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Fascination (les minettes)

Publié le 21 mars 2014 par Olivier Walmacq

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L'Histoire : 1900. Un bandit poursuivi par ses complices s'enfuit dans un château où il tombe sur deux femmes qui ont bien l'intention de le livrer à une secte de vampires... ou pas !

La Critique d'hdef : Ah ben oui c'est pas juste quand même ! Moi j'ai encore jamais chroniqué de nanar !!! Bon, alors quand bébé hdef pleure, fourrez-lui une têtine Fascination dans la bouche, et il arrête tout net ! Plus sérieusement, je suis là pour parler d'un des films les plus oubliés de Jean Rollin (dans les bons, hein ?! Parce que sinon, il y a La Tête de la méduse ou Killing car (en passant par Requiem pour un vampire et La Morte-vivante) porté par une star du X, Brigitte Lahaie. Si le script pourra rappeler à certains l'intrigue de Raiponce, les vampires en plus, une certitude à avoir avant d'entrer dans la salle ou de mettre le dvd dans le lecteur : Fascination est bien un film bis de chez bis, et réalisé par LE Jean Rollin, décédé en 2010...

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Si vous avez lu le script, vous voyez donc que Fascination parle de vampires, comme la plupart des films de Rollin (La Vampire nue, La Fiancée de Dracula, Le Viol du vampire, Les Deux orphelines vampires, Lèvres de sang et j'en passe et des moins bons), et plus précisément de vampires en manque de sang (un peu comme dans l'excellent Du sang pour Dracula de Paul Morrissey). Un jeune bandit poursuivi par ses anciens complices va donc avoir affaire à cette bande d'excité de la gencive mais il y a un os... C'est que les deux femmes du château sensées le remettre à ces vampires vont tomber... amoureuses de lui ! Ah quelle belle histoire n'est-ce pas ? Encore une fois, Jean Rollin dillapide les codes de la romance à l'eau de rose, les amateurs de Twilight et de Sublimes créatures peuvent donc aller se recoucher.

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Mais comme on est chez Rollin, il faut se douter que le cinéaste ne va pas se limiter aux aventures érotiques du petit trio, et par conséquent, le cinéaste délivre largement la marchandise en termes de gore, tout comme dans son précédent film d'ailleurs, Les Raisins de la mort, qualifié par Laurent Aknin de "thriller écologique" dans son excellent Les Classiques du cinéma bis (Nouveau Monde éditions). Résolument Z, le film de Rollin navigue donc entre érotisme du niveau de Emmannuelle 4 et un goût du baroque si cher au cinéaste (dans son 4e film, La Vampire nue, déjà). Produit par ABC Films (j'écris toujours AVC Films !) tout comme La Vampire nue (encore !), Fascination ne se démarque en fait pas tant que ça des productions bis classiques du genre au niveau du scénario. Et encore moins à celui de l'interprétation. C'est en fait dans la façon étrange qu'a Jean Rollin de galvaniser les corps de ses protagonistes que Fascination prend toute sa force. Au départ film Z académique, Fascination est à l'arrivée une étrange vision du rapport de force de l'homme à la femme, sans le délire de Russ Meyer que l'on trouve dans Faster pussycat kill kill ! et dans tous les Vixens (en passant par La Vallée des plaisirs) et le tout à une époque où les moeurs sont en grand changement et où la révolution sexuelle bat son plein. À n'en pas douter, Fascination est donc un film de son époque, mais ce de manière assez paradoxale vu qu'il se passe à la fin du XIXème siècle.

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Pour en revenir à l'histoire du film sachez que Fascination est le dernier bon film de Rollin, son échec l'entraînant dans une succession de navets au capital de sympathie variable mais dont on retiendra l'amusant Le Lac des morts-vivants, amusant film de nazombies dans la lignée de Shock waves, et aussi l'intéressant La Fiancée de Dracula (2002) qui a totalisé 1389 entrées en France (tu parles d'un succès) mais qui marquait néanmoins le retour du cinéaste à son genre de prédilection. Aujourd'hui décédé, Jean Rollin laisse derrière lui une oeuvre étrange, et dont Fascination est l'un des films les plus particuliers et aussi les plus aboutis, voire l'un de ses plus soigné, aux côtés de Lèvres de sang, qui m'avait impressionné pour sa vision étonnante de Paris de nuit et ses vision fantasmagoriques tout droit sorties d'un Jésus Franco façon Les Cauchemars naissent la nuit. Mais tout ça est une autre histoire...

Note : 08/20parce que ça vaut pas plus objectivement (Jean Rollin quoi !)

Note nanardeuse : 15,5/20 parce qu'il le vaut bien !! 


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