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Nirvana : merci Kurt C.

Publié le 06 avril 2014 par Swann

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J’ai 27 ans. Le même âge que Kurt Cobain le jour où il a dit stop. C’était un 5 avril. C’était il y a vingt ans. Bien sûr, j’étais trop jeune à l’époque pour savoir qui était Kurt Cobain, je ne connaissais que cette chanson que tout le monde connaissait à l’époque, "Smell Like Teen Spirit". A sept ans, j’étais plus préoccupée par les cheveux de mes poupées que des rockeurs qui passaient à la télé. Quand Kurt Cobain est mort, cela ne m’a pas plus touchée que ça. En vrai, je ne comprenais pas pourquoi ces gens à la télé pleuraient et criaient à s’en arracher les cordes vocales. Je voyais, cependant, la détresse de ces gens-là. Je me rappelle avoir pensé, avec mon cerveau de petite fille de sept ans, que ce monsieur devait être drôlement important pour qu’autant de personnes pleurent sa mort.

C’est beaucoup plus tard que j’ai compris.

Ma culture musicale, je l’ai faite toute seule. Dans ma famille, on n’écoute pas de musique. Ce n’est pas important. C’est avec des bouquins, des cds achetés au hasard avec mon argent de poche de collégienne puis de lycéenne et surtout internet que j’ai construit mon cocon musical. Tout a commencé avec Nirvana. Oui c’est cliché de dire ça, j’en ai conscience. Je ne me rappelle pas exactement de la façon dont Nirvana est tombé dans mes oreilles. Sans doute un petit copain un brin rebelle, avec un A comme Anarchy dessiné au tipp-ex sur son sac Eastpak qui m’a fait un jour écouter. Je devais avec 15 ans. A partir du moment où Nirvana a croisé ma route, on ne s’est plus quittés. Je me suis empressée d’acheter les albums. Je ne les écoutais pas trop fort parce que mes parents détestaient. J’ai eu un coup de foudre immédiat pour In Utero et surtout Bleach, l’album que j’ai écouté en premier, j’ai beaucoup moins aimé Nevermind qui pourtant THE album qui a fait connaître Nirvana dans le monde. Je le trouvais déjà trop propre. Moi et ma sensibilité pourtant pas très affûtée. Bleach restera sans doute à jamais dans mon top 5 de mes albums préférés. Je me suis mise en tête de tout apprendre sur Kurt Cobain, j’ai dévoré sa bio, même ses bios. J’ai lu son journal. J’ai compris que ça n’allait pas très bien dans sa tête et de ce fait, je comprenais un peu mieux ses chansons, sa rage, son envie de cracher du venin et de se libérer en musique. J’ai regardé des lives, agressifs, violents, passionnés. Passionnant. Et puis, il y a eu ce live. Ce MTV Unplugged. Je crois que c’était la première fois que je pleurais devant un live. J’ai alors eu en tête l’image de ces gens qui pleuraient à la mort du musicien.

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Là, j’ai compris.

Dans ce live, il y avait de la tristesse dans le regard de Kurt. Ce garçon-là ne respirait pas la joie de vivre. Je crois qu’après avoir vu cet Unplugged, j’en même suis tombée littéralement amoureuse. C’est sans doute de là que vient mon attirance pour les oiseaux blessés. Il y avait aussi, dans son regard une attitude blasée de garçon qui avait envie de tout envoyer valser.

C’est un 5 avril que Kurt a dit stop. C’est la musique qui l’a tué. Il était au sommet de sa gloire, on criait son nom partout… Il était une star mondiale. Mais, il n’avait plus de passion. Il n’y avait plus de plaisir, il n’y avait plus d’envie. La Musique, le business, l’industrie, le dégoûtait (comme je peux comprendre aujourd’hui). Tout ça a fini par détruire la passion. Et lui, il a fini par se détruire.

C’est drôle (enfin, pas tant que ça), mais même si je n’ai jamais vu Nirvana en live. Même si je n’ai jamais vu Kurt Cobain, je me sens bizarre chaque 5 avril. Comme orpheline. Même mort, il fait entièrement partie de ma vie.  J’ai ressenti les premiers vrais frissons musicaux en écoutant les chansons de Nirvana. C’est ce groupe qui m’a fait tomber amoureuse. C’est ce groupe qui m’a fait découvrir et aimer la musique. Et c’est parce que j’aimais et que je voulais parler de musique au plus grand nombre que j’ai voulu devenir journaliste. Pour me dire qu’un jour, je pourrais aussi rencontrer des Kurt Cobain. Oui, Nirvana c’est la base de ma pyramide, c’est mon socle. Et pour ça, je lui dois une reconnaissance éternelle.

Merci à lui. Merci à eux.


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