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[Critique] UNE PROMESSE

Par Onrembobine @OnRembobinefr
[Critique] UNE PROMESSE

Titre original : A Promise

Note:

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Origines : France, Belgique
Réalisateur : Patrice Leconte
Distribution : Rebecca Hall, Alan Rickman, Richard Madden, Toby Murray, Maggie Steed, Shannon Tarbet, Jean-Louis Sbille, Sarah Messens…
Genre : Drame/Romance/Adaptation
Date de sortie : 16 avril 2014

Le Pitch :
Dans l’Allemagne de 1912, Friederich Zeitz, un jeune diplômé d’origine modeste, trouve un emploi dans un usine de sidérurgie. Grâce à ses qualités de travail il devient le secrétaire particulier du patron de l’usine, dont la santé s’aggrave de jour en jour. Avec le temps, le jeune homme finit par tomber amoureux de l’épouse de son patron, qui l’aime également en secret…

La Critique :
À la vue de sa bande annonce, Une Promesse laisser présager une histoire d’amour aussi passionnée qu’impossible. L’auteur Stefan Zweig qui a écrit un certain nombre de nouvelles liées à la passion amoureuse, est ici adapté par Patrice Leconte. Plus exactement, c’est l’adaptation de la nouvelle Le Voyage dans le passé, parue dans sa version complète en 1976, dont il s’agit ici. Patrice Leconte revient donc sur grand écran après son film d’animation Le Magasin des suicides, sorti en 2012.

Stefan Zweig est réputé comme étant un écrivain très diversifié, et ses nouvelles racontent souvent des histoires d’amour passionnées, intenses et difficiles. Ce que l’on peut dire de cette adaptation cinématographique, c’est que cette intensité ne se ressent pas vraiment. L’histoire de Une Promesse se situe au début du XXe siècle, et malgré une atmosphère aux accents d’amour romantique typique du XIXe siècle, similaires aux histoires de Jane Austen ou encore de Charlotte Brontë, la passion ne se ressent quasiment jamais. Elle n’apparaît qu’en de très brefs moments isolés. Le film est pourvu d’une grande retenue et manifeste une sobriété trop importante dans la démonstration des sentiments. Certains y verront une grande qualité et adhéreront, et d’autres n’accrocheront tout simplement pas. La retenue des sentiments est évidemment l’une des thématiques principales du film et de son histoire, mais il n’en est pas moins que le rendu ennuie plus qu’il ne transporte. Ce genre de relations amoureuses interdites et donc irréalisables, a déjà mieux été traité dans le cinéma, par le passé. La passion non exprimée physiquement manque ici d’entrain et d’authenticité pour qu’on y croit réellement, même si les acteurs sont franchement bons, en dépit de quelques fausses notes venant de l’actrice Rebecca Hall, qui s’avère largement meilleure dans la seconde partie. Il manque tout de même ce petit quelque chose à son interprétation, qui fait que ça ne prend pas. Cette retenue très présente tout le long du film, gâche clairement la relation entre les deux principaux personnages. Pire, ces derniers ne dégagent aucune sympathie pour qu’on ait envie de compatir à leurs tourments. De plus, il ne se dégage pas vraiment de sensualité dans cette histoire qui pourtant devrait en être dotée.

Richard Madden connu pour son rôle dans Game of Thrones, qui joue pour la première fois sur grand écran, incarne ici Friederich Zeitz. Parfait de bout en bout dans les bottes d’un Julien Sorel modernisé, il donne un peu de corps à un film plutôt pâlot. L’ascension sociale du personnage ainsi que son acharnement pour s’extraire d’une condition de défavorisé, font de lui un héros comparable à celui du roman de Stendhal : Le Rouge et le Noir. À la différence qu’au départ, Friederich Zeitz repousse les moments en tête à tête avec Charlotte « Lotte » Hoffmeister en luttant contre ses envies, alors que Julien Sorel se lance comme défi de séduire Mme de Rênal dès le départ, telle une mission. Par la suite, Friederich Zeitz insistera pour obtenir la grâce de sa bien aimée allant jusqu’à lui saisir la main, et on peut là aussi y voir une référence au célèbre roman de Stendhal.

Une Promesse demeure un film honnête qui possède certaines qualités, et qui sans être passionnant n’ennuie pas outrageusement non plus. Alan Rickman génial comme à son habitude, apporte la dose d’humanité nécessaire pour élever le film au dessus de sa platitude. Grâce à un jeu authentique, il apporte une certaine émotion, absente la majeure partie du temps. La réalisation qui se veut portée par un souffle romantique, est avant tout réaliste et la photographie est réussie. Esthétiquement parlant, le long-métrage est assez beau. La musique y occupe également une place importante.

Une Promesse reste correct et honnête sur certains points, mais ne transcende jamais. La narration est beaucoup trop linéaire et manque d’originalité, malgré une certaine modernité apportée par l’esthétisme et l’époque de l’histoire. Une histoire qui se déroule donc au début du XXe siècle, un siècle constitué de découvertes et d’inventions, mais un siècle où débuta également la Première Guerre Mondiale. La seconde moitié du long-métrage baigne dans l’atmosphère de cette guerre. Et même si cette dernière n’est qu’évoquée et jamais montrée, le film dépeint clairement ses retombées économiques et humaines. Pour des raisons pratiques, Une Promesse est également tourné en anglais et non en allemand (langue de la nouvelle et de l’auteur), ce qui ne nuit pas à l’histoire par ailleurs. Nous avons donc à faire ici à un film de romance définitivement sobre, qui en ravira certains et en agacera d’autres, mais qui est tout de même assez décevant.

@ Audrey Cartier

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Crédits photos : Mars Distribution

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