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A Day at the embassy: the revenge

Publié le 04 avril 2014 par Pomdepin @pom2pin

J’ai eu la joie immense de traîner L’Ado à l’ambassade, samedi dernier, pour sa journée citoyenneté et défense, ou l’inverse. Ça n’existait pas quand j’ai quitté la France, je ne savais pas du tout ce que c’était. Lui non plus, et il n’avait aucune envie d’y aller. En plus, pas de chance, l’ambassade en organise une tous les trente six du mois, il faut que ça tombe sur lui (apparemment, il était le plus jeune). La journée s’est apparentée à un heptathlon, ce fut épique.

Première épreuve: tirer du lit un ado à 5 heures du mat, un samedi matin. Il faut déjà rentrer dans sa chambre, en poussant les vêtements de la vieille roulés en boule devant la porte, éviter d’écraser la chatte, qui dort sur le blazer hors de prix jeté au pied du bureau, louvoyer péniblement jusqu’au lit en évitant les obstacles répartis sur le sol: les reliefs du goûter de minuit, l’iPhone et un cactus (L’Ado a eu une période jardinier, il y a longtemps, il ne reste qu’un cactus famélique, mais aux épines très pointues). On peut ensuite se pencher délicatement sur l’enfant endormi, et lui murmurer tendrement à l’oreille "mais tu vas te lever, espèce de feignasse, ça fait trois fois que ton réveil sonne!". Devant l’absence de réaction, une seule solution, Marichéri a sorti sa trompette. La chatte a eu peur. On va pouvoir emmener le blazer au pressing (pour ceux qui ne suivent pas, la chatte est incontinente quand elle est stressée).

Deuxième épreuve: les transports, la première partie se passe bien, le train pour Londres est désert, L’Ado s’assoit même en face de moi, écouteurs vissés sur les oreilles, faut pas rigoler non plus, il ne va quand même pas me parler en public. Du coup, je me suis bêtement relâchée…ce fut une erreur. Car la deuxième partie, dans le métro a été beaucoup plus difficile. L’Ado n’a jamais pris le métro seul, et surtout, il n’est pas particulièrement attentif à ce qu’il fait. Essayez donc de ne pas perdre un gamin qui refuse de marcher à moins de vingt mètre de vous dans les couloirs du tube londonien, au milieu de la foule! La prochaine fois, je ne veux rien savoir, je l’habille en orange fluo, avec un gyrophare sur la tête.

Troisième épreuve: rentrer dans l’ambassade, avec une petite échappée de parents prévoyants et leur progéniture pour se rendre compte que ce n’était pas là qu’on devait aller mais de l’autre côté du pâté de maison, à l’institut français. Jurons divers et bilingues de l’assemblée qui repart. On a été rejoint par le peloton devant les grilles fermées de l’institut. La convocation indiquant que les ados devaient se présenter impérativement avant 8h30, les portes sont restées fermées jusqu’à 8h40. Ça m’a permis de lier connaissance avec des compatriotes venant de Sheffield, dans le Nord de l’Angleterre, ravis d’avoir du prendre une journée de congés pour faire le trajet la veille et de se taper une nuit à l’hôtel pour la journée défense et civilité. Et encore, ils n’ont pas eu à se plaindre, les ordinateurs du consulat ayant buggué, certaines convocations ne sont pas passées, et plusieurs gamins ont été refoulés. C’est évident, ils étaient là pour le plaisir, espèces de petits resquilleurs, tiens!

Quatrième épreuve : les boutiques….bon, il fallait bien que je m’occupe un peu en attendant L’Ado, non?

Cinquième épreuve: l’attente…parce que personne n’a su nous dire à quelle heure la journée dépense défense et cirage finissait, je suis repartie à l’institut, où une bonne trentaine de parents patientaient. Nous avons tous demandé à quelle heure ouvrait le bistro (c’est le nom de la cafèteria, ce n’est pas qu’on voulait absolument s’alcooliser-quoique ça aurait aidé!). Réponse 11h…il était 11h20 et c’était fermé, bien que les serveurs soient attablés à ne rien faire à l’intérieur, dans ces cas là, il y a toujours une grande gueule personne bien intentionnée, pour protester, au nom de tous les autres, qui commençaient à perdre patience. Je me suis donc faite hurlée dessus par un des serveurs, pour lui avoir poliment fait remarquer c’était toujours fermé…et non, ce n’est pas moi qui lui ai demandé si il se croyait de l’autre côté de la manche, pour parler comme ça à des clients. La fronde montant parmi les parents, le bistrot a ouvert.

Sixième épreuve: le bistro français, la perspective de prendre un vrai café, avec un vrai croissant a remis tout le monde de bonne humeur, même les parents anglophones….si vous voulez perdre un peu, je vous conseille le capuccino du bistrot de l’alliance française de Londres, plus efficace que tous les régimes à la mode. Après trois gorgée, j’étais malade pour la journée, je n’ai rien pu avaler d’autre. Apparemment, c’est de notoriété publique, mais je ne vais jamais à Londres.

Septième épreuve : le retour, je vous passe le jeu de cache cache dans le métro avec L’Ado. Il s’est encore assis en face de moi dans le train, mais sans les écouteurs: il voulait communiquer! Ça m’a achevé…le pauvre était tellement énervé après sa demi journée défense et citronnade (il y avait un goûter à 10h), il voulait partager sa joie avec moi! J’en suis encore toute émue. Il faut savoir qu’une bonne moitié de la salle ne parlait pas un traître mot de français, et bien sur toute la matinée s’est déroulée en français. L’autre moitié a passé son temps à bailler et à jouer avec leur smart phones. L’Ado était outré, on a osé lui demander si il voulait s’enrôler dans l’armée française, alors qu’il est en pleine période pacifico-crado!

On a fini épuisé, mais d’accord tous les deux…rien que pour ça, c’est un succès! Mais vraiment juste pour ça…


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