

Il faut environ une heure avant de pouvoir sortir les différentes partis des théières des moules (le corps, le couvercle, la poignée, le bec, sont tous évidemment tous moulés séparément). En fait, on vide le surplus de terre encore liquide, et il ne reste plus que ce qui à durci sur les parois internes du moule.Ensuite, chaque élément doit être fini, puis assemblé à la main.Une phase finition à la main sur une sorte de tour est nécessaire pour le corps. On rogne les imperfections, on lisse. C'est un travail de précision, dont à Takasuke, le président à la charge !

Il faut ouvrir un trou dans le corps, placer le filtre à l’intérieur. Avant d'y fixer le bec, il faut couper le bout de celui-ci, etc. On place la poignée. Il faut aussi vérifier la taille du couvercle.



Enfin, reste la cuisson. Chez Takasuke c'est environ 10 heures, à 1200°C. Pour les objets noirs, il faut recuire la terre rouge à plus basse température en réduction avec des glumes de riz ou des copeaux de bois pour fumiger. La passion, l'amour du travail bien fait est ici tout aussi tangible, peut être même plus encore, que chez n'importe quel artisan. Le degré de finition des produits Takasuke est très élevé, et une bonne « ikomi » vaut mieux qu'une théière de la main d'un artisan moyen, ou manquant d'expérience. Mais finalement, « ikomi » ou tour de potier, le savoir faire et la quantité de travail pour fabriquer une théière est impressionnant, pourtant, aujourd'hui pour la plupart des Japonais, dépenser ne serait-ce que 20 euros dans une théière est impensable ! Imaginez une théière à 50 euros, la vendre est presque un exploit..... je pense qu'il se vend beaucoup plus de bols pour la cérémonie du thé cinq fois plus chers (je ne sais pas si le lecteur entrevoit ce que j'ai en tête en écrivant cela, mais je n'irai pas plus loin). Voir de ses propres yeux, ressentir avec son corps, rencontrer les acteurs, voilà qui me permet d'entrevoir les trésors que sont ces objets, indispensables aux gestes du thé. Cela renforce une passion, il est formidable de voir que celle-ci est partagée à tous les bouts de la chaîne. Bien sûr, maintenant, plus que jamais, les mots manquent pour transmettre ce que j'ai vu et ressenti, et il ne me reste plus alors qu'à attendre les prochaines rencontres, les prochains coup de foudre. J'espère au moins avoir réussi à faire tomber quelques mauvais clichés, et aussi à vous avoir intéressé un peu...









