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L’occident et sa crasse hypocrisie democratique

Par Citoyenhmida

Hassi MessaoudL’Algérie vient de clore un processus électoral présidentiel tout à fait inédit et hors de toutes les normes démocratiques généralement reconnues par les spécialistes!

Mais comme dirait, l’autre “cela ne nous regarde pas!”. Cela regarde le peuple algérien, qui est majeur et vacciné. Mon propos n’est pas de juger du choix de nos voisins : après tout, choisir entre la peste et le choléra n’est pas facile, pas plus que choisir entre le statuquo et le chaos!

Le problème n’est pas là!

Je veux attirer l’attention sur les réactions des “grandes puissances occidentales” face à la farce électorale algérienne.

Ni les médias occidentaux, notamment français, ni les autorités publiques, n’ont émis la moindre critique sur la méthode utilisée par le pouvoir algérien pour faire maintenir au pouvoir un homme malade, impotent, aphone, incapable de se tenir debout!

Pas un soupçon de réprobation, sauf peut-être du bout des lèvres de quelques journalistes et d’une émission de télévision française spécialisée dans la dérision, sur le fait qu’un président soit ré-ré-ré-élu à un score qui, sous d’autres cieux aurait été qualifié de tous les noms d’oiseaux!

Pas un début de doute et pas un froncement de sourcil face à cette élection étrangement kafkaïenne, où l’heureux élu ne s’est jamais présenté devant ses électeurs et ne leur a jamais parlé directement!

Encore une fois, ce n’est pas la méthode utilisée par “les pouvoirs algériens” (je mets le pluriel car le pouvoir en algérien est multiple et diffus, mais bien installé) que je critique, mais l’inertie et la crasse hypocrisie de l’Occident.

Robert Mugabe est traité de dictateur, il est mis au ban de la communauté internationale!

Teodoro Obiang Nguema bénéficie du même qualificatif.

Housni Moubarek et Zine El Abidine ben Ali n’ont pas échappé aux foudres occidentales, une fois qu’ils avaient été ébranlés par leurs peuples respectifs. Sans parler de Bachar Al Assad, traité d’ignoble boucher.

Même Vladimir Poutine est qualifié de “tsar”, avec toutes les connotations péjoratives que ce mot peut contenir dans l’imaginaire occidental.

La liste est longue et certains noms y ont leur place de la manière la plus méritée, comme Kim Jong-Un.

Mais personne en Occident n’ose associer le nom de Abdelaziz Bouteflika à une quelconque approche “dictatoriale” du pouvoir.

Même les américains ont cru devoir faire un genre d’allégeance à ce candidat fantôme en lui mandatant un John Kerry qui a joué le jeu en écoutant (?) les doléances fantaisistes d’un Bouteflika qui faisait pitié à voir.

Les espagnols n’ont pas été en reste en lui envoyant leur ministre des affaires étrangères José Manuel Garcia-Margallo qui a eu droit à des confidences présidentielles  relevant de la politique intérieure : cela aurait suffi à ce diplomate pour se rendre compte que Bouteflika n’avait pas toute sa tête, car un président n’aborde pas ce genre de sujet avec le représentant d’un  autre état.

Qu’importe!

L’Algérie est un très grand producteur de PETROLE et de GAZ : elle compte sur le marché, elle fournit l’Europe!

Elle a des réserves sûres et surtout énormes, en GAZ!

Tout cela compte et que le régime politique  algérien soit “dictororial” ou pas, qu’il soit vicié ou pas, qu’il soit militaire ou civil, n’a aucune espèce d’importance! Il faut qu’il soit stable!

Ce qui compte pour les occidentaux c’est que leur approvisionnement en PETROLE et en GAZ soit assuré, de manière continue et AU DIABLE LA DEMOCRATIE!

Les occidentaux s’offusquent du résultat des élections dans les pays du sud quand ces résultats ne leur conviennent pas  et peuvent nuire à leurs intérêts : rappelons-nous les élections en Palestine qui avaient porté Hamas au pouvoir! Elles avaient été libres, transparentes et honnêtes : elles ont provoqué quand même  l’ire des occidentaux!

L’Occident et sa crasse hypocrisie démocratique se sont encore une fois manifesté avec le résultat de l’élection présidentielle algérienne!

P.S. : cette soumission de l’Occident à l’Algérie s’était manifesté lors de l’attaque de In Amenas. David Cameron, après avoir critiqué vivement la méthode utilisée par les autrorités algériennes dans la gestion de cette affaire, est venu précipitamment à Alger faire acte de constriction. A noter que c’était la première visite d’un premier ministre britanique en Algérie!


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