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Mélo de Frédéric Ciriez

Par Séverine @Sev_chronique

Mélo de Frédéric CiriezLe roman de Frédéric Ciriez se compose de trois parties bien distinctes les unes des autres : on a trois histoires différentes, trois personnages qui se croisent à peine etune écriture particulière à chaque partie.
La première partie est centrée sur un syndicaliste en mal de vivre, qui roule dans Paris sans but, si ce n’est celui de se suicider. Je n’ai pas accroché à cette partie-là : l’écriture m’a paru complexe, difficile à suivre, on passe du passé au présent sans prévenir et il ne se passe pas grand-chose. Même le personnage, qui est quand même sur le point de se tuer, n’a suscité d’intérêt ou de compassion chez moi.
"Le cœur bat dans sa cage, sent confusément l'appel sanglant du crépuscule. Il aimerait sortir, gigoter à l'air libre, se taire, mais il cogne comme le soleil au-dehors, qui a entamé sa lente descente vers l'ouest et prépare sa sortie. Le conducteur ébloui a mis ses lunettes de navigateur à cordon souple. Son portable vibre. Il lit : VIENS MOURIR CE SOIR."
La deuxième partie a été une belle surprise. J’ai découvert Parfait, conducteur de camion poubelle à Paris. Mais il est surtout un sapeur, c’est-à-dire un membre de la Société des ambianceurs et des personnes élégantes (SAPE). C’est une mode vestimentaire qui vient du Congo, haute en couleurs et en excentricité. Et Parfait en est le parfait exemple ! Si le début de son histoire est peu ragoûtant (car il nous emmène faire la tournée de ramassage des poubelles dans les quartiers de Paris), la suite est très intéressante : j’ai découvert l’univers de la SAPE, j’ai vu Parfait se transformer en sapeur et lancer des défis à d’autres membres, c’était amusant et rafraichissant, bref un régal !
"Je passe un slip boxer arlequin jaune et vert,
une chemise de soie jaune électrique,
mes boutons de manchettes en argent massif gravés P & P, 
une cravate courte en lézard argenté, 
un pantalon cigarette jaune électrique, 
une ceinture en lézard argenté."
Enfin, la troisième partie suit un tout autre personnage : Barbara, jeune femme d’origine chinoise, vendeuse ambulante sur patins à roulettes de gadgets en tout genre. Avec elle, on roule dans Paris, d’un quartier touristique à un autre, on fait des affaires et on croise toutes sortes de gens. Barbara est aussi une étudiante dans une grande école de commerce (la vente ambulante lui permet de payer ses études) et une amoureuse malheureuse… Cette troisième partie était plutôt bien, mais je l’ai trouvée plus courte et le personnage de Barbara aurait mérité plus de développement, dommage !
"Barbara patinait sur des rollers de freeskate Powerslide Hardcore Evo à chaussures de carbone et platine de magnésium extra light modèle 2013. Elle slalomait présentement sur les trottoirs près de l'Opéra où, à sa manière, elle dansait mieux que les petits rats qui souffraient en rang sur la pointe des pieds."
Mélo est donc une lecture en demi-teinte, avec des hauts et des bas, qui a quand même réussi son pari : celui d’émouvoir. J’ai découvert un auteur très intéressant, au style complexe, qui m’a surprise avec son roman en trois parties que l’on pourrait presque dissocier les unes des autres.
Lu dans le cadre du Prix Océans.

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