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Américains timbrés

Publié le 15 mai 2008 par Fabien Major @fabienmajor

food stamps

28 millions d’américains ont besoin de timbres alimentaires pour survivre! Ça commence à être sérieux. Pourquoi les aliments de base comme le café, les grains, huile, blé, orge, riz coûtent de plus en plus cher? Pourquoi le prix du pétrole est passé de 12$ le baril à 127$? Pourquoi, les monnaies dans le monde jouent au yoyo et fluctuent tellement que nos entreprises exportatrices devront rationaliser? Pourquoi les prix des maisons sont-ils devenus monstrueux? Plusieurs questions, mais une seule réponse! Et…Montréal a une place de choix dans le nœud du problème! Quelques-uns ont abordé le sujet dans nos échanges des derniers billets. Voyez-vous, tout ce que je viens de vous décrire entre maintenant dans la machine de la spéculation. Il ne s’agit plus seulement de faire des investissements et de faire rouler l’économie, mais simplement de faire du gros cash, le plus rapidement possible!

Le vrai problème s’appelle “PRODUITS DÉRIVÉS”. Retenez bien ce nom. On les appelle parfois, produit structuré. Cela comprends les options, contrats à terme et autres placements synthétiques ou montages financiers complexes comme la “titrisation”. Pourquoi “synthétique”? Parce qu’il n’y a rien de vrai là-dedans! Le terme “gestion alternative” est aussi couramment utilisé.

Rappelez-vous il y a environ 12 ans. Montréal perdait sa bourse au profit de Toronto. XXM (l’appellation de notre parquet) se désincarnait, vendait son mobilier et sa cloche pour se tourner vers l’avenir! On ne voyait plus de cohabitation possible avec Toronto et on a délaissé le marché des actions pour les produits dérivés. Ironiquement, en partant comme ça à la dérive, Montréal est devenu LA bourse de la spéculation. Une bourse électronique qui a montré son savoir-faire à Boston et …à Shanghai! Elle a tellement bien fait dans l’art de spéculer et d’échafauder des châteaux de cartes financiers que… Toronto (TSX) vient d’acheter Montréal.

Ça ne me dérange pas trop! Le party des produits financiers a atteint le sommet du ridicule. TOUT coûte plus cher, car les leviers financiers artificiels comme les options d’achats, de ventes et de contrats à terme amplifient la demande ARTIFICIELLEMENT. Tout grimpe simplement pour que le prochain gambler empoche davantage!

Mais, voilà que la machine s’emballe, les premières victimes: nos banques bien-aimées. Elles ont surconsommé ces stéroïdes financiers et les voici qu’elles quêtent à nos instances gouvernementales pour se sortir de leur propre crise de crédit.

Oui, il y a bien une augmentation de la demande des produits de base et des ressources énergétiques en provenance de l’Asie, mais la spéculation s’est emballée. Pour résultat: L’inflation hors contrôle est à nos portes. Dans un pays dans le pétrin comme le Zimbabwe, cela s’est traduit par une augmentation du coût de la vie de 165 000%. Le gouvernement a dû imprimer des billets de 250 millions de dollars ZIm. L’an passé, on a lancé des coupures de 200 000$ mais en vain, l’inflation l’a rattrapé!

Les fonds spéculatifs (Hedge Funds) sont des parasites qui défient toutes les règles du jeu. On croyait avoir tout vu du capitalisme sauvage. C’était avant les produits dérivés. Il n’y a ni contrôle ni obligation à ce qu’ils peuvent faire ou détenir. Ses fonds spéculatifs ne participent aucunement à l’économie, mais ne font que gonfler la puissance de succion à dollars au bénéfice des détenteurs de parts. De vrai trous noirs, administré par de vrais trouducs. Ce n’est pas vous et moi qui en détenons, la plupart du temps, la mise minimale est de 150 000$.

Ce panier de crabes répugnent même de grands financiers et des capitalistes notoires tel que Warren Buffet, Stephen Jarislowski et George Soros. Ce dernier est un méchant moineau. Il est un peu le père spirituel de la spéculation. Il a fait des milliards en spéculant sur les monnaies asiatiques et britanniques. Maintenant philanthrope, Soros est devenu le pire oiseau de malheur des Américains. Il leur prédit une crise plus grave que celle de 1929. Inévitable, s’ils ne modifient pas en profondeur les lois sur les instruments financiers dérivés. Bien que le monde occidental commence à se débrouiller sans les États-Unis, nous sommes affectés économiquement par ce qui se passe là-bas. Ça n’augure rien de bon. Que 28 millions d’Américains soient maintenant obligés de réclamer des timbres alimentaires pour subsister, ça me renverse!

Une réforme qui serait facilement applicable et récemment suggérée par le gouvernement français: TAXER à la source les grands fonds spéculatifs. TOUS les gains imposables dans l’année à 100%! Pas compliqué. Vous voulez spéculer, il faut d’abord payer!


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