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"L'alchimie des monstres" de Klô Pelgag #Chronique

Publié le 02 mars 2014 par Notsoblonde @BlogDeLaBlonde


J'ai déjà parlé de Klô Pelgag sur ce blog, lorsque son EP est sorti (chronique à retrouver ici) et après son concert à la cité internationale dans le cadre des rendez-vous de Madame Lune (par là).

Demain, lundi 3 mars donc, sortira sur notre territoire le premier album de cette jeune fée québécoise, amoureuse des mots, petit bout de femme qui s'impose comme la digne héritière de nos chanteurs-poètes un peu allumés.

Quand on écoute Klô Pelgag, on pense avoir déniché le résultat d'un croisement entre Jacques Higelin, Boby Lapointe et Boris Vian. Version féminine, j'entends. 

Sa prose chantée audacieuse qui se nourrit d'images absurdes et s'aventure sur des territoires qu'on n'a pas coutume de fréquenter dans la chanson française, surprend dans le bon sens.

En bricolant ses histoires fantastiques, peuplées de ses inventions improbables, Klô parvient à évoquer le pire (l'infirmité, le cancer, les hôpitaux...) sans jamais tomber dans le piège du premier degré larmoyant.

Les arbres qui peuplent sa forêt imaginaire sont le repaire d'un drôle de bestiaire qui pourrait être inquiétant si Klô ne désamorçait pas savamment la charge dramatique par des images décalées qui allègent son propos.

Comme pour annoncer la couleur et dire tout haut que l'auteur manie à la perfection l'art de l'entourloupe, l'album s'ouvre sur "le dermatologue" qui, comme son nom ne l'indique pas du tout, est une déclaration d'amour déguisée.

Klô Pelgag mixe les genres pour créer le sien propre, celui de la chanson française fantastique et fantasque.

On entre dans ce premier album comme Max embarque pour le pays des Maximonstres, le déguisement en moins (je ne peux m'empêcher, d'ailleurs, d'y voir une allusion dans l'ilustration qui orne la pochette de ce premier album). En effet, l'auditeur se laisse happer par son imagination, guidé par la voix de Klô et les arrangements finement travaillés. Les décors se montent doucement, les personnages s'animent.

Bienvenue dans le monde onirique de Klô Pelgag!

L'alchimie des monstres est une invitation au voyage, l'oeuvre d'une sorcière un peu barrée qui concocte des chansons hautes en couleurs dans un drôle de chaudron, où mijotent toutes sortes d'ingrédients qu'on n'imagine pas forcément associer. Et pourtant, la magie opère, il en résulte 11 contes surréalistes qui donnent envie de chalouper, de rire et de pleurer. Parfois tout en même temps; et c'est charmant.

L'artiste dit tirer son inspiration autant de l'art visuel (elle cite Botero, Dali et Magritte) que de la littérature et du théâtre (évoquant Vian et Ionesco) et bien entendu de la musique. Là aussi, l'éventail de ses influences balaie un spectre assez large, allant de Debussy à Brel en passant par Zappa. Pas étonnant qu'avec tout ça, la jolie Klô livre un premier album remarqué, véritable bouffée d'air frais parmi les arrivages massivement standardisés.

A travers ce premier album et les premiers concerts associés, c'est aussi un personnage qui se dessine : A la fois drôle et grave, fragile et fort, calme et impétueux. Klô Pelgag semble être la reine de l'oxymore; elle le hiatus charmant et le sens de la formule bouleversant. 

On aime les orchestrations soignées, les ruptures de rythme, les expérimentations vocales et les nappes instrumentales envoutantes -tantôt apaisantes, tantôt galvanisantes, de cette "alchimie des monstres".

En parcourant l'album, on s'amuse de ses détournements comme lorsque, sur les premières notes du titre "les corbeaux" on croit reconnaitre une célèbre comptine et que l'on découvre très vite, avec plaisir, la noirceur enchantée du morceau.

Ce bel album s'achève sur une chanson sombre, poignante qui laisse l'auditeur face à une plage de mélancolie radieuse. Décidément, on n'aura eu de cesse, pendant la traversée, de se réjouir de la variété et la beauté des paysages.

Klô Pelgag sera bientôt à nouveau en concert en France et il serait vraiment dommage de manquer son passage car elle se révèle sur scène comme on l'imagine en écoutant sa musique : pétillante et un peu barrée, gracieuse et enjouée.

J'ai relevé parmi la programmation (à retrouver ici dans sa version complète), son concert aux Trois Baudets le 11 mars prochain (parce que c'est une salle qui lui conviendra bien), le 03 avril au café de la danse et les siestes acoustiques prévues le 27 avril 2014, concept dont j'ai entendu parler au hasard d'une conversation et qui m'a tout de suite emballée (tu penses bien!). (Un concept à découvrir ici mais à suivre, surtout, bientôt...En compagnie de Klô?)


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