman célibataire qui cherche on-ne-sait-pas-trop-quoi (l'amour, le frisson, comprendre), à la fois girl next-door et aventurière amatrice, lui va comme un gant. Mais un gant peut-être un peu simple, un peu trop attendu et déjà vu. On reste dans le socialement correct et c'est dommage, parce que l'idée avait de quoi séduire. Même dans les passages consacrés à Adam, le tueur, on effleure sans vraiment toucher ce qui touche vraiment à l'horreur de cette histoire. Car au final,  Amanda Sthers n'arive pas à nous dépeindre un Adam intéressant, qui pourrait être touchant, flippant ou dérangeant. J'ai l'impression que l'auteur s'intéresse plus au statut de la mère.


Car mère, Amanda Sthers l'est deux fois, comme Nancy, la mère d'Adam, deux garçons pareils, divorcée pareil. Dès la première page, elle nous le dit. Mais sans vraiment aller au bout. a chaque fois. Dommage.

Si le sujet vous intéresse, je vous conseille Le 20 Novembre de Lars Norén ou Visage de Feu de Marius von Mayenburg.C'est du théâtre et ça donne la parole à la première personne à ces jeunes qui décrochent. Quant à moi, je vais essayer de trouver La logique de Massacre cité dans le livre d'Amanda Sthers. Après c'est un livre qui reste simple à lire, simple en général.


"Maintenant que ton frère est parti aussi c'est toi l'homme de la maison, Adam.
Tu m'entends?
C'est toi l'homme de la maison. Tu dois me protéger."


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