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[Chronique] Metronomy – Love Letters

Publié le 11 mars 2014 par Wtfru @romain_wtfru

metronomy-love letter
(Because Music)

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L’adage dit souvent que le plus dur n’est pas d’arriver au sommet mais d’y rester. Si The English Riviera avait consacré Metronomy comme l’un des groupes pop les plus créatifs et talentueux d’aujourd’hui, le retour trois ans après ne se ferait pas forcément gagné d’avance. Il s’agit en effet de confirmer toutes les éloges faites jusqu’ici à Joseph Mount et ses copains en attendant quelque chose d’original et d’obligatoirement réussi. Un challenge costaud.

Mais qui ne fait pas peur au quatuor anglais visiblement. Pour l’originalité, Mount n’a pas lésiné sur les moyens. Ou justement si. Délaissant l’électronique contemporain pour s’acoquiner avec des machines d’un autre temps, il fait le pari de marier la pop avec un minimalisme rétro foutrement bien réalisé. Le premier single I’m Aquarius en est le meilleur des exemples. Il n’y a quasi rien, pas d’artifice mais une mélodie et un « ouh ouh ah » suffisamment hypnotique pour accrocher l’oreille.
Plus fourni, Love Letters, le second titre mis en avant, jouait moins sur la corde minimale mais appuyait bien plus fortement sur le côté rétro. Une pincée électro, l’ADN du groupe et une plus-value apportée par une ambiance Motown, voilà comment on crée un vrai grand morceau de pop en même temps que l’on prépare le public à accueillir le quatrième opus.

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Metronomy – Love Letters

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La grande force du groupe, c’est cette capacité à créer des morceaux entêtants tout en se renouvelant. Il suffit d’une bonne instrumentalisation, d’une mélodie géniale ou d’un gimmick vocal pour que la magie opère sur nos petits cœurs et que l’on se laisse emporter par cette « mélancolie festive » si caractéristique de Metronomy. 
Là où le précédent album parvenait plus ou moins à cacher cette relative tristesse par le biais de couche de groove, le style plus épuré de Love Letters laisse plus facilement pénétrer dans l’ambiance douce mais fiévreuse recherchée par Joseph Mount, véritable capitaine du navire et unique créateur du disque.

Plus les morceaux et le temps défilent, plus on relâche la pression pour se faire embarquer dans une ballade d’une quarantaine de minutes où les moments forts sont légions. Le rythme de croisière est trouvé dès l’introduction (le très bon The Upsetter) pour ne plus baisser le pied jusqu’au bout. Quiconque a un tant soit peu d’amour en lui ne pourra qu’être attiré par un Monstrous d’une grande beauté organique tandis qu’on se dodeline sur l’air pop-rock d’un Month of Sundays. Et que dire de l’excellent The Most Immaculate Haircut, véritable sommet du disque et grand moment de pop.
Tout s’enchaine avec une facilité déconcertante, bien aidé par l’homogénéité totale du projet. Il n’y a bien que Boy Racers qui sort un peu du tracé de l’album avec ces quatre minutes instrumentales dans un délire totalement disco que n’auraient pas renié les pionniers du genre il y a quarante ans.

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Metronomy – Monstrous

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Metronomy – The Most Immaculate Haircut

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Cette façon d’unir vrais instruments live avec des parcelles de productions synthétiques n’a peut être jamais été aussi bien exploité ou disons aussi bien retranscrite. Ce minimalisme envoûtant fait que l’on n’a jamais envie que cela s’arrête, on est prêt à suivre les aventures de Metronomy encore plus loin, plus longtemps, envie que ces titres en forme de diamant brut ne demandant qu’à être polis soient plus longs et plus recherchés. On est dans de la bonne frustration parce que l’on sait que cet aspect analogique un peu sectaire est totalement voulu et la base même de ce Love Letters. Et le fait qu’il en ressorte quelque chose d’assez riche au final est totalement fascinant.

Joseph Mount est une sorte d’alchimiste qui parvient à transformer musicalement du plomb en or. Les thèmes abordés, tout comme la partie vocale ne sont que les suppléments permettant de former un tout parfaitement bien ficelé. On voulait de l’originalité et un disque réussi, on pouvait difficilement obtenir mieux que cet opus, véritable grand disque de pop faussement naïf et lo-fi.

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4.5

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Tracklist:
1. The Upsetter
2. I'm Aquarius
3. Monstrous
4. Love Letters
5. Month of Sundays
6. Boy Racers
7. Call Me
8. The Most Immaculate Haircut
9. Reservoir
10. Never Wanted

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