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[Chronique] Katerine – Magnum

Publié le 11 avril 2014 par Wtfru @romain_wtfru

front
(Universal)

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Dans la société, il y a deux façons d’appréhender la musique de Philippe Katerine, ni plus, ni moins: c’est génial ou nul. Pour le second cas, disons que le génie ne peut pas être accessible à tous mais concentrons nous plus sérieusement sur le premier.
Pour ceux qui aiment Katerine, pareil, il y a deux écoles. Les puristes végétaliens  -c’est à dire les chiants – qui vont te dire « ouais mais Philippe (les connards pensent toujours avoir le droit d’appeler les artistes par leur prénom) il a changé, il se donne une posture pour les médias, c’était mieux à l’époque de Mes Mauvaises Fréquentations » et de l’autre côté ceux qui sautent à pieds joints dans les nouveaux délires du bonhomme depuis son virage sur Robots Après Tout. Et si on aime beaucoup la carrière 90′s de Monsieur Blanchard, on fait plutôt parti de la deuxième catégorie.

Après la parenthèse aussi folle que parfaite de l’éponyme Katerine, le beau fils de Gégé Depardieu repart sur le chemin de la musique électronique entrevue sur le sus-nommé Robots Après Tout en conviant un joli nom de l’électro française à la production: SebastiAn. Une collaboration aussi surprenante que logique entre deux artistes en marge des codes classiques. Alors bien sûr, pour le coup, on n’est pas sur le SebastiAn électro-punk de Ross Ross Ross mais plus plus sur celui d’Embody, ambiance house disco à la cool.
Et c’est d’ailleurs le premier terme qui vient à l’esprit en écoutant ce Magnum: cool, comme le premier single Sexy Cool (ça ne s’invente pas).

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Katerine – Sexy Cool

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L’album aurait très bien pu porter ce nom avec cette ambiance détente, ambiance fête, ambiance sexy, et ses 40 minutes de plaisir et de profusion. Tout commence dans un esprit dansant sur la première partie du disque, de Sexy Cool jusqu’à Les Dictateurs, où s’enchainent les « tubes » orientés dancefloor avec en point d’orgue Patouseul, véritable réussite musicale malgré tout le second degré qui s’en dégage. C’est logiquement sur cette portion là que Katerine s’en donne à coeur joie pour donner du biscuit à ceux qui attendent les délires d’écriture du sieur. Qu’il parle de « [ses] grosses couilles » sur Efféminé, qu’il se sente « comme une clope dans un paquet de clopes, comme une frite dans un cornet de frites » sur Patouseul ou qu’il parte loin sur Les Dictateurs (« Les dictateurs étaient tous de très beaux bébés, Kadhafi, Mussolini ou Pinochet, vous pouvez vérifier sur Wikipédia, de beaux bébés de six moooooois. Les dictateurs avaient tous des mamans trop mamans, Staline, Hitler ou Ben Ali, vous pouvez vérifier dans leur biographie, elles étaient bien trop gentiiiiilles! »), on est preneur, une fois de plus.

La seconde partie – avec une coupure bien marquée entre Les Dictateurs et Amiami -, elle, va carrément chercher dans le rom-porn (par rom, on ne parle pas de la population mais du terme « romantic », par contre un genre rom-porn qui parle bien des amis de Manuel Valls, c’est une idée) qui n’est pas sans rappeler le Sexuality de Sebastien Tellier, mis en musique lui aussi par une figure de l’électro en la personne de Guy-Man des Daft PunK. Il se dégage la même chaleur synthétique, la même envie de se mettre tout nu et en bonne compagnie si possible. Amiami donc, qui n’y va d’ailleurs pas par quatre chemins pour expliquer deux, trois choses de la vie, Le Trouvere de Verdi et son ambiance entre bossa-nova et Caraïbes, Sensibles qui feraient une très bonne bande sonore des films érotiques estampillés dimanche soir sur M6 et surtout ADN, véritable hymne à l’amour pour tous (le terme pour tous est très important et très finement placé dans la chanson) qui pourrait à lui tout seul créer un Baby Boom 2.0.

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Katerine – Patouseul

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Katerine – ADN

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Ce n’est pas impossible que certains voient en Magnum un opus facile où Katerine délègue tout ce qui en fait son charme (à savoir l’ambiance musicale) sans trop forcer sur l’écriture en optant pour des lyrics à l’état brut. Pas forcément faux. Mais on veut croire qu’il est bien trop intelligent pour que ces défauts ne soient pas calculés. Même le fait que certains titres soient mixés comme des dessous de bras a l’air d’être une idée consentie.
Pour terminer un mot sur le taf de SebastiAn qui confirme qu’il est un excellent compositeur et il ne serait pas étonnant qu’il poursuive sur cette voie-là plutôt que sur l’arrivée d’un second album (même si Total était très honorable). En délaissant le côté hardcore sans concession pour s’en tenir à l’esprit « disco-sex trompettes partout » qu’il sait mettre en place, on est même prêt à parier qu’il pourrait devenir bankable en arrière boutique d’autres artistes.

Bref, Magnum est un album à la cool qui peut s’écouter aussi bien par-dessus la jambe que de manière plus recherchée. Et c’est sans doute sa plus grande force.  Sexy Cool.

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Katerine – Les Dictateurs

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Note:

4 wtfru

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Tracklist:
1. Delta
2. Sexy Cool
3. Stripteaseuses
4. Efféminé
5. Patouseul
6. Les Dictateurs
7. Amiami
8. Le Trouvere de Verdi
9. ADN
10. Sensibles
11. Imbéciles Heureux
12. Faire Tourner

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